‹ La danseChapitre 46 sur 78 · LA I · texte numérisé non relu

LA I

i<.\ii:iis LES Ai,i:s

cialc. ixy fittilf rnliiliini rappvlli-m un |h-u le M'iitimciu qui prcsiJait h l'antique Honnos où la lît. lU- s'all l'culinc. Maimo fois, dans mon enfance,

j'ai a&si!.t^- au lliil irJc le plus gracieux souvenir.

Ht d'abord, au son d'un flatieolet court et d'un petit tambourin pendu au bras, qui constituent tout l'orclu vlanseurs, coitfésdu bonnet rouge retombant, vùtus

d'une veste courte aux boutons de métal, une large ceinture, la faxa, roulix' autour de

rXE VOCATION D'aprcî. le tableau Je Worms. (vlif« Ju/or»jj/i<i/i Je Jmb /'■■"~<..i \i-,«i i,.%-,ni .i i,^ ,i,t .fr,.i; \

la taille, le pantalon collant, les picils chaussés de l'aspardciiya légère, débutaient par un bond durant lequel le pied droit passait par-dessus la tète de la danseuse. Cet exercice, qui demande une extrême ai^ilité, se nomme la Camada redona. Li danseuse reculait aussitôt pour revenir en courant vers le cavalier, qui s'effaçait aussitôt. Puis les couples changeaient alternativement et à diverses reprises, l'un de dame, l'autre de dan.scur. Ils se réunis.saient enfin pour former la ronde, et subitement les danseuses, appuyant leurs mains sur les épaules des cavaliers voisins, s'élevaient d'une envolée au-dessus d'eux. Ceux-ci, s'arc-boutant, les soutenaient, plaçant leurs mains sous leurs aisselles; elles, alors, rapprochant leurs visages, s'embrassaient dans les airs.... Et c'était

/.i:s /) I v.s7;\ (Il I i//'/;vA'/;v

DlVEKTISSli.MUNT CIIAMI-Êridi Uaprcs le tabk-au de Lancrel. {Xoiiivjii /*j/j/.-

un radieux spectacle SOUS le soleil que tous ces costumes auv viv, s .•.mliinx, ces jeunes visaj^es colorés et animés par le plaisir —

Quelquefois la danseuse s'élani;aic vivement vers le cavalier et mettait sa main gauche dans la droite qu'il lui tendait et, dans un élan, raidissant son bras ^Muclie, s'appuyait de la main droite sur son épaule. Lui aussitôt la soulevait sans ell'ort apparent, et la tenait ;issisc dans .sa main au-dessus de sa tête.

D'autres fois, au lieu d'être assise, elle était vivement soulevée à bout de bras par son cavalier et, toujours gracieuse, souriante, .se trouvait en l'air, jiloyée en deux.

Li danse catalane .sembla si poétique au père \'anière, jésuite de Béziers, qu'il lui donna place dans .son Pra-diiiin riisliciiin. Il en fait un des plaisirs les plus charmants du temps de la moisson.

« L.I beauté de ces danses, dit un admirateur des Hails catalans, consiste, poiu' les danseuses, à savoir reculer légèrement sans saut et sans secousse. Il faut qu'elles coulent, pour ainsi dire, sur la pointe du pied et sans faire de pas; les mains au tablier, et la tête

ur voir le chemin rctn>^rjJc qu'cltoi ont à parcourir en rond. Elles

lu-nt, quoique awc npidilé, autour du ccnta- libre de l'enceinte, et il y

^ );r)ce dans ce mouvement. ■> Hn Ruussillon, comme en Mspagne, un

..) danse dès le plus jeune âge sous le regard bienveillant de la famille. Ix

1. muant tableau de Worms |>ourrait s'appliquer auvsi bien h l'un comme .i

i uiui vn. CCS p.iys.

