‹ La danse des tables: phénoménes physologiques démontrésChapitre 1 sur 12 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les journaux allemands révélèrent, il y a un mois, des phénomènes étranges, bizarres, incroyables même. Comme chez à peu près tout le monde, mon premier sentiment fut un sentiment d'incrédulité; mais bientôt des hommes dont je connaissais Thonorabilité, des médecins, des savants qui m'étaient connus soit personnellement, soit par leurs œuvres, publièrent les résultats de

leurs expériences et attestèrent la réalité de

ces phénomènes, quelque mystérieux, quel* que inexplicables même qu'ils fussent.

Dès lors l'incrédulité n'était plus permise; le doute, tout au plus, se pouvait encore produire, mais à la condition d'ex * périmenter et d'observer à son tour.

C'est ce que je fis.

Depuis un mois à peu près, tout entier à mon œuvre d'investigation, j'ai sondé cet océnn immense et nouveau qui tout à coup s est montre à la science moderne. Aujourd'hui, le doute même n'est plus possible; quelle qu'en soit la cause, il faut admettre des faits positifs, matériels, qui se produisent constamment avec une sorte de précision mathématique, et dire à ceux qui essayeraient de les nier : Aveugles qui ne les voient pasil

Après avoir mis hors de doute, par des expérimentations aussi nombreuses que va-

riées, l'existence du phénomène nouveau, j'ai cherché à déterminer les circonstances au milieu desquelles il se produisait et les conditions de toutes sortes qui favorisaient sa manifestation. — ^ Je crois être parvenu sous ce rapport à des résultats encore inconnus.— Quoique soldat de la presse scientifique, et toujours sur la brèche, je ne me suis pas hâté de les publier, parce que je voulais me présenter au public avec une conviction profonde et Tautorité que donnent des observations multiples et diverses.

Est-il possible, en Fétat actuel des choses, de déterminer, voire même de nommer la cause de ces effets merveilleux? Je ne le •pense pas. Comme on le verra plus loin, ces effets ne peuvent être rapportés ni à l'électricité, ni au galvanisme, ni au calorique, ni au magnétisme terrestre. — J'ai bien souvent entendu prononcer les mots de

magnétwne animal; mais qu'est-ce que le magnétisme animal, et quelles relations peut-il exister entre la lucidité mensongère ou tout au moins douteuse des somnambules avec le phénomène si positif et si incontestable, appelé la dame des tables?

La dame des tables II Le public, toujours avide du merveilleux dans les choses aussi bien que dans les mots, a consacré ces expressions que Tusage seul nous a fait conserver. — Elles donnent une idée incomplète et fausse du phénomène : incomplète, parce que les objets de toute nature parta*gent le privilège des tables; fausse, parce que le mouvement imprimé aux corps inanimés ne se produit pas par sauts et par saccades comme dans la danse. — Ce serait plutôt une valsC; si le mouvement était constamment rolatoire ; mais on verra dans mes expériences qu'il peut devenir rectiligne d'à-

près un ordre de la volonté. Cependant j'estime qu'il faut cgaiwrycr cette dénomination <}fiî rappelle tout à la fois le point de départ de la découverte et le merveilleux du phénomène, sans parler de la consécration universelle qu'elle a reçue.

Je ne terminerai pas sans émetlre le vœu que les corps savants citent à leur barre des faits qui peuvent devenir le point initial des plus belles conquêtes de Tesprit humain; et qu'ils ne les abandonnent pas entre les mains indignes de la spéculation et du charlatanisme. — Ce vœu, déjà formé par tous les hommes sérieux de la presse scientifique, sera-t-il entendu? — Je le désire.

Paris, le 10 mai 1853.

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