‹ La dame aux caméliasChapitre 8 sur 10 · D^AIE · texte numérisé non relu

D^AIE

mille francs ; mais il en est arrivé à ses fins. Il mH bien que Marguerite n'est pas amoureuse à» lui, ce qid ne Tempêche pas i'ètre très-gentil pour elle. Vous avet vu, il lu* a racheté ses chevaux, il .lui a retiré ses bijoux et lui donne autant d'argent que le duc lui en donnait ; si elle veut vivre tranquillement, cet hommelà restera longtemps avec elle.

— Et que fait-elle ? habite-t-elle tout à fait Paris?

— Elle n'a jamais voulu retourner à fiougival depuis que vous en êtes parti. C'est moi qui suis allée y chercher toutes ses affaires, et môme les vôtres, dont j'ai fait un paquet que vous ferez prendre ici. Il y a tout, excepté un petit portefeuille avec votre chiflrc. Marguerite a voulu le prendre et l'a chez elle. Si vous y tpnez, je le Im redemanderai.

— Qu'elle le garde, balbutiai-je, car je sentais Ic^ larmes monter de mon cœur à mes yeux au souvenir de ce village où j'avais été si heureux, et à l'idée que Marguerite tenait à garder une chose qui venait de moi et me rappelait à elle.

Si elle était entrée en ce moment, mes résolutions de vengeance auraient disparu et je serais tombé à ses pieds.

— Du reste, reprit Prupence, je ne l'ai j<*imab vue comme elle est maintenant : elle ne dort presque plus^ elle court les bals, elle soupe, elle se grise même. Dernièrement, après un souper, elle est restée huit jours HXL lit ; et quand le médecin lui « permis de se laver»

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die a recommenoé, au risque d'en nM)ui:ir. bez-vous kl voir?

— A quoi bon ? Je suis venu vous voir^ vous^ parce que vous avez été toujours charmante pour moi^ et que je vous connaissais avant de connaître Marguerite. C'est à vous que je dois d'avoir été son amant^ comme c'est à vous que je dois de ne plus l'être^ n'est-ce pas î

— Ah ! dame^ j'ai fait tout ce que j'ai pu poiv qu'elle vous quittât^ et je crois que plus tard vous ne m'en voudrez pas«

— - Je vous en ai une double reconnaissance^ ajou* tai-je en me levant^ car j'avais du dégoût pour cette femme^ à la voir prendre au sérieux tout ce que je lui disais.

— Vous vous en allez î

— Oui.

J'en savais assez.

— Quand vous reverra-i-on î

— Bientôt. Adieu.

•— Adieu.

Prudence me conduisit jusqu'à la porte^ et je rentrai chez moi des larmes de rage dans les yeux et un besoin de vengeance dans le cœur.

Ainsi Marguerite était décidément une fille comme les autres ; ainsi^ cet amour profond qu'elle avait pour moi n'avait pas lutté contre le désir de reprendre sa vie passée et cAutre la besoin d'avohr une voiture et de faire ùes orgie":*

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