SCÈNE IX
les mêmes, MARGUERITE.
Que me voulez- vous, ma chère Prudence?...
PRUDENCE
Armand est chez moi.
MARGUERITE
Qu'est-ce que cela me fait?
PRUDENCE
Il veut vous voir.
MARGUERITE
A quoi bon? je ne veux pas le recevoir; et d'ailleurs, je ne le puis, le comte m'attend en bas.
PRUDENCE
Je me garderai bien de faire une pareille commission. Il irait provoquer le comte. Vous ne vous doutez pas de l'état dans lequel il est.
MARGUERITE
Ah çà ! mais que veut-il ?
PRUDENCE
Est-ce que je sais? est-ce qu'il le sait lui-même?... Mais nous savons bien ce que c'est qu'un homme amoureux.
Madame veut-elle sa pelisse ?
MARGUERITE
Non, pas encore.
Eh bien! que décidez-vous?...
MARGUERITE
Ce garçon-là me rendra malheureuse, si je le revois.
PRUDENCE
Alors, ne le revoyez plus, ma chère.— Il vaut même mieux que les choses en restent où elles sont.
MARGUERITE
C'est votre avis ?
PRUDENCE
Certainement !
MARGUERITE
Qu'est-ce qu'il vous a dit encore?
PRUDENCE
Allons, vous voulez le revoir.-— Je vais le chercher. — Et le comte?...
MARGUERITE
Le comte, il attendra.
PRUDENCE
Il vaudrait peut-être mieux le congédier tout à fait»
MARGUERITE
Vous avez raison... Nanine, descends dire à M. deGiray que décidément je suis malade, et que je n'irai pas souper ; — qu'il m'excuse.
Oui, madame.
prudence, à la fenêtre.
Armand, allons, venez ! Oh ! il ne se le fera pas dire deux fois.
MARGUERITE
Vous resterez ici pendant qu'il y sera.
PRUDENCE
Non pas. — Comme il viendrait un moment où vous me diriez de m'en aller, j'aime autant m'en aller tout de suite.
nanine, rentrant.
M. le comte est parti, madame.
marguerite.
Il n'a rien dit?
Non, mais il n'avait pas l'air content.