SCÈNE VIL
les mêmes, NANINE,puw NICHETTE, GUSTAVE et GASTON.
(Nichette entre avec effroi, et devient plus hardie à mesure qu'elle voit Marguerite lui sourire , et Armand à ses pieds.)
NICHETTE
Ma bonne Marguerite, tu m'avais écrit que tu étais mourante, et je te retrouve souriante et levée.
ARMAND, bas.
Oh! Gustave, je suis bien malheureux!
MARGUERITE
Je suis mourante, mais je suis heureuse aussi, et mon bonheur cache ma mort... Vous voilà donc mariés... Quelle chose étrange que cette première vie, et que doit donc être la seconde!... Vous allez encore être plus heureux qu'auparavant. — Parlez de moi quelquefois, n'est-ce pas? Armand, donnemoi ta main... Je t'assure que ce n'est pas difficile de mourir, quand on est heureux ! (Gaston entre.)
MARGUERITE
Voilà Gaston qui vient me chercher... je suis aise de vous voir encore, mon bon Gaston. Le bonheur est ingrat : je vous avais oublié... (A Armand.) 11 a été bien bon pour moi... Ah! c'est étrange. (Elle se lève.)
ARMAND
Quoi donc?...
MARGUERITE
Je ne souffre plus. On dirait que la vie rentre en moi... j'éprouve un bien-être que je n'ai jamais éprouvé... Mais je vais vivre ! ... Ah ! que je me sens bien ! (Elle s'assied et paraît s'assoupir.)
GASTON
Elle dort!
armand, avec inquiétude, puis avec terreur.
Marguerite! Marguerite! Marguerite! (Un grand cri. — Il est forcé de faire un effort pour arracher sa main de celle de Marguerite.) Ah ! (// recule épouvanté.) Morte ! (Courant à Gustave.) Mon Dieu ! mon Dieu ! que vais-je devenir!...
GUSTAVE
Elle t'aimait bien, Armand, la pauvre fille! nichette, qui est agenouillée.
Dors en paix, Marguerite ! il te sera beaucoup pardonné, parce que tu as beaucoup aimé!