‹ La danseChapitre 40 sur 78 · I.E DANSEIR MALADRIIIT D'après une caricalure de Gillray · texte numérisé non relu

I.E DANSEIR MALADRIIIT D'après une caricalure de Gillray

nuage sur lequel elle trônait, et se brisa un bras ; elle ne se remit jamais de sa blessure et ne reparut plus sur la scène.

Quant .\ Mlle Chevigny, on peut encore signaler l'éclatant succès qu'elle remporta dans le rôle d'Octavie du ballet d'Atiloine et CUopâlre. Li musique de ce ballet, qui fut représenté pour la première fois le H mars i8(»fi, était de Kreutzer.

I. Blachc compovi LiKurt If Rfloiir d'Apollon, Irs Amoun Je Mars et de l'riiiis, DiaiK el Hmlymiou, le Triomplff de riiymen, rAmilie chie à VAmoiir, F Amour tl /« Vendangeurs, Ze'pliyre el Flore et h CImste Suzanne.

Un de SCS fils, Isidorc-.\ugustc, composa pour le célèbre danseur .Ma^urier les ballets de Polkhinelle et de Joco, représentés ^ la Porte-Saint-Martin. Le rôle de singe du ballet de Joco fut repris dans la suite par le danseur Paul avec une telle agilité, qu'il fut surnommé Paul raérien, tant il sautait légéa-ment d'arbre en arbre.

Un second fils de Blachc fut également maître de ballets à la Porte-Saint-Martin durant trois années ; il se rendit ensuite à Saint-Pétersbourg où il donna avec succès Don Juan, Gustave l'osa, les Grecs, Malakiitrl ft .-Irtiiidii ili-i GiiiiJ^f-

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LA BELLE ASSEMBLEE U'aprcs une carkaturc de Cniikshank.

Desdetot, de l'Académie royale, maître de ballet de la cour de Russie, composa le ballet anacréontique de Zépbyrc et Flore, qui tut représenté à Saint-Pétersbourg et à Paris en i8i5. Les deux actes de ce ballet comportaient une grande figuration de danseuses surtout. Beaupré tenait le rôle de Pan, et Albert celui de Zéphyre. Le livret était vivant, la mise en scène très soignée : le succès du ballet fut considérable.

Blasis, dont les ballets semblent terminer le siècle des grands ballets d'action, fut premier danseur du thé.itre du roi d'Angleterre, et sa réputation de maître de ballet égala celle de Dauberval et de Gardel.

Outre un excellent ouvrage sur la danse, il a composé plusieurs ballets, parmi lesquels il en est six qu'on doit surtout citer :

Achille à Scyros, qui porte le même titre qu'un ballet de Gardel, mais qui en diffère absolument par l'intrigue; — Mokanna, dont le sujet est oriental : c'est un ballet en quatre actes, tiré du poème anglais de Thomas Moore, le Prophète voilé; l'action se déroule en Perse en l'an i63 de l'hégire; — Vivaldi, grand ballet en deux actes, nous reporte à \'enise, vers le milieu du xvi" siècle; — Les Aventura nocturnes sont un ballet comique, qui contraste avec les autres productions de Blasis, et qui obtint un grand succès d'hilariié; — dans Zara, le caractère romantique domine : c'est une œuvre de premier

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I l'ERS LES ACES

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w . Jansc n'avait plus la vogue que l'on pourrait suppt>M;r tu

conviJcrant le» c^tampt-s postérieure» dans lesquelles les Anglais exercèrent leur humour. Il pliiiurt «r pi^ »t de la danse. Newton avait beaucoup diverti avec sa charne

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D'aprC-o une caricature Je R. Newton.

de la CoiurcJ.msc- dans un bal de province en Aiifilctcrrc où de jurandes daines empanachées s'avanijaicnt au milieu de danseurs bedonnants et fort maigres et en perruque.

IN COTILLON A LA FIN Dl XVllf SIÈCLE Dapri» une caricature aniiloisc Je W. II. Kin(;sburK.

Kinf-sburg ridiculisait un Cotillon dans lequel les dames, aux coiffures poudrées énormes, minaudaient et faisaient leurs gnlces.

