CONCLUSION
La découverte dont Thistoire fait le sujet de ce livre peut être rapprochée de la photographie et de Téthérisation : elle nous initie, comme ces dernières» k la connaissance d'un principe inattendu, d'une force nouvelle dont un avenir prochain, je Tespère, nous dévoilera la puissance et les applications.
Mais aujourd'hui, alors que les expériences, tentées isolément, ont eu pour but plutôt la constatation du phénomène que son étude scientifique, est-il raisonnable, je ne dis pas possible, d'en rechercher la cause et de classer la loi qui le régit soit parmi les lois du monde inoi^a-
nicjue, soit parmi les lois des êtres organisés? J'ai montré, dans un chapitre de cet ouvrage, 4|ue, parmi les agents du monde physique, ceux qui se rapprochent le | lus du principe de la danse des tables par leurs eiïets merveilleux, tels que Télectricité, le calorique et le magnétisme terrestre, ne pouvaient être a Imis comme la cause prochaine ou éloignée des mouvements qu'exécutent les corps dans de certaines circonstances!
Parmi les actions vitales, il en est quelquesunes, celles du système nerveux, par exemple, mal connues, imparfaitement étudiées jusqu'à présent, obscurcies par des théories sans nombre et surchai^oes de tous les Tails étranges dont la médecine ne peut se rendre compte, qui semblent ne pas être étrangères au phénomène de la danse des tables: mes observations relatives aux sexes, aux tempéraments, aux aflections nerveuses, ne laissent aucun doute sur ce point.
Mais n'y a-t-il dans le phénomène qu'une action purement nerveuse? La volonté, ce messager de Tintelligence, ne joue-t-elle pas un rôle encore plus important que le systèn^e nerveux.
et ne le prime-i-elle pas de toute la distance i|ui sépare la raison qui dirige du bras qui exécute?
La danse des tables serait-elle donc un phénomène moral /une manifestation pure et simple' (le la volonté? Non, certes non, du moins dans les conditions connues des phénomènes de la vie morale. — Qui jamais a indiqué les moyens de transmettre sa pensée a des corps iooi^anisés? — Quand Thomme parvenait à se faire comprendre et obéir par un animal dont la domesticité n'avait pas dompté les instincts sauvages, il était Tobjet de Tétonnement, dé Tadmiration même, comme Latude, comme Carter, comme M. Charles; mais a la fin» en v réfléchissant mieux, on ne tardait pas à être sur la trace du procédé : L'aiiimal, se disait-pn, a des besoins dont la non-satisfactiou brise ses instincts et ses forces; il est des nécessités, telles que resclavagé; la faim, etc., devant lesquelles s'amollissent les natures les plus sauvages; et puis, ajoutait-on, ces hommes que nous admirods aujourd'hui ne sont que les copistes plUd oh moins ddroits de nos pères, qui surent arracher, pour les soumettre h leurs
usages, le ckeval à ses sieppes, le chat k ses foréis* le cbie« à ses maquis, elc., etc.
Mais en es(«il de même pour les corps ioor* ganiques? Quels sont leurs organes mystérieuse qui perçoivent les ordres de ma volonté? Par quelle roule occulte ma pensée arrive-t-elle au cœur ou au cerveau de cette tatrie. et s'en fail obéir comme des muscles de mon corps? « Mar-
( ehe I » dit mon esprit , et lu table marche ! ! !
I «Tourne»» s'écriema volonté.etia tabietoume!!! / prodige! les végétaux, mieux partagés que \ rhoiMme» vont-ils avoir une intelligence impé* ; rissable?et les filets nerveux que M. Gaudichand, je crois, a constatés sur les plaotes, ne seraientils que Tenvéloppe matérielle de leurime immortelle?
Mais alors, les minéraux, eux aussi, ont des
^ organes, des filets nerveux, une intelligenee, une âmeU! «Tourne!» dit ma volonté k un saladier, et le saladier tourne 1 ! ! « Oscille ! » dit ma pensée k la montre , et la montre oscille! ! ! Y aurait-il, comme Tont prétendu quelques philosophes, et comme je Tai soutenu dans ma thèse de doctoral, imé âme universelle, distribuant ses rayons divins Si tous les corps de la nature
seloD leur organisation? Ârislote! ô Linnée ! ôBuffon! que deviennent, sous les flols toujours montants de la science et du progrès, vos divi* sioos des corps de la nature ! ! ! Mmeralia eres^ mut, disait Linnée; vegetalia cresmni et vimni; animalia crescunt, vimnt et sentiunt.
naturalistes, venez devant cette pierre qui tourne au gré de ma volonté, abjurez votre aphorisme, et reconnaissez que les minéraux font autre chose que de croître , et que les végétaux ne se contentent pas également et de croître et de vivre .
Mais que font-ils alors?
àme universelle, esprit qui pénètres tous les mondes, donne k mon intelligence troublée un de tes rayons favoris 1 1 !
Que font-ils, les végétaux et les minéraux qui narchent et qui tournent ?
Je l'ignore ; mais ce que je sais et ce que j'affirme, c'est qu'ils ne font ni une action électrique, ni une action calorique , ni une action magnétique, ni une action physiologique, ni une action psychique. Ils obéissent à une cause dont nous ne connaissons pas la nature et dont la science n'a pas encore même déterminé les lois.
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Cest pour ces motifs que je me suis coiislammcnt lenu dans la stricte et simple observation des phénomènes, laissaol les plus avenlu> reux se perdre dans la ltH^hercbe de Tinconnu.
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