ELLE RELEVA SON VOILE
tromper, Marguerite, moi qui vous aimais tant!
— Ne parlons pas de cela, Armand, je ne suis pas venue pour en parler. J'ai voulu vous voir autrement qu'en ennemi, voilà tout, et j'ai voulu vous serrer encore une fois la main. Vous avez une maîtresse jeune, jolie, que vous aimez, dit-on soyez heureux avec elle et oubliez-moi.
— Elvous, vous êles heureuse, sans doute?
— Ai-je le visage d’une femme heureuse, Armand? ne raillez pas ma douleur, ‘VOUS qui savez mieux que pelsonne quelles en sont la cause et l'étendue.
— Il ne dépendait que de vous de n'être jamais malheureuse; si toutefois vous l’êtes commevous le dites.
— Non, mon ami, les circonstances ont élé plus fortes que ma volonté. J'ai obéi, non pas à mes instincts de fille, comme vous paraissez le dire, mais à une nécessité sérieuse el à des raisons que vous saurez un jour, et qui vous feront mè pardonner.
— Pourquoi ne me dites-vous pas ces raisons aujourd'hui?
— Parce qu'elles ne rétabliraient pas un rapprochement impossible entre nous, et qu’elles vous éloigneraient peut-être de gens dont vous ne devez pas vous éloigner.
— Quelles sont ces gens?
— Je ne puis vous le dire.
— Alors, vous mentez.
Marguerite se leva et se dirigea vers la porte.
Je ne pouvais assister à cette muette et expressive douleur sans en être ému, quand je comparais en moi-même cette