‹ La danseChapitre 41 sur 78 · I.A iJAN.st INl UnVAIll.E · texte numérisé non relu

I.A iJAN.st INl UnVAIll.E

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CHAPITlUi VU

LES DANSES CHAMPETRES

L.\ i...vt,. — u.;s DOLRRKIÙS. — LliS « BAILS CATALANS » HT LICS 1 AKANDt)LKS. DANSl-S BKKTONNI^. — BALS CllAMI'KTKKS A l'lTKANGIIK.

A ex àgcs (Je rcvc, les nyiiipliLS des foiuaiiKS, effleurant de leurs jiieds emperlés de rosée les herbes et les fleurs, fonnaieiit, sous les pales rayons de la lune, des rondes virginales. Les Grâces, se tenant par la main, ondoyaient chastement, déiiU)yant dans les clairières leurs blanches théories, et c"est ainsi que Terpsichore, menant son gracieux cortège, ajiparai.'-sait aux mortels. Nous avons vu les jeunes Grecques, enivrées par des fictions radieuses, danser en cadence sous les ramures, pour honorer les divinités des bois et pour célébrer dans leurs fêtes mystérieuses le printemps nouveau

Que reste-t-il de ce rêve divin et des pratiques charmantes d'un culte disparu, sinon la Romlc? La Ronde lut partout la première expression de la dan.se, et les enfants, aujourd'hui

hANSl. \ U.l Mil c JIM, D'apris r.iquarulle Je .M. Tcnrù.

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et s|H>nt3née qui unit involontairement

' ^' ■*' leurs niain!v, les encluine les uns aux

autres, mêle et confond leurs mouvements dans un élan d'ensemble.

I^ Ronde est la danse primitive, la véritable danse champêtre; elle existait avant même que Syrinx plaintive, sous les lèvres brûlantes du dieu Pan, eût initié les danseurs à des plaisirs nouveaux', et elle a quelque chose de si naturel, de si instinctif, qu'on doit la retouvcr dans tous les milieux primitifs et champêtres.

C'est ainsi qu'autrefois, dans les prairies de notre Limousin celtique, rude par la race, mais adouci par les mœurs g.illo- romaines, les jeunes filles célébraient selon de vieux rites la « venue du temps clair ». Le charme du renouveau enlaçait leurs doigts, rythmait leurs mouvements et leurs .mitudes. C'étaient les rondes de mai, "•^ "' \"M-> :,.c^M.n.u- ,^.^ Maiadi-s, d'antique origine; les

grands hêtic . .o^. . lesquels ces danses avaient lieu étaient les arbra des MaîadfS. A Merlines, un plateau porte encore le nom de Coiiderl des Malades, et, dans la forêt de Cluvanon, l'arbre des Malades étendait encore ses vieux rameaux en ces derniers temps. On entendait aussi par ce mot les endroits propices à la danse, et surtout les auberges

I . Pan était regardé par Ici anciens comme l'invinteur des danses clijni|:étr(.s. — S\Tinx était une nvniphe d'.Arcadic, fille du fleuve Ladon. Poursuivie par Pan, elle s'infuit vers les bords de ce fleuve et disparut. Pan ne trouva à sa place que des roseaux, dont il fu la flûte à sept tuyaux unis, qui fut elle-niime appelée tyrinx.

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.'.m Aubin

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DANSE Dh^ m Ki.l.KS U'aprcs le tableau de Lancrul. ( .V«.mv ie \lcrHn i

isolées ou, par k> i'l.iu.\ uiuiaiichi.^, des couples joyeux se reuniss.iiciit pour d-insL-r.

On appelait la chanson de mai à danser : calenda mata, et la reine du printemps,

pour laquelle on dansait, se nommait dans les poésies limousines du joli nom de reghia

La Ronde antique florissait encore dans les derniers siècles, et cette maïade du Limousin et du Poitou ne serait autre que la danse d'Ariane, la Cividiolc, ciselée sur le bouclier d'Achille par le divin boiteux. Les jeunes Grecques la dansent encore aujourd'iiui, et l'une d'elles conduit le Branle en tenant à la main un mouchoir ou un cordon de soie en souvenir du til libérateur qui permit i un héros de s'échapper du labyrinthe.

