‹ La dame en boisChapitre 14 sur 14 · T^^ ^^I^VC^B · texte numérisé non relu

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« Je vois papa et tante Brooss. s

aussi de ramener le cher malade en voie de guérison complète.

Certes M. Mellinier ne devait jamais recouvrer ses yeux de vingt ans, mais il devait, sous peu, être en mesure de reprendre ses travaux de médecine et ses visites aux malades. Cette assurance lui rendait toute sa sérénité et sa bonne humeur, car non seulement il aimait à mener une vie occupée, mais il tenait à procurer de nouveau le bien-être à sa petite famille.

Le retour aux Tilleuls fut plein d'ivresse; cette fm de février était douce, presque printanière, et. depuis le

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fleuve jusqu'au firmament, de la maison ouverte au bon soleil jusqu'au parterre émaillé des premières fleurs, tout riait et semblait souhaiter la bienvenue aux voyageurs.

Les domestiques se réjouirent aussi du changement merveilleux opéré en la santé du maître auquel ils étaient fidèlement attachés; Garamba hennit doucement dans son écurie en reconnaissant la voix du docteur, et Microbe se roula par terre et jappa formidablement pour exprimer son allégresse.

Les arrivants furent de nouveau embrassés, fêtés, questionnés, complimentés, et après un succulent déjeuner préparé par la prévoyante Cadette, on les laissa se reposer des fatigues du voyage.

Ensuite vint le plaisir, que nos lecteurs connaissent bien, j'en suis sûr, d'assister au déballage des bagages; on avait tant de choses nouvelles ou inconnues à admirer, et l'on savait bien que raistress Brooss et André! na ne revenaient pas les mains vides.

En effet, si elles ne ramenaient pas de négrillon, comme le demandait maître Toto, elles rapportaient une foule de présents qui ravirent les enfants et miss Lisley.

<r Quel dommage seulement que ce pauvre Toto manque à la réunion î soupira Pépé en admirant un joli petit fusil anglais que tante Brooss destinait au collégien en récompense de ses bonnes places.

— Toto, il aura son tour de gâteries, va! dit Andréina d'un air assuré.

— Oui, car tante Brooss est si bonne qu'elle ne l'a pas oublié, répliqua Lily; mais il ne verra point papu guéri, et l'apprendre par lettre, ça ne sera plus la même chose que le voir et l'embrasser comme nous. >

Andréina sourit finement.

< Ne crains rien, et ne le plains pas trop : il sera bientôt aussi heureux que nous tous.

— Oui, s'il vient aux prochaines vacances, mais Pâques est encore loin, fit obsen^er Pépé.

— Je m'entends, je m'entends! i> répéta Andréina toujours de son petit air mystérieux.

L'énigme livra son mot un peu plus tard. Lorsque M. et Mme Mellinier, ainsi que mistress Brooss, eurent passé une semaine aux Tilleuls pour se bien reposer de leur long voyage, ils annoncèrent qu'ils allaient se remettre en route pour Paris.

« Ah ! s'écria Pépé en battant des mains , vous allez voir ce bon ToloI va-t-il être content, mon Dieu va-t-il être content!

— Et je connais trois petits enfants, quatre même, qui ne seront pas moins contents, dit tante Brooss en souriant.

— Qui ça? fit le petit garçon étonné.

— Demande plutôt à Andréina. >

Pépé se tourna vers la fillette dont les yeux brillaient comme deux étoiles.

€ Qu'y a-t-il encore, Drinette? Est-ce que par hasard?

— Oui, justement, mon cher Pépél dit Andréina devinant la question qui n'osait sortir des lèvres anxieuses de son frère adoptif.

— Non , ce n'est pas possible I On nous emmènerait?

— Tous, oui, tous! Lily, toi, Baby, moi, miss Lisley.

— Et nous verrons Toto dans son collège?

— Oui , et Paris avec ; ça sera on ne peut plus amusant. »

Sur, ces entrefaites, Lily, Pépé, Baby et Andréina se mirent ^ danser une ronde folle autour de Microbe, qui ne comprenait rien à l'allégresse générale et qui jappait à outrance.

« Chère amie, vous gâtez trop nos enfants, dit iM"»^ |\jeliinier qui arrivait, attirée par ce joyeux tapage.

— C'est vrai, confessa la bonne dame, mais ce m'est une si douce chose! Par exemple, nous ne nous éterniserons pas à Paris; le temps de montrer à ce cher Toto son papa redevenu à peu près tel qu'autrefois, le temps aussi de faire connaître un peu la capitale de )a France à ces mignons, et nous les ramènerons aux Tilleuls où ils travailleront ferme jusqu'aux vacances...

— De Pâques, souffla Tespiègle Pépé.

— Je crois bien que nous passerons les vacances de Pâques à Paris, dit en riant mistress Brooss; mais du mois de mai au mois d'août il faudra être laborieux ei rattraper le temps perdu; autrement je ne gâte plus personne. D

On devine la joie de Toto non seulement en voyant toute sa famille, mais surtout bû retrouvant son père à peu près guéri.

Il savait que M. Mellinier avait obtenu une aniélio-

ration dans sa santé, mais pour lui en réserver la surprise on ne lui avait rien appris de plus; aussi le cher enfant pleura-t-il de bonheur en découvrant la vérité entière.

Après Pâques en effet, et tandis que Toto continuait à bûcher au collège, la petite bande se mit au travail avec la même ardeur qu'y mettent mes jeunes lecteurs, j*en suis sûr, lorsqu'ils veulent faire plaisir à leurs parents et oLtenir beaucoup de prix.

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