SCÈNE XII
MADAME DEBLANQY, LUNIÈRES.
LDNlf.RF.S, descendant vers le milieu du théâtre. — Clignant de l’oeil, toussant.
Madame !..
MADAME DE BLANGY, offrayée .
Qu’est-Ce?.. (se retournant très- étonnée à la vue de Lunières.) Encore
vous, monsieur?..
LUNIÈRES.
Encore moi, madame, toujours, moi...
MADAME DE BLANGY
Décidément, monsieur, votre conduite est indigne d’un galant homme... et...
Elle veut passer à droite vers la cheminée afin de sonner.
LUNIERES, se plaçant devant Ta cheminée, et lui barrant le passade.
Madame, ne me mettez pas dans l'obligation d’agir comme dans les drames de l’Ambigu et de casser le cordon de la sonnette. . . dussiez-vous me faire chasser comme unmalfaiteur... je ne partirai pas.. .
MADAME DE BLANGY, allant à droite.
Ah ! c’est très-fort.
L U N 1 È R E § , avec gravité.
Il faut d’abord que vous sachiez toute la vérité.
S’asseyant à gauche.
MADAME DE BLANGY, s’asseyant & droite avec résignation.
Je vois décidément, monsieur, que je n’ai qu’un seul parti à prendre... c’est de ne faire aucune attention à tout ce que vous direz... Parlez^donc... je ne vous écoute pas...
Elle s’évente et affecte de ne pas écouter Lunières.
LUNIÈRES, tranquille.
Ce sera, du reste, madame, la meilleure manière de ne pas perdre une seule de mes paroles. (Mouvomeut de la comtesse.) Y ous ne me pardonnez pas d’aller chez la dame d’en face.
MADAME DE BLANGY, malgré elle vivement.
Moi?., par exemple... qu’est-ce que cela me fait?..
LUNIÈRES avec sang froid .
Très-bien... VOUS nVPCOUteZ..* (La comtesse lni tourne le dos avec intention, avec affectation.) Lorsqu'un homme s’affiche avec une personne ridicule et s’affiche à tel point qu’une femme de bonne compagnie... comme vous, madame... croit devoir lui refuser sa porte, il ne vient à personne l’idée de rechercher le motif de la conduite de cet homme... (Feignant de l'amertume. ) Eh bien je vais vous le dire, moi, madame... c’est que cet homme est, un dé sespéré (Appuyant.) un- cfé-ses-pe-re. ,