SCÈNE VII
LUNIÈRES. puis MADAME DE BLANGY.
LUNIÈRES, seul.
Cet homme m’inspire une commisération profonde., dire que depuis deux ans il est ici... (Montrant le canapé.) près de cette adorable coquette... car il n’y a pas à dire... elle est adorable... (Scindant.) A.d o.r.a.ble... dire que cet homme est là... remplissant avec lidélité les fonctions de chien caniche (imitant madame de Blungy.) Va chercher... apporte ici... donnez vite à petite maîtresse... (sérieux.) Petite maîtresse... c’est madame de Blangy... Le malheureux ?... Et jl S’imagine qu’après trois ou quatre ans de cet intelligent noviciat il sera enfin admis
à... (Très-fort et s’adressant à la porte par où est sorti Primois.) Mais On ne
LA DA MK D’EN FACE
t’épousera jamais, imbécile..., jamais, entends-tu bien?..
Mais on ne se fait pas ai mer d’une femmeen lui faisant ses commissions?.. Mais on ne... (Prêtant l’oreille.) On vient?... Madame de Blangy ?.. attention?
Ici Lunières se place devant la fenêtre et se met à faire de grands gestes d’admiration. Madame de Blangy parait à droite et s’arrête étonnée en voyant Lunières qui lui tourne le dos et qui envoie des baisers par la fenêtre.
' MADAME DE LUNIÈRES. •
Monsieur de Lunières?.. Mais que fait-il?.. .(cherchant* voir.)
Il gesticule?. Il envoie des baisers... (Toussant.) Hum, bum. Il ne s’aperçoit pas de ma présence, tellement il est préoccupé.... (indignée.) Oh îmonsieur.
LUNIÈRES, se retournant et feignant le plus vif étonnement.
Oh!..i Pardon, madame, mille pardons mais... je ne vous voyais pas... je ne...
MADAME DE R LANG Y , sévèrement
Je m’étonne, monsieur, qu’après ce qu’a dû vous dire monsieur Primois, vous persistiez à rester ici...
Oui, madame... j’ai tort... c’est vrai... j’aurais dû m’en aller... mais si VOUS saviez... (S’asseyant sur le fauteuil avec éclat.
Ah! madame, je suis bien malheureux.
MADAME DE BLANGY, à part.
Il s’installe à présent.
LUNIÈRES, se levant .
De grâce, madame, écoutez-moi... (D’un air tragiqne.) Vous allez tout savoir. • ,
MADAME DE BLANGY, vivement.
* C’est inutile, monsieur, je ne veux rien savoir.
LUNIÈRES, insistant.
Si madame, si, vous m’entendrez... vous m 'entendrez, car vous êtes bonne... oh! ne niez pas... je sais que vous êtes bonne... Primois me l’a dit...
MADAME DE BLANGY, vexée.
Monsieur?
" LUNIÈRES, un pas en arrière.
L’homme que vous voyez devant vous, madame... ce n’est plus un homme... c’est un malheureux, c’est un fou... oui, un fou... les médecins craignent un transporfRu cerveau. (Madame de Blangy se recule vivement avec anxiété.) L’homme que VOUS VOyeZ
devant vous est amoureux?..
MADAME DE BLANGY, i part.
Il revient. (Haut, d’uuton de reproche plus doux.) Mais, monsieur..
LUNIÈRES, avec fen.
Oui, madame... je suis amoureux... éperdument amou- #