Cruikshank reprt-scntait de belles assemblées, c'esr-i-dire des bals où tout un monde biîKirrc s'agitait en attitudes comiques. Des tableaux décoraient les murs de ces salons, et c'étaient la danse du cheval, une danseu.se de corde, des danses de chiens savants, d'ours musek-s portant un singe danseur sur leur tête, de paysans et de matelots. A cette même époque, James Gillray déridait ses contemporains avec ses charges si vivantes et d'un comique achevé.

.J'i'hiicoiiiL .Jf iiu'iuu'l ('<■ lit moru'f

L/:.s i)i:iiirs i>i: i..\ d.wsi-: modiiksi:.

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Les m;iitrcs Je danse d'alors jouissaient d'une faveur et d'une autorité despotii^ue qu'ils n'ont plus retrouvées. Dans la Clji'n\i;niphit' de Cjuilleniain, on voit avec quelle considération les élèves doivent traiter leurs maîtres de danse : « Il convient, dit-il, que l'écolier s'empresse d'aller au-devant de lui quand il arrive ; on doit le recevoir très poliment, lui faire deux révérences : la première très profondément, la seconde moins bas; on doit ensuite le faire entrer dans l'appartement, lui présenter un fauteuil pour s'asseoir. La leçon fmie, l'élève aura l'attention de conduire le maitre jusqu'.'i la porte

I A llF.I.I.i: ASSE.MIlLKr.

IJ aprc^ une caricature de Cruikshank.

de l'appartement; il lui fera ensuite deux révérences, la première Ixis, la seconde moins; il le remerciera poliment des peines qu'il s'est données et des attentions qu'il a prises.... «

En l'an vu de la République, une demoiselle Taglioni se montra avec quelque .succès à l'Opéra. Son nom figura plusieurs fois .sur l'afHche de 1^04 à if{(»6; elle tenait des rôles dans la Caravane, dans le Connétable de Clisson et dans les KiHrs de Gainacbe.

C'était la tante de la célèbre Marie Taglioni qui, vingt ans après, obtenait des succès prodigieux sur la même scène.

Marie Taglioni était née à Stockholm, d'un Italien et d'une Suédoise, et avait

un LA 1>AXSE A TRAVERS LES AGES.

c \icnnccn 1M22, dans un ballet composa- tout exprès par M. Taglioni pour sa

lîllc luwjfuntti I cour de TfrpsUlton.

|-.n iM:;, clic débutait à Paris dans /<• Silicim et paraissait dans la Vestak, Mars cl \',isu\ l'ernand Corlés, Its Bayadha et It Carnai<al df Venise.

Son talent, fait de grâce naïve et pudique, sa Icnùreté, la souplesse voluptueuse et dîwnte tout ù la fois de ses attitudes firent sensation. Elle révélait une danse nouvelle, un art virpinal et diaphane, tout d'inspiration, où se perdaient les procédés clioréjjraplùques connus et les traditions d'école. Après être apparue quelques jours à peine sur notre scène, mirage cliannant aussitôt évanoui, elle repartit en plein triomphe pour .Munich et Stuttgart.

Mais elle revint. Un accueil enthousiaste l'attendait.

I>ans Us Bayadéres et surtout dans la Sylphide, son art atteignit les limites de l'immatériel.

Iji Sylphide fit revivre, un instant, la mythologie dont l'action théâtrale se privait depuis longtemps. « .Mlle Taglioni, dit Qistil-Blaze, la sylphide par excellence, rempliss;iit le principal rôle dans ce ballet, dont M. T.iglioni avait ajusté les danses sur le livret composé par M. Adolphe Nourrit, premier ténor de l'Académie royale de musique. On a su gré aux auteurs d'avoir beaucoup lait danser .Mlle Taglioni.... Le second .icte offrait une entrée d'un effet original : les danseuses, groupées par quatre, arrivaient par le fond jusque sur l'avant-scène, et formaient ensuite un ensemble ravissant. On avait reproduit les vols audacieux que l'on admirait dans Flore et Zêphire; mais, dans ce ballet, les acteurs principaux avaient des remplaçants qui s'exposaient aux chances du fil de laiton. C'est Mlle Taglioni qui prend sa volée dans la Sylphide, et ses comp.igncs la suivent à travers les arbres et les frises. On n'avait que deux danseurs volants; la Sylphide en présente une douzaine qui fendent l'air avec leurs ailes de papillon ou de demoiselle. »

Et, au milieu de ses éclatants succès, passionnant et enivrant les foules, distinguée par la reine de Wurtemberg, qui en avait fait son amie, la Taglioni était restée douce, simple et résenée.

