‹ La damnation de FaustChapitre 7 sur 78 · A MUSIQUE · texte numérisé non relu

A MUSIQUE

La Damnalion de ransf cf les Noces de Figaro

f^^OMME notre Grand Théâtre

[ fait bien, par les temps

L^ J actuels, de s'en tenir à ces

grandes reprises de chefs-

I l'œuvre consacrés, plutôt que de .'acharner à donner de l'inédit, . monter des créations qui rap- )ortent d'autant moins que les

ifonnes pièces nouvelles ne couent pas les rues. Lre tout et le

laieux serait de traiter les ouvra- ;^e3 anciens, précisément comme les créations, c'est-à-dire de leur

jiccorder jusqu'à des décors neufs it toutes les dépenses indispensa- )les

; Dans ce sens, La Damnation

\le Fatist a fixé l'attention de M.

(loger Lalainde, qui n'a pas hélité, avec la collaboration de

I 'avisé scénographe qu'est M. 'errier, à essayer d'une présentation originale, discutable sans îloute, mais qui n'en atteste pas ^oins un effort méritoire.

Nous ne parlons pas seulement l'un adroit assemblage de fonds ît de portants, créant l'ambiance les divers tableaux, mais de cette dée de dresser à l'avant-scène ua, ;adre formant la triple voûte ogivale qui, à chaque acte, s'adapte 1 la situation. Le seul inconvélient pour le public est que les 'ieux piliers, plantés au milieu du jroscénium gênent la vue pour certains spectateurs placés de :ôté, mais l'effet s'avère curieux.

Le second effet recherché l'a ité à l'aide d'écharpes phospho- •escentes qu'agitent les danseuses du ballet des Feux Follets, ;iont les corps gainés de noir se i'ondent dans l'ombre du plateau.

Li'idéal serait évidemment que les umières de l'orchestre pussent •s'éteindre à ce moment, afin l'éviter qu'on distinguât les sil- 'louettes des ballerines.

Cette vision de flammes qui s'élèvent, s'abaissent, s'entre-croisent, fuient de toutes parts, à Deaucoup plu. Nous n'en dirons Das autant des autres pas, notamnent pour le tableau des Roses, >ù la minceur numérique de notre •:orps de ballet s'est trop fait aentir, ime fois de plus. Pourjuoi, après tout, n'aurait-on pas lemandé à des premiers sujets l'intervenir et de corser ces chorégraphies de leur talent et de eur grâce ?

Mais assez parlé de mise en 'scène, car, quoi qu'en penâàt' 'Elaoul Gimsbourg. qui transporta llu concert au théâtre l'œuvre gé- Qjàlé de Berlioz — ah ! ces bal- ,.ets aériens, ces danseuses évoluant suspendues à des câbles, ce ,Qaartial défilé du premier acte, !:ette grouillante animation de la !;averne, ces décors lumineux de Visconti, comme cette réalisation

par Louis DARRÈS

monte-carlienne, était, malgré tout, Inpubliable ! — la musique demeure la chose essentielle. Musique admirable et où il n'y a rien à couper, contrairement à l'opinion d'un confrère qui parle de monotonie. Mais non, il suffirait qu'on interprétât Berlioz, comme il doit l'être, avec ses oppositions formidables de couleurs, de rythmes, de sensualité, de fougue diabolique, de virginale poésie.

A cet égard, la réalisation du Grïmd-Théâtre ne nous aura qu'à demi satisfait. L'orchestre, malgré l'impulsion de M. Cluytens, n'a atteint que très rarement aux effets grandioses rêvés par le compositeur. Les chœurs puissants, renforcés d'éléments hétérogènes que le cher et regretté t'ellot n'eut sans doute pas le temps d'achever de fondre, manquaient de nuances. Les ensembles choraux des premiers tableaux' tour à tour ftigrestes, religieux, guerriers, sont demeurés sur le même plan monochrome.

L'interprétation principale comprenait, Mme Ninon Vallin, dont nous nous rappelions, à écouter cette impératrice du chant, la suave Marguerite que l'on acclamait voici de longues années déjà.

M. Billot, toujours si adroit dans Méphisto, et M. Barnier qui dispose d'un organe éclatant, mais }OÙ l'aigu bien timbré n'atteint pas encore à l'ampleur du méjdium. M. Soix ne pouvait que se distinguer que dans Brander. Lesj voix féminines du final nous ont paru fort angéliques.

Avec Les Noces de Figaro nous retrouvions deux des protagonistes de la Damnation qui se sont

offerts le luxe, dimanche dernier, de chanter d'affilée, entre la matinée et la soirée, ces deux partitions, de style et de tessiture si différentes ! Il y faut, pour réussir de tels tours de force, l'admirable expérience d'un Billot et d'une Ninon Vallin. Billot, dans Figaro, a particulièrement marqué le caractère spirituel et léger de Mozart. Quelle diction et quel respect de l'accent et de la nuance! Combien on aurait X^oulu que tous ses partenaires en fissent autant...

En France, on a trop tendance à alourdir Mozart, a empâter la mélodie, à chanter trop fort, nofl

seulement les récltattts qui nou vont rester subtils, mais les aira et les ensembles. Mme Marie Branèze n'en a pas moins réalisé une Suzanne alerte et son soprano pur, solide, souple s'accommoderait autant de la comtesse que de la soubrette, si nous en jugeons par l'art qu'elle a déployé dans l'air fameux du dernier acte. Un exquis Chérubin, Mlle Christiane Chantai, espiègle, jolie, bien disante ; un Almaviva d'un sûr métier, M. Gilbert Moryn ; des petits rôles pleins de dévouement, mais qui devraient bien s'appliquer à mieux articuler leur texte, Mme de Méro, MM. Amblard, Dumoulin, West, Mlle Loubet, complétaient la distribution.

Orchestre scintillant sous la baguette de M. Fichefet qui a pu donner, enfin, dans cette grande ' reprise, la mesure d'un talent plein de goût, que, pour notre part, nous connaissions et apprécions depuis ses passages marqués à Nice et à Marseille.

La mise en scène était soignée, mais n'avait-on point parlé l'an dernier, de doter de décors neufs Les Noces ? Voilà qui serait fort bien venu !

LA DAMNATION DE lAl.ST

I Enfin la rrprise dune çrand' œuvre à I Opéra avec La Damnation de Fau ., de Berlioz, œuv:peu scf'n.qe. mais que la a.:i„.f des oii'tU'ur.'i en scène a fort bim adapt<y. Œuvre romaniiq'je dans toute la plénitude du mot. avec ses effe s extérieurs, ses phrase.^ profondes eC une orchestration magTiifique.

Berlioz atteint Ici à ui\r deastté Ide intiment qu'on rie retrouve' pas- 1 toujours ailleurs. Mnis lintcrpjétat'.on na pas toujours été à .a hai:feur. °t surtout p:^r un manque flaçrant de répétitions M. Stroiiy possédait merveilleusement sa partition, mais 1rs choeurs n'étaient pas du tout au point, ce qui créait parfois de fâcheux canons entre 1p? choristes et l'orchestre.

M. Faniard — Faust — fut souvent très bon. ainsi que Mnia Sabatier ; M. Débouter, exc-iient artiste, fut un irt-s bon Mcphisto,'!

'maigri son registre un p.'u grave.' *■ J. L. •

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