‹ La danse des tables: phénoménes physologiques démontrésChapitre 9 sur 12 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

leaKNTs.

Ce livre, écrit au courant de la plume et dans l'espace de quelques heures, s'il présente des imperfections quant au p^an/a la conlexlure et à la forme; s*il porte trop fortement empreint le cachet des préoccupations diverses où des faits aussi nouveaux et aussi merveilleux ont pu me plonger; ce livre, dis-je, n'est pas l'expression d'un enthousiasme outre et dont l'exaltation voile k mes yeux la vérité.

Sans doute, Je n'oserai afiirmer que j'ai été toujours et partout k l'abri des illusions, nées sous l'empire d'un désir ou des joies d'un succès; mais ces erreurs, contre lesquelles j'ai constamment cherché ^ me prémunir, sont de

ceUes qoe l'esprit le pltt$ ouinmé et le» sens les mieux préparés ne sauraient pi-évoir et éviter : Errare kumanum est, dit Gieëron; et les erreurs des plus beaux génies, en consacrant la maxime de l'orateur romain, montrent le côté essentiel* lement vulnérable de la nature humaine.

Si je me suis trompé , si , dans quelques cir* constances, j'ai été le jouet de mes sens ou de mon esprit, je me suis trompé de bonne foi, jamais dans la pensée, arrêtée d'avance, d*en im* poser au pubÛc et d'étendre la science sur une espèce de lit de Procuste, pour la plier k mes liesoins et même k mes caprices.

En acceptant la mission d'écrire ce livre, je ne me suis imposé le r61e ni de l'avocat ofti^cieux du nouveaiv fluide , ni de son détracteur impitoyable; je me suis constamment borné à dire ce que j ai vu, et k noter les résultats de mes expériences personnelles ; la réserve que je m'étais prescrite sur tout ce qui n était pas fait matériel et brutal a été si scrupuleusement observée, que nulle part, an milieu de ces pages écrites en courant, je n'ai osé qualifier la force dimt j'étudiais les effets. Toujoursenfermé dans le cercle de Texpérimentation, je n'ai rien vu

an delà et je n'ai rien voulu voir Je laisse aux esprits aventureux et amis des théories hasardées le soin de bâtir des svstèmes el de fonder des théories. Content de mon rôle d'observateur, jeerois Tavoir rempli, sinon sans reproches, dii moins èi toujours avec conscience*

C'est pour ne pas me départir de celte règle de conduite que j'inscris ici les accusations graves portées contre le nouveau fluide. M. le docteur Eissen dît, on finissant la lettre dont j'ai déjà donné deux passages :

« Final^nent, j'ajoute que l'expérience n'est pas entièrement sans danger. Des guéridons se sont dévissés et sont tombés sur les pieds des expérimentateurs ; une jeune personne , dans !^ an pensionnat, a été violemment renversée par ^^ la table, qui a rompu sa chaîne ; une table à ' ehamière s'est tout a coup fermée et a écrasé ' tes doigts de la moitié des expérimentateurs ; ' lies dames se sont trouvées mal ; d'autres onteu des attaques de nerfs ; et on mande ofttciellement de la Bavière qu'un commis voyageur Israélite^ qui avait provoqué et dirigé une semblable expérience dans la viUe de Roth, est mort sttbitemeor pendant l'expérience. »

Quant aux accidents déterminés par la table, ils tiennent a des circonstances qu*il est facile d*éviier; ils ne sont pas Talalenient les résultats du fluide, et rexpériencc mieux conduite n*aura pas de semblables inconvénients.

