ACTE III, SCENE IV
une fleur comme celle-ci, qu'Armand m'a donnée ce matin, suffit maintenant à parfumer ma journée. D'ailleurs, vous savez bien ce que c'est que d'aimer, comment les heures s'abrègent toutes seules, et comme elles nous portent à la fin des semaines et des mois, sans secousse et sans fatigue. Oh! oui, je suis bien heureuse; mais je veux l'être davantage encore... car vous ne savez pas tout...
NICHETTE
Quoi donc?
MARGUERITE
Vous me disiez tout à l'heure que je ne vivais pas comme vous ; vous ne me le direz pas longtemps.
NICHETTE
Gomment?
MARGUERITE
Sans qu'Armand se doute de rien, je vais vendre tout ce qui compose, à Paris, mon appartement, où je ne veux même plus retourner. Je payerai toutes mes dettes; je louerai un petit logement près du vôtre; je le ferai meubler bien simplement, et nous vivrons ainsi, oubliant et oubliés. L'été, nous reviendrons à la campagne , mais dans une maison plus simple que celle-ci. 11 y a des gens qui demandent ce que c'est que le bonheur ; vous me l'avez appris, et maintenant je pourrai l'apprendre à d'autres.
Madame, il y a là un monsieur qui demande à vous parler... marguerite, à Nichette.
L'homme d'affaires que j'attends. Allez faire un tour au jardin, je vous rejoins. Je partirai avec vous pour Paris ; nous terminerons tout ensemble. {A Nanine.) Fais entrer. (Elle fait un dernier signe à Nichette et à "Gustave qui sortent ; elle se dirige vers la porte par laquelle entre le personnage annoncé.)
scèp^: iv.