I.OIIS XIV F.N COSTl.ME
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loLs sur Li Nvcnc : les rôles étaient jusqu'alors remplis par des hommes travestis. Quinaut et Lulli, dérogeant à l'usage, tirent jouer quatre grandes daines, entre autres Madame la Daupliine, la princesse de G)nti, Mlle de Nantes.
L'Iniftalifiii^ était un ballet comique qui se distinguait par une suite de scènes isolées se rapportant toutes au titre de la pièce. Il était fort curieux. Des personnes aifamées, en leur h.\te de manger leur soupe trop chaude, se brûlaient; des chasseurs à la chouette .itccndaient en vain devant les pièges ;\ glu; des créanciers impatients s'y montr.iitiii. Jls plaideurs, etc. Dupin, remplissant le rôle de chouette, récitait ces vers :
Mon petit bec est ouc/ U..iu, lu le reste de iru figure Montre que je suis un oiseau Qui n'est pas de mauvais augure.
Louis XIV dis.iit dans son rôle :
De la terre et de moi qui prendra la mesure Trouvera que la terre est moins grande que moi.
Parmi les ballets remarquables ou curieux, nous citerons encore celui i\\x Jeu Jf piquet, qui fut un intermède du Triomplx des dames' , œuvre de Thomas Corneille, en 1676.
musique de Lulli on substitua un Pas-dc-trois dansé par Mile Nathan, Morando et Génat, de l'Opéra. La danse dite de rHirondelU, qui fait partie du ballet, se rattache à la phrase d'Isidore, l'un des personnages: cr Quelle obligation vous ai-je, si vous changez mon esclavage en un autre plus rude, si vous ne me laissez jouir d'aucune liberté? » Cette danse est une imitation d'un jeu de jeunes lilles grecques dont la tradition s'est perpétuée jusqu'au xvin* siècle (voir les lettres de la mère d'.Vndré Chénier). Dans ce jeu, une jeune lille lient une hirondelle prisonnière. Elle s'échappe, toutes se mettent à sa poursuite, et l'une d'elles s'en empare.
Dans la dernière représentation qui fut donnée à l'Opéra le 19 mars lUi^j pour la fête franco-russe, au bénéfice des ambulances urbaines et des victimes de la disette de Russie, on intercala dans l'entrée de la m.isc.irade mauresque : quatre couples d'.Vrlequins, quatre couples de Pages Louis XIII et Soubrettes, huit couples de Jardiniers et Jardinières. On d.uisa : un Rigodon de Rameau, une Chacom.- .le I nlli. une Sicilienne de Bach, -un air gai de Rameau et une Forlane des Fêtes viiiitiennei de Campra.
1. Les qu.itre Valets p.jraissent d'abord avec leurs hallebardes pour faire ranger les curieux t! préparer la sCLtie. Ensuite les Rois arrivent successivement, donnant la main aux Dames, dont la queue est portée par des esclaves. Ces esclaves, au nombre de quatre, représentent la Paume, le Billard, les Dés, le Trictrac et portent des habits emblématiques; les Rois, les Dames, les Valets ont le costume ordinaire des figures tracées sur les cartes. .Aprè-s avoir formé avec leur suite nombreuse d'.'Xs, de Huit, de Neuf, etc., des danses dont les groupes montraient des Tierces, des Quinte», des Quatorze sur l'avant-scè-ne, tandis que huit champions, portés en arriére, figuraient l'Iicart ; aprè-s s'être rangés, tous les Noirs d'un côté et les Rouges de l'autre, ils finissent le ballet par un ensemble où toutes les couleurs se mêlent s.ms ordre.
