‹ La dame aux camélias (volume 2)Chapitre 20 sur 68 · ELLE ME TENDIT SA MAIN QUE JE BAISAI · texte numérisé non relu

ELLE ME TENDIT SA MAIN QUE JE BAISAI

— Vous avez tort de me la reprocher; c’est la seule.

Hl était décidé que ce pauvre garçon ne dirait pas un mot. Il jeta sur la jeune femme un regard vraiment suppliant.

— Dites donc, Prudence, continuat-elle, avez-vous fait ce que je vous avais priée de faire?

— Oui.

— C’est bien, vous me conterez cela plus tard. Nous avons à causer, vous ne vous en irez pas sans que je vous parle.

— Nous sommes sans doute indiscrets, dis-je alors, et maintenant que nous avons où piutôt que j'ai obtenu une seconde présentalion pour faire oublier la première, nous ‘allons nous retirer, Gaston et moi.

— Pas le moins du monde; ce n’est pas pour vous que je dis cela. Je veux au contraire que vous restiez.

Le comte tira une montre fort élégante, à laquelle il regarda l'heure :

— Il est temps que j'aille au club, dit-il. É

Marguerite ne répondit rien.

Le comte quitta alors la cheminée, et venant à elle.

— Adieu, madame.

Marguerite se leva.

— Adieu, mon cher comte, vous vous en allez déjà?

— Oui, je crains de vous ennuyer,

— Vous ne m'ennuyez pas plus aujourd'hui que les autres jours. Quand vous verra-t-on?

— Quand vous le permettrez.

— Adieu, alors!

C'était cruel, vous l’avouerez.

Le comte avait heureusement une fort bonne éducation et un excellent caractère.

Il se contenta de baiser la main que Marguerite lui-tendait assez nonchalamment, et de sortir après nous avoir salués.

Au moment où il franchissait la porte, il regarda Prudence.

Celle-ci leva les épaules d’un air qui signifiait :

-— Que voulez-vous, j'ai fait tout ce que j'ai pu.

— Nanine! cria Marguerite, éclaire mon sieur le comte.

Nous entendimes ouvrir porte.

— Enfin! s'écria Marguerite en reparaissant, le voilà parti; ce garçon-là me porte horriblement sur les nerfs.

— Ma chère enfant, dit Prudence, vous

et fermer la

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