Cette danse de mai que nous transmirent les Romains était lormée par une chaîne qui ondulait, rythmée d'habitude par le chant et quelquefois par le son des instruments.

Elle était menée, comme la danse décrite par Homère, par un chorège chanteur.

« Li danse, dit .\1. Bédier, dans son étude sur les fêtes de mai, allait de droite à gauche.... Elle consistait en une alternance de trois pas faits en mesure vers la gauche et de mouvements balancés sur place; un vers ou deux chantés par le coryphée remplis-

/..i n.ws/; A TUA VERS Lt-:s Ar,f-:s.

uicnt ic temps pcnJjnt lequel on faisait les trois pas, et le n-frain, repris par les Jnn- M> nps consacré au mouvement Kalana."

Ixn éi 1.1 auteur sur les fôies de mai et ti-s commencements de la poésie

lyrique au moyen .t Jairé le mN-slire qui enveloppait les mnîades limousines.

I)".ipro M. (i.iston Paris, la d.»n\e déniai est une ronde accompagnée par les chants d'un soliste et d'un chanir. — En une de ses figures, la RaUrit, la danse de mai se trouve

A LA «il lN(ilKTTE D'après le lïe^sin de A. de Saint- Aubin, ^'ravé par llasan. {liiHinthiqut nJliniiJle.)

niiiucc en même temps que ch.uitcc par deux ou trois personnages placés au milieu de la ronde, tandis que les danseurs et les danseuses tournoient doucement autour d'eux.

» Les diverses figures de ces danses, dit Jean Dutrecli dans la Rniic limousine, constituaient de véritables petits ballets, chantés et mimés, qui formèrent plus tard la pastorale, de laquelle, ;\ son tour, devait sortir le ballet, illustré par le talent de LuUi, de Rameau, d'Hérold, d'Adam et, plus pris de nous, par celui de Léo Delibes. » Nous ne discuterons pas avec M. Jean Dutrech sur les origines qu'il attribue au ballet, nous r.nnns vu naître dans l'antiquité. >>v dévilupper d'uni- tmit .lutre manière et tmns .uniis

HANSE PAYSANNE D apris une gravure du tableau Je Walteau, ( Ecole des Dejux-Aris.)

/,/:.s' /» 1 v.s7;\ Cl/ \ \ii'i':ri<i:s.

L.N HAÏ. Al ( IIATtAf. — LA ((IMUEDANSE Uaprouii tableau Je Lancrel. (.YumvjH l'jUis Je Polsjjm.i

assisté A SCS transformations successives. Les Jocuments qui rétablissent ne nous ont p;is manqué. Quant à la Maïade limousine, elle s'est transformée à son tour en Roiitif niiplialc et en une danse populaire appelée la Pnviiounic. Les enfants se livrent à la Ronde nuptiale les soirs de noce, après le repas, devant la famille assemblée.

La Ronde nuptiale, raconte Jean Dutrecli dans la Rcviti: liiiioiisiiif, est composée d'un nombre indéterminé de jeunes danseurs qui forment une chaîne tantôt ouverte et tantôt fermée. En voici les deux premiers couplets dans toute leur charmante naïveté :

On dit. Monsieur, que vous êtes Amoureux d'une beauté; Auriez-vous bien la bonté De nous la faire conn.iître.

En donn:uit un doux baiser A celle que vous aimez?

lit vous, charmante bruiiette, Qui captive/ tous les ccturs.

Cessez, cessez vos rigueurs, Ne faites pas la sévère, Embrassez le ser\'iteur Qui a su cliamier votre ca-ur.

Cette danse lamiliale emprunte tout son charme à sa naïveté. Les paroles mêmes des

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