‹ La dame aux camélias (volume 2)Chapitre 54 sur 68 · OLYMPE, UNE TRÈS JOLIE FILLE · texte numérisé non relu

OLYMPE, UNE TRÈS JOLIE FILLE

— Je vous dérange? demandai-je à Prudence.

— Pas du tout, Marguerite était là.

Quand elle vous à entendu annoncer, elle s'est sauvée : c’est elle qui vient de sortir.

— Je lui fais donc peur maintenant?

— Non, mais elle craint qu'il ne vous soit désagréable de la revoir.

— Pourquoi donc? dis-je en faisant un effort pour respirer librement, car l’émotion m'étouffait; la pauvre fille m'a quitté pour ravoir sa voiture, ses meubles et ses diamants, elle a bien fait, et je ne dois pas lui en vouloir Je l'ai rencontrée aujourd'hui, continuai-je néglisemment.

— Où? fit Pru-

dence, qui me regardait et semblait se demander si cethommeétait bien celui qu'elle avait connu si amoureux.

. — Aux Champs- Elysées, elle était avec une autre femme fort jolie.

Quelle est cette femme ?

— Comment est-elle ?

— Une blonde, mince, portant des anglaises: des yeux bleus, très élégante.

— Ah! c’est Olympe, une très jolie fille, en effet.

— Avec qui vit-elle ?

— Avec personne, avec tout le monde.

— Et elle demeure?

— Rue Tronchet, n° ….

voulez lui faire la cour?

— On ne sait pas ce qui peut arriver.

— Et Marguerite ?

— Vous dire que je ne pense plus du tout à elle, ce serait mentir; mais je suis de ces hommes avec qui la façon de rompre fait beaucoup. Or, Marguerite m'a donné mon congé d’une façon si légère, que je me suis trouvé bien sot d'en avoir été amoureux comme je l’ai été, car. J'ai été vraiment fort amoureux de cette fille.

Vous devinez avec quel ton j'essayais de dire ces choses-là : l'eau me coulait sur le front.

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