Sainte-Foix pctise que cet intermède n'était pas nouveau, et que Th. Corneille ou ses collaborateurs en avaient puisé l'idée dans un grand ballet exécuté à la cour de Charles VIL Ce ballet fit imaginer le jeu de piquet, vers la fin du règne de ce prince. Ceci, pour les personnes qui jouent tous les jours au piquet
IN BALLET A LA ( Ol R 1)1 (iKAM) ROI Dapris la ;.'ravure de Sùbaslicn l,c Clerc. ( liiHinlhèijtit: lulinn jU-
LA h.W.si-: M i.KASh MIULi:. lo.S
Tous les ballets historiques ou allégoriques Janscs sous Louis Xl\' se iiistin<^uent par la-complication vraiment extraordinaire de la machination et une pompe théâtrale, une reciierchc d'ctlets -grandioses ou étranges, inconnus jusqu'alors.
Nous avons dit que les compositeurs avaient été secondés dans ces conceptions, souvent magnitiques, par des interprètes rares.
Li Bruyère a comparé soit Pécourt, soit le B.isque (deux danseurs de ["(^pér.i). à
Bathylle de la vieille Rome : <« Il faisait
tourner la tète aux femmes par sa légèreté », dit-il encore.
Bcauchamp, qui le premier trasM l'écriture chorégraphique, artiste consommé et compositeur savant, tut directeur de l'Académie royale de danse, maître et surinteiiJ.uu des ballets du roi, et plus tard maître de ballet de l'Académie ro\ale. Il excellait dans le genre noble et dansa souvent aux côtés du roi.
Plus tard, Dupré, k grand, devait encore surpasser ses prédécesseurs par la distinction gracieuse de ses pas et la noblesse de ses attitudes. Noverre, dans ses Lettres, nous dit : « C'est cette harmonie rare dans tous les mouvements qui a décoré le célèbre Dupré du titre glorieux de « dieu de la danse ». En effet, cet excellent danseur avait moins l'air, sur la scène, d'un homme que d'une divinité. «
Enfin Ballon parut : il justifiait son nom par la légèreté de ses pas.
Les bals donnés par Louis XIV étaient d'une grande magnificence, mais l'on ne s'y amusait guère. Le froid cérémonial est naturellement l'ennemi du plaisir. Le plus beau de ces bals fut peut-être celui que le roi donna à l'occasion du mariage du duc de Bourgogne.
sans en connaître l'origine. (Castil-Bi..\ze.) — Il fut un moment question, en l!;<y2, à Angers, de remettre à la scène le divertissenimt du Jeu de tiqucl, à loccasion du cinquième centenaire de l'invention des jeux de cartes.
iMADE.MOlSlil.l.l; MAI l'IN DANSANT iJaprù;. une ^rravurc Ju temps. UtiHinihi^uc ii.ili"ii.ili:.)
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■ On |uit.i^ia, un un iiuioin owuijirc, tn truis jviiuis 1,^.111.^ U galerie de Venuille^ pr deux balustrades dor^-es de (]uatre pied;» de hauteur. La partie du milieu faisait le centre du bal; on y avait placé une estrade de deux nur- ^ elles, couverte des plus beaux tapis des Gobelins, ■^ .'.' sur laquelle on rangea, dans le fond, des fauteuils de velours cramoisi, garnis de grandes crépines d'or. C'est \h que furent plac6> le roi, le roi et la reine d'Angleterre, Madame h duchesse de Ikuirgogne, les princes et les princesses du sang.
« Les trois autres côti-s étaient bordt-s, au premier rang, de fauteuils très riches pour les ambassadeurs, les princes et les princesses étrangers, les ducs, les duchesses et les grands officiers de la couronne. D".iutres
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11 (lu xvir siicic. rangs de chaises, derrière ces fauteuils, étaient remplis .-—■'Ilonjle.) • w ■ I 1 j 1
par des personnes de considération de la cour et de la ville. A droite et ù gauche étaient des aniphithé.itres occupés par la foule des spectateurs. Pour éviter la confusion, on entrait par un moulinet l'un après l'autre. II y avait encore un petit amphithé.\tre séparé où étaient placés les vingtquatre violons du roi avec six hautbois et six flûtes douces.