Elle avait épousé en \>\?M le comte Gilbert des Voisins; mais cette union fut de bien courte durée, car, dès le lendemain des noces, le comte l'avait déj;\ oubliée.

« Arsène Houssaye, dit M. Henri Bauer, nous a raconté leur dernière eiuicvue dans un diner donné vingt ans après, en 18.^2, par le duc de Morny, et auquel a.ssistaient Rachel et la Taglioni. Le comte Gilbert des Voisins arriva quand on était déjà à table. Son premier mot fut celui-ci : <' Quelle est donc cette institutrice qui est à droite

/./■;.s' hhitrrs m-: i.\ i>\\s/-: Miiiti:i<\i:.

« de Morny?» (clic ct.iit tort instruite et p.ul.iit toutes les langues de l'Europe). On ne craignit p.is de lui faire trop de peine en lui disant : « C'est votre « femme. »

" Il chercha bien loin dans ses souvenirs, puis répondit : « Après « tout, c'est possible. »

« Mlle Taglioni, indiquant son mari, demanda .\ Morny pourquoi il avait eu la singulière idée de la taire diner en si mauvaise compagnie.

" Après le diner, Gilbert des \'oisins, qui n'avait peur de rien, pas même de sa femme, eut l'impertinence de se taire présenter à Marie Taglioni. FJle prit bien la plaisanterie :

« Il me semble. Monsieur, lui « dit-elle, que j'ai déj.'i eu l'hon- « neur de vous être présentée vers i'i'^2. » C'était l'année de leur mariage. »

Marie Taglioni, avant de se rendre en Russie, donna sa représentation d'adieu en 1H37.

Plus tard on la retrouve à Londres, en proie à la misère, donnant des leçons de danse et de maintien. « C'était un triste spectacle, dit M. Henri Bauer, de la voir en cheveux blancs, conduire toute une école anglaise, à Myde-Park en Jiiver, à Brigliton en été, et, accompagnée d'un vieil Italien tout petit, qui jouait de la pochette du maitre à danser, enseigner les danses de caractère et les révérences royales aux tilles orgueilleuses de la gentry. »

Quel triste retour des chcses! Elle avait traversé Londres autrel'ois pour se rendre en Écos.se où tous les bras se tendaient vers elle, et, pour assurer sa tranquillité, la Sylphide avait dû cacher ses ailes. Elle était si heureuse de voyager incognito! Arrivée ;\ Perth, elle eut l'imprudence d'écrire son nom à l'hôtel, sur le livre des voyageurs. Aussitôt la nouvelle se répand, une dépuration de la j^eiUry et de la iioliilily accourt. On la prie, on la supplie de donner une représentation. Mais où et comment? car

.MADl.MlIlSl.l.l.lC TAlil.lONl

l).\NS I.li U.M.I.ET « LA SYl.l'EIIDE »

Daprùb iiiiL- litho^Taphic a:iunynig Je TcpiLiLic de iliîo.

I m.i VERS l

cnltii, iHuir lijiiwrr dans un hnlIcT. il est néccs!>airc d'avuir un corps de ballet, il faut un tli> nuicricl. loui cela n'existait. On improvise un tli^^itre. Au

UHinicnt de lever la toile, on s'aper^'oit qu'un mannequin indispensable dans la pi^re a ili oublié. Elle ne s'émeut pas : • Pierre, dit-elle à son domestique, vous remplirez le rôle de mannequin ». Et elle entre en scène. On s'aperijoit, après avoir affublé Pierre du costume de rigueur qu'il a des favoris, et le rôle n'en comporte pas. On parle de le raser, le mannequin s'y refuse énergiquenient. Ix public, qui attend, se ftclie. On s.u.sii enfin mon Pierre, et on lui cou|K' de force ses favoris! Grttc soirée fut un triontplie de plus pour la danseuse.

Aprt-s tous ces succès éclatants Marie Taglioni mourut à .Marseille, très âgée et fort pauvre.

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