Mais ce qui est plus grave, c'est la mort du commis voyageur — Cependant n'allons pas, sur une simple rumeur populaire, porter un jugement scientifique. — D'abord, le fait est*il bien avéré? Mon confrère de Strasbourg en assume-t il la responsabilité? — Non certes, il le rapporte comme une nouvelle, il le répète comme on le lui a dit, il n'affirme ni ne nie; rien de plus, rien de moins. — En admettant même la réalité de cette mort, a-t-on constaté par une autopsie scrupuleuse la cause de ce décès subit? S*est-on assuré qu'il n'était pas le résultat d'ime coïncidence quelconque, d*un état maladif antérieur, d'un anévrisme, par exemple? — Évidemment les esprits sévères et réfléchis ne peuvent encore inscrire dans !a science la mort du commis voyageur de Roth parmi les accidents du nouveau fluide et les dangers de la danse des tables.

De son côté, V lUtistration ajoute a rarticle

de M. Depping, auquel j'ai cmprunlé quelques fragments, les lignes suivantes sous. foime de pôst-scriptum : a Suivant les dernières, nouvelles, tl Taiit que toutes les personnes formant la cbaine aient préalablement été magnétisées, ou an moins que le conducteur de la chaîne jouisse de grandes propriétés magnétiques qu'il puisse communiquer aux cintres. Les ex|)ériences se imultiplient ; maintenant on Tait tourner non-seulement des tables, mais des chaises, des armoires, des buiïetSt elc, etc. Cependant ] de graves accidents ont déjà eu lieu : nous ne i parlons pas des maux de télé, des aUaques de . nerfs, etc., suites inévitables de ces expérien- i ces. Mais il peut en résulter des convulsions épi- / leptiques, et Ton cite un jeune homme do seize ' ans dont la vie est en danger, pour a\oir plusieufs fois de suite renouvelé de pareils essais.» Je laisse de côlé Tinterventiou du magnétisme, qui est parfaitement reconnu aujourd'hui ne jouer aucun rôle dans le phénomène de In danse des tables, et je m*arréte.aux atlaques de nerfs, aux convulsions /épilepliqnes el aux dangers de mort qui menacent la vie du jeune expérimeniaieur de vseize ans.

Diett me garde de contester la vérité de ces faits : ils m'ont été affirmés par on homme qui n'avait aoeon intérêt à les produire et dont la loyautét depuis longtemps connue, est au*dessuâ de tout soupçon.

Mais pour mon compte j'atteste, de la manièfe la plus formelle, que jamais, pendant nés expériences ou 2i leur^uite, je n*ai constaté des attaques de nerfs, des convulsions épileptiques, en un mot la moindre maladie nerveuse. Souvent, par suite du mouvement rotatoire, les eipérimenlateurs ont éprouvé des vertiges, des tournoiements de tête comme en ressent un valseur à ses débuts ; presque toujours aussi une certaine fatigue, une sorte de gêne que Ton ne peut comparer à rien, se font sentir aux articulations du coude et dans les avant-bras, du côté surtout où la sensation de chaleur et de fourmillement a été la plus prononcée. Qtielque* fois, mais cet accident est plus rare et ne se |>roduil qu*k la suite d*essais répétés souvent et h intervalles rapprochés, j'ai observé des maux de tête que je ne puis mieux comparer qu'k la migraine. Contre cet accident, qu*on me permette de le dire en passant, le meilleur remède.

el<|iti m'a le plus- souvent réussi, est ringestioii de deux ou trois perles d'éther du docteur Glertan.

En dehors de ces phénomènes fugitifs et sans importance, j'aflirme de nouveau que jamais il ne m'a été donné de constater des accidents morbides réels; et pourtant mes expériences ont été nombreuses, elles ont eu pour acteurs des personnes des deux sexes,' des enfants, des femmes, que l'atmosphère parfumée des salons transforme en véritables sensitives.

Que les expériences se multiplient, que les observations soient dirigées par des hommes compétents et sincères: tout un monde nouveau est peut-être renfermé dans la danse des tables, et le fluide inconnu» Messie jusqu'à |)i*ésent incompris par la physiologie, apportera peut-être des vérités nouvelles li la science et surtout à Part de guérir.

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