A Santa Hulalia, dans l'ile d li'i^.i, j .nsiM.u .i ntn danse dair. uiiiiallc l'attitmii iks fenuncs me rap|H-lait un |h-u celle des dtalancs, mais plus molle et plus apaisée, car la jeune fille y tournoie en une sorte de N'alse lente. Au son du laiiih et du flaiilin, des jeunes gens se démenaient furieusement, tandis que les jeunes filles, avec leurs costumes éclatants, les yeux modestement baissés, allaient, ondt>v.mits, les coikIls .uiv IkhkIics. les mains relevées à demi, telles que des idoles.

Ix danseur, au contraire, un foulard roulé à demi autour du cou, un mouciioir ou des castagnettes énormes à la main, en costume de gala, ou vêtu simplement d'une veste courte, se démène, se trémousse, fait des bonds de toutes ses forces et, par intervalles, lance furieusement ses pieds de chaque côté.

Et cette danse mimée a une signification claire. Li jeune fille se balance, douce et cli;iste; le danseur, en f.ice d'elle, la suit, la protège, écarte les prétendants à grands coups de pied et le bond joyeux qui les suit signale sa victoire.

L'ancienne danse populaire du midi de la France, la Farandole, subsiste encore en Provence et en Roussillon où je l'ai vue souvent, autrefois, aux jours de fête patronale dans les villages. Les danseurs en longue file se tenaient par les mains. Quelquefois des mouchoirs enroulés, tenus ;\ chaque extrémité, s'ajoutaient aux nœuds de l'immense chaîne humaine. Les danseurs se mettaient en branle et, p;issant avec rapidité sous les bras les uns des autres, venaient en longue spirale s'enrouler autour d'un couple. La vieille Farandole n'a jamais été abandonnée et les dames de la cour s'y livraient parfois au .wiir siècle. De nos jours, elle est en usage pendant le Cotillon et termine même d'ordinaire le Quadrille américain.

C'est ;\ Barbantane, dit-on, qu tm .i u.msi. ii. mieux la Farandole. Les Provençaux ont tout dit lorsqu'ils ont cité // Faraiidoiilaîre de Barbantano. A Manosque, on voit encore les danseurs de Saint-Pancrace, en costume, danser de vieux pas .sur de vieux airs joués par les lamlwiriiiairfs et fiire la BiavaJf. Cette bravade est une sorte de fant.isia h pied avec accompagnement de coups de fusil et de grands cris, le tout en l'honneur du saint, promené processionnellement. Depuis l'interdiction des processions par la municipalité, les danseurs dansent encore, mais le saint ne sort plus comme autrefois.

i.rs n I \srs en i \ii'i-ri;i:s. ::i

I . < 'iitriftis est une d.iiisc purement c.it.ii.ine .i I.ujiicUl- !i)it r.ia-ir.ciit les feninies preniKiu part. Ixs danseurs se tiennent par la main et se meuvent dans un sens eirculaire. C'est donc une sorte de ronde menée par deux cliorèj^es i]ui donnent le niouvenunt. Ces cliorè'jjes font quelques pas d'un coté, les répètent de l'autre, et le même mouvement est suivi par tous les danseurs. Ce balancement serait monotone, s'il n'était interrompu iin- un l'.itrinu nt r.ipiilf du t.i'iin Limtri.- Il- ^"dii Jl l>ii.il. M.lk'ié CLtte liori-

i..\ i>ASsi-. At mus i(i-; M\( i:nnk> I>■.^pr^.■^ une irravurc iXe Tcpoquc Ju CiniMilal.

ture, le « contrcpas • reste une danse j^rave. C'est une simple curiosité clioréj^rapliique que l'absence de l'élément féminin prive de charme.

Comme on le voit, certaines régions de la Irance ont conservé les vieille.s danses qui leur sont propres. Le littoral de la basse Bretagne offre encore des e.xemples de danses rustiques, dont les origines se perdent dans le pas.sé.

