‹ La dame aux camélias; pièce en cinq actes, mêlée de chant. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Vaudeville, le 2 février 1852Chapitre 71 sur 71 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

les mêmes, NANINE,puw NICHETTE, GUSTAVE et GASTON.

(Nichette entre avec effroi, et devient plus hardie à mesure qu'elle voit Marguerite lui sourire , et Armand à ses pieds.)

NICHETTE

Ma bonne Marguerite, tu m'avais écrit que tu étais mourante, et je te retrouve souriante et levée.

ARMAND, bas.

Oh! Gustave, je suis bien malheureux!

MARGUERITE

Je suis mourante, mais je suis heureuse aussi, et mon bonheur cache ma mort... Vous voilà donc mariés... Quelle chose étrange que cette première vie, et que doit donc être la seconde!... Vous allez encore être plus heureux qu'auparavant. — Parlez de moi quelquefois, n'est-ce pas? Armand, donnemoi ta main... Je t'assure que ce n'est pas difficile de mourir, quand on est heureux ! (Gaston entre.)

MARGUERITE

Voilà Gaston qui vient me chercher... je suis aise de vous voir encore, mon bon Gaston. Le bonheur est ingrat : je vous avais oublié... (A Armand.) 11 a été bien bon pour moi... Ah! c'est étrange. (Elle se lève.)

ARMAND

Quoi donc?...

MARGUERITE

Je ne souffre plus. On dirait que la vie rentre en moi... j'éprouve un bien-être que je n'ai jamais éprouvé... Mais je vais vivre ! ... Ah ! que je me sens bien ! (Elle s'assied et paraît s'assoupir.)

GASTON

Elle dort!

armand, avec inquiétude, puis avec terreur.

Marguerite! Marguerite! Marguerite! (Un grand cri. — Il est forcé de faire un effort pour arracher sa main de celle de Marguerite.) Ah ! (// recule épouvanté.) Morte ! (Courant à Gustave.) Mon Dieu ! mon Dieu ! que vais-je devenir!...

GUSTAVE

Elle t'aimait bien, Armand, la pauvre fille! nichette, qui est agenouillée.

Dors en paix, Marguerite ! il te sera beaucoup pardonné, parce que tu as beaucoup aimé!

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