ACTE III, SCÈNE V
amour, et qu'avant huit jours votre fils sera retourné auprès de vous, peut-être malheureux pour quelque temps, mais guéri pour jamais; je vous jure aussi qu'il ignorera toujours ce qui vient de se passer entre nous.
DUVAL
Vous êtes une noble fille, Marguerite, mais je crains bien..,
MARGUERITE
Oh ! ne craignez rien, monsieur, il me haïra. (Elle sonne, Nanine parait) Prie Mme Duvernoy de venir.
NAMNE.
Oui, madame.
MARGUERITE, à DuVdl.
Une dernière grâce, monsieur !
DUVAL
Oh! parlez, madame, parlez!
Dans quelques heures, Armand va avoir une des plus grandes douleurs qu'il ait eues et que peut-être il aura de sa vie. Il aura donc besoin d'un cœur qui l'aime ; trouvez-vous là, monsieur, soyez près de lui. Et maintenant séparons-nous... il pourrait rentrer d'un instant à l'autre, et tout serait perdu, s'il vous voyait.
DUVAL
Mais qu'allez-vous faire?
MARGUERITE
Si je vous le disais, monsieur, ce serait votre devoir de me le défendre.
DUVAL
Alors, Marguerite, que puis-je en échange de ce que vous allez faire pour moi ?
MARGUERITE
Vous pourrez, quand je serai morte et qu'Armand maudira ma mémoire, vous pourrez lui dire que je l'aimais bien et que j je l'ai bien prouvé. J'entends du bruit; adieu, monsieur; nous ne nous reverrons jamais sans doute, soyez heureux ! (Il sort.)