‹ La danseChapitre 1 sur 78 · MAST PN · texte numérisé non relu

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ni lin «lieux. En Grèce, berceau des arts et

iiwnt les portes, se présentèrent aux hommes en un

liore. l'an apprend aux bergers de l'Hclladc les danses cluni-

Dans les bois sacrés de l'Olympe et du Pélion, les Grkcs

itaiiles et leurs rondes s'éclairent des rayons de

l.i litiK. Hésiode disait avoir aperçu, au lever de l'aurore, les

MuNc-s clHcurant en cadence, de leurs pieds d'albâtre, les

pentes fleuries du l'arnassi

Tout un monde de puciic tt de rcvc auquel la danse iM mêlée, peuple la Grèce d'autrefois. Dans le silence des bois, devant les autels sacrés, les jeunes filles, couronnées de chêne, enguirlandées de fleurs, passent en dans.mt, célébrant le dieu Fan, .'\pollon, Diane, l'innocence des premiers .îges et les diistes hyménées.

Dans les temples, on danse en l'honneur des divinités propices; et, ;\ la fin des moissons, autour du dernier chariot de blé, sous l'azur du ciel tendu comme un immense vélum de soie, les jeunes filles dansent tandis que les moissonneurs, ayitnnt leurs (Itucilles, chantent en chœur des hymnes àCércs, j «^ la blonde et bonne déesse qui donne le pain.

^^ I Dans l'antiquité païenne et l'antiquité biblique, la danse

^^^ % I se confond avec le culte et la religion. Les prêtres d'Osiris exé-

cutent les danses, qui, par leurs figures et leurs mouvements mesurés et graves, symbolisent le cours mystérieux des astres dans les e.spaces infinis. Les Hébreux dansent en chantant pour célébrer l'Eternel, pour lui témoigner leur amour et leur gratitude. Le roi David lui-même se mêle ù ses lévites pour danser devant l'arche.

A cote des danses sacrées, les danses profanes en qui se reflètent les mœurs du temps, nous révèlent les secrets intimes de l'histoire.

Les Romains, imitateurs des Grecs dans tous leurs arts, leur empruntent leurs danses. Cependant la danse, comme les autres arts réfugiés à Rome, ne tarde point à dégénérer. Aprè-s les siècles de folie qui amènent l'eflxtndrement du grand peuple, elle disparait pour renaître à l'époque magnifique des Médicis, en même temps que les arts, avec toute sa poésie, ses gestes et ses pas rythmiques. Alors toute l'Italie chan-

l M ll\i c ll.VMI, l) apri.> la !.Utut.' de DcUpbnchc

DANSE ClIAJIPÈTKi:

Daprùs le tableau de Lancret. (Afiisde de Berlin.)

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t.iit et dansait. Venise ét.iit l.i ville des fûtes, l.i ville floriss;uue et iieureuse.

Dus que la France fut un peu remise de ses terribles secousses politiques, les arts J%fc- ^\»V|f

reprirent leur essor, et la danse reparut -■^.•^;^,^.^,.,^'*'*^

dans les palais de nos rois, solennelle et ^^'

pompeuse. Danseurs et danseuses se pava- j^

naient en dansant la Pavane, réservée, nous dit Jean Tahourot, le chanoine de Lanières S

qui publia le premier livre sur la danse, '

«aux rois, princes, gr.mds seigneurs, j; V^ "'«•■^'v^-^'»

pour se montrer en quelque festin so "^^^^' §V> ^ 4\i

lennel, avec leurs grands manteaux et robes de parade ».

Sous Lxiuis XIII, la Pavane devient la danse f;ivorite des femmes de qualité. Dansée sur une mesure lente mademoiselle camargo

D'aprcs une firavurc du xviir siècle. ( Iliblinihdquc Wilintulc.)

à deux temps, au rythme doux, elle

a quelque chose de recueilli, de mélancolique comme les graves aïeules des anciens portraits qui regardent dans le passé.

En paraissant lui-même sur la scène devant toute sa cour en costume de guerrier romain, Louis XIV donna .'i la danse un caractère de noblesse royale.

Mais la poésie de la danse ne commence vraiment à être exquise que sous la Régence, sous Louis X\' et Louis X\'I. Dans cette atmosphère d'élégance raffinée, l.i danse s'épanouit comme une fleur vivante, comme une fleur transportée d'une serre en piL-ine terre, sous le jeune et souriant soleil du printemps. Ce fut une floraison délicieuse de la . pimpante gavotte et du gracieux menuet, que Watteau, le peintre de la perfection des formes et des lignes, excelle à rendre, en ses nonchalances voulues, ses jolies révérences mignardes, ses poses cadencées et étudiées, ses retraites fuyantes.

Malgré tout son charme et sa grâce, la danse, sous l'ancien régime, fut, comme la société, comme les mœurs, guindée, sans naturel, sans abandon. Elle était devenue factice en quelque sorte; ce n'était plus un plaisir à proprement parler. Les maîtres à danser exerçaient leur despotisme dans tous les salons, imposaient la même manière uniforme de se présenter, de saluer, de se mouvoir. L'imprévu, l'élan vif et spontané n'étaient jamais de mise.

Vy PAS DB rARACTKRR Kilrait du «'tmttrraMr* de Ij name mnJeme.

( n'i-t qu'jprcs U giuricusc i-ptipûr impi-rialc que la

<i«:ic(^ nouvelle, coinposîx c-n partie des enrichis et

des pan'cnus de la veille, se laisse aller h la fan-

luxe, avec un entrain sans ^-gal.

iJaiis as sjlons de la Chauss^'-d'Antin, on

danse la vaLsc, aux mouvements glissants et

ondulés, la contredanse, l'étourdissant et tour-

iMllonnant cotillon avec sa ronde finale qui tvs'

^■"ible à un ouragan de rubans et de fleurs.

Un ce temps, le bal de l'Opéra reprenait, sous Musard, un éclat inaccoutumé. On s'étouffait dans la salle pour voir le roi du quadrille, comme on l'appelait, diriger un orchestre gigantesque auquel se mêlaient les cris de joie et les applaudissements frénétiques d'une foule délirante.

On dansait encore sous le second Empire. Les bals de la cour avaient beaucoup d'éclat; mais les- bals publics, délaisst-s, l'un après l'autre, fermaient leurs portes. L'ancienne Closcrie des Lilas est devenue Bullier; .Mabille n'est plus.

Dans les salons, on n'a conservé que la Valse et le Cotillon. Li Grèce moderne, plu.s fidèle que nous à ses traditions chorégrapliiqucs, se souvient toujours de l'antique Pyrrhique, qui menait les Spartiates au combat.

Si nous avons délaissé de nos jours les danses si gracieuses du temps passé, les ballets semblent du moins briller d'un éclat qu'ils n'avaient jamais eu. C'est au thé.itrc l'apothéose de la danseuse, si gracieuse et si vivante, qui affirme encore sa royauté légère dans les tableaux et les dessins, œuvres charmantes de maîtres modernes.

Nous ne pouvons avoir la prétention de donner dans les pages qui vont suivre une étuili. complète et définitive de la Danse. Un voKur.i. n'y pourrait suffire; il appartient d'ailleurs aux érudits et aux spécialistes d'édifier pareil monument. Ix's préoccupations habituelles d'un artiste

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