AN O È LE
Ah! cette poussière!... vous le faites donc exprès?
CORADIN
Madame, c’est la surprise! (ll continue de parler tout en balayant dans les jambes de Beaucre^son, qui cherche en vain h l’éviter, et finit par ailler s’asseoir, en toussant, au deuxième plan de gauche,) Vous me donneriez mon paquet, je dirais : « C’est injuste ! mais c’est assez nature! ; » tandis que mademoiselle Sylvie... Qu’est-ce qu’elle a donc fait ? (I1 cesse de balayer *.)
ANGÈLE
De quoi vous mêlez-vous? Ai- je des comptes à vous rendre?
BEACCRESSON, se levant.
Ma femme prétend que le visage de Sylvie ne me déplaît pas! comprends-tu ça ? c’est désobligeant! ça frise môme l’injure!
CORADIN, ayant mis son balai dans un coin.
Oh! l’injure!... Il n’y a pas d’affront! Mademoiselle Sylvie .est assez croustillante pour qu’on ait envie de la croquer!
BEAUCRESSON.
Ah çà... est-ce que tu croirais aussi, que moi... un penseur, un homme d’intelligence...
CORADIN
Damel monsieur... ça se voit chez les plus grands génies!
ANGÈLE
Les hommes se respectent si peu !
Angèle, Beancresson, Coradin.
CORADIN
J-’ai servi chez un astronome, dont la bonne était fraîche et rondelette... cet homme, qui avait toujours le nez en l'air, n’aurait peut-être jamais fait attention à ellel... mais sa femme était nerveuse, criarde... une humeur de dogue!... Elle embêtait son mari!... et ma foi... voilà comment je pensais que monsieur aurait pu... à l’exemple de l’astronome...
ANGÈLE
Ah 1 c’est trop d’impudence I
BEAUCRESSON, à Coradin.
Imbécile! (ll le fait passer derrière lui.)
ANGÈLE
Insolent! drôle !... (Elle veut douocr un soufflet à Coradin, elc’est Beaucresson qui le reçoit.)