n Toute la galerie était illuminée par de grands lustres de cristal et quantité de girandoles garnies de grosses bougies. Le roi avait fait prier par billets tout ce qu'il y a de personnes les plus distinguées, avec ordre de ne paraître au bal qu'en habit des plus propres et des plus richede sorte que les moindres habits d'hommes coûtaient jus- jy^. qu'à trois ou quatre cents pistoles. Les uns étaient de /f velours brodé d'or et d'argent, doublés d'un brocart qui coûtait jusqu'à cinquante écus l'aune; d'autres étaient vêtus de drap d'or ou d'argent. Les dames n'étaient pas moins parées; l'éclat de leurs pierreries faisait, aux lumières, un effet admirable.
« Comme j'étais appuyé sur une balustrade, vis-àvis de l'estrade où était placé le roi, je comptai que cette assemblée pouvait être composée de Iniit cents per-
rOSTUME DE BALLET
D aprè» une (nature ancienne du XVII* siccle.
A.i /).i.v.s7-: .1/- (;/M\7) siHii.i:.
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l>'aprùs iiiiL' ^;ravuro Jii wii* mccIc. ( IliUioUièquc tulioiuli:.)
soniKs, dont les ditrérLiitcs p.irurcs toniiaiLiit un s|>(.cr:K-!i.- ili.iini.mt Il Myr L-t M.Ki.iinc de BDuriio^iie luiviia: . (".uii-
r.intc, LiisiiitL- Madame de Bi)uri;i\yiie prit le mi d'Aiii;!eteire, lui l.i reine d'An^^Ieterre, elle le roi, qui jirit Madame de Bourgogne; elle prit Mi>iiseij;neiir, il prit Madame qui prit M. le duc de Ik'rri. Ainsi, successivement, toutes les j^rincesses du sang dansèrent chacune selon son r.uvj..
« M. le duc de Chartres, aujourd'hui ré\i;ent, y dansa un Menuet et une Sarabande de si bonne i^r.ice avec Mme la princesse de Conti, qu'ils s'attirèrent l'admiration de toute la cour.
» Comme les princes et les princesses du s.wvj, étaient en grand nombre, cette première cérémonie fut assez lonj^ue pour que le bal fit une pause, pendant laquelle les Suisses, précédés des premiers ofliciers de bouche, apportèrent six grandes tables ambulatoires, superbement servies en ambigus, avec des buffets chargés de toutes sortes de ratVaichissements qui furent placés au milieu du bal. Chacun eut alors la ]>Ius entière liberté d'aller manger et boire à discrétion pendant la demi-heure qui suivit. « Outre ces tables, il y avait une grande chambre, à côté de la galerie, qui était garnie sur des gradins d'une infinité de bassins remplis de tt)ut ce qu'on peut imaginer pour composer une superbe collation, dressée avec une propreté enchantée. Monsieur et plusieurs dames et seigneurs de la cour vinrent voir ces appareils et s'y rafraîchir; je les suivis aussi. Ils prirent seulement quelques grenades, citrons, oranges et quelques confitures .sèciies. Sitôt qu'ils turent sortis, on abandonna tout au public, et cet appareil fut pillé en un moment.
i" Il y avait, dans une autre chambre, deux grands bullets garnis, l'un de toutes sortes de vins, et l'autre de toutes sortes de liqueurs et d'eaux rafraîchissantes. Les buffets étaient séparés par des balustrades, et, en dedans, une infinité d'officiers du gobelet avaient le .soin de donner à qui en vt)ulait tout ce qu'on leur demandait pendant le bal, qui dura jusqu'au
D.XXSEl'R EN II.MIIT OROTESQUE
t>E p.ws.w matin. Le roi en .sortit à onze heures avec le roi d'Angle-
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Ju xvir siècle. terre, la reme et les princes du sang, pour aller .souper.
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(Extrait des /:W»j <i« Jhiij» i'u^j^. — A. Durand et liU, cUitcun..)
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