SCÈNE SEPTIÈM E
reux... de... de votre voisine... de la dame qui demeure là... en face. .. Il désigne la fenêtre de gauche.
« MADAME DE- BLANGY, saisie, & part.
Hein.
LUNIÈRES, allant et venant .
Ce n’est pas de l’amour, madame... c’est de la passion... c’est de la fièvre... c’est de... c’est de...
MADAME DE BLANGY. arec colère.
Ah ! ça, monsieur, est-ce pour vous moquer de moi, que vous venez me raconter vos intrigues avec cette femme... (Avec mépris.) avec cetle femme qui...
LUNIÈRES, vivement »
Oui... oh! je sais ce que vous allez me dire, madame, vous allez me dire que cette Toto Brisebottine est une de ces filles qui ne reculent devant rien... une de ces créatures qui se moquent du qu’en dira-t-on, qui se font teindre les cheveux en rouge... qui adorent les petits chiens et qui mènent lés hommes par le bout du nez...
MADAME DE BLANGY
Je ne...
LUNIÈRES, l’interrompant.
C’est inutile, madame. .. ne parlez pas... je sais tout ce que vous pourriez me dire, .j'en sais même davantage... Mais est-ce que l'amour raisonne, madame?.. Est-ce qu’il sait ce qu’il fait? ce qu’il veut ?.. Où il va ?.. d’où il vient?.. Ah ! c’est cruel... c’est bien cruel... on a beau se dire : Cette femme que j’idolâtre .. cette femme dans les yeu$ de laquelle j’ai placé ma vie, ma joie, mon bonheur !... C’est une pas grand’chose... c’est même une rien du tout... On a beau se dire cela, madame... Eh bien, on l’aime tout de même... que dis-je?... on l’aime davantage... Oui ... car l’horrible vautour, la jalousie VOUS ronge le cœur... (Entr’onvrant son gilet et montrant son cœur. ) Et il y est, madame... et il griffe !... il griffe !...
MADAME DE BLANGY, froidement. ,*
Monsieur, si c’est un pari que vous avez fait, je vous déclare que je le trouve de fort mauvais goût ( Montrant la porte du fonj.) et je vous prie de sortir.
LUN tÈ R ES, mettant la main sur son cœur.
Quoi, madame?. . . VOUS me chassez.. . (S’asseyant dans un fauteuil, vous me chassez au moment même où j’aurais besoin de quelqu’un... pour me consoler... pour me raisonner... pour me soutenir... (avoc prière.) Ah! madame, vous qui êtes si bonne... Oh! Primois me l’a-dit : pourquoi ne voulez-vous pas être mon amie ?... ma sœur ? .. ma mère ?...
‘MADAME DE BLANGY, 4 p»rt.
Insolent!...
L A DAME D’EN FACE
LÜNIÈRES, levé.
Enfin, madame... puisque vous l’exigez... je vais sortir... mais accordez-moi au moins une faveur... une toute petite faveur.
MADAME DE BL AN GY, étonnée.
Une faveur ?...
LÜNIÈRES .
Je viens de vous le dire, madame... à tort ou à raison, je crois à l’existence d’un rival... et cette pensée me torture... me tue... il faut absolument ‘que je sache. . que je voie...
MADAME DE BLANGY
Que vous voyiez quoi ?...