•' A Pontivv, près de Vannes, dit lilise Wiart, des couples qui se suivent figurent alternativement de droite à gauche, et de gauche à droite; l'exécution de ces mouvements monotones s'appelle Jamt : c'est une espèce de Branle. Le nombre des figurants n'est point fixé, on en admet autant que le terrain peut en contenir. Le son de la musette et du hautbois règle ces danses sauvages, dont les airs sont composés de trois me.sures qui se répètent en variant toujours du grave à l'aigu. Dans la haute Bretagne, aux

/ /; .1 r/r M'AWv i.ks miiis

ion exécution. Chnquc couplc iljii'4. In hn.\ i lin droite de Ij femme dans la nuin droite du

.:> Ir.ip|»e des mains en . puis on rrt' : place. Cet exercice se répète jusqu'A ce que l'air soit fini,

lin» )l se ■

M. iii' , qui a étudie avec passion les mélodies populaires bre-

i>ir quelques renseignements sur la danse. De lui j'ai appris

' t souvent lourde chez les hommes, hiératique et

VI' clieac la Icuuih.'. Lt nomenclature des danses bretonnes est, en réalité,

K*. qut. i elles-mêmes. Il y a le Bal, la Gaivllf, le JahaJao, la DàoWf, etc.

. d'après Nf. Ik)ur]gault-Ducoudray, sont celles auxquelles

i': iiiDU uc Girhaix, et ce n'est pas au son du biniou, mais au son de

la \.. .'Il jMtx; i;c deux voix alternées.

Je dois à l'obligeance de M. Merguillier, auquel la Carinthie est familière, quelques ren\vigiiements sur une antique danse champêtre usitée en Gailthal. Hlle a lieu chaque année dans certains villages de cette contrée, sous un tilleul de la place publique, à miJi tt Ntiiles les jeunes filles y peuvent prendre part. Chaque jeune homme choisit sa d.r c'est une grande déception et une grande honte pour une tille de n'être

p.t- Cette danse dure environ un quart d'heure le matin, et se continue le soir

dans les auberges.

Ixs peuples lointains semblent avoir conser\é les fêtes champêtres ayant une signification précise. Le Japon en offre un exemple avec sa danse du Ri;^. Cette danse compte une trentaine de figures, cxécutéx-s par des hommes seuls, ayant pour tout coutume une ceinture de paille de riz, un cha|K-au rond de même matière, rabattu sur . Bottant sur la taille, un petit manteau dont les larges manches simulent une paire d'ailes de papillons de nuit.

Les mascarades, accomp.ignèes de danses nationales, figurent au premier rang des

|H>pulairi-s. On en peut également signaler au Japon. Telle est, dans ce p.ivF,

la danse du Lion Je Corit. Elle parcourt les rues, et les sons discordants du fifre,

du timbre et des tambourins annoncent son approche. .\1. .Miné Humbert nous la

•.roujK de quatre histrions débouche d'une rue. Il y en a trois qui forment 1 iTviiv .'.!(., le quatrième donne la a-présentation. Il s'est affublé d'un trè-s ample nian- 4frau rayé ou tigré, surmonté d'une énorme tête de lion fantxstique. Le monstre s'allonge à volonté et domine soudainement de un à deux mètres les gens qui l'acconipa-

Li:s i).\.\si:.s iiiAMi'jrrnEs.

j^iicnt. Les enfants, tout ;'i l'cntour, poussent des cris où l'eirroi se mêle à la provocation. Quelques petits audacieux s'aventurent jusciu'à soulever les pans du manteau et même à pincer les jambes du mystérieux saltimbanque. Tantôt celui-ci les menace et tourne la tète de leur côté, en ouvrant la gueule et en secouant l'épaisse crinière de morceaux de papier blanc qui encadre sa face écarlate; tantôt il se met à sauter en cadence, aux sons des instruments de SCS acolytes. Lui-même est d'ailleurs muni de son propre tambourin ; mais, dès qu'il cesse de danser, il le dépose, et s'aH'aissant tout .1 coup, il se transforme en quadrupède, exécute quelques grotesques cabrioles, et fmit par se dépouiller de son accoutrement. Alors le monstri.

s'évanouit, mais le jongleur reste. »

Le même auteur nous décrit aussi les fêtes bourgeoises champêtres de la banlieuv de la capitale : on y invite des danseuses ambulantes, dont la spécialité consiste à exécuter des pantomimes, des poses et des ligures de caractère. La plus gracieuse de leurs danses est celle des Éventails, qui est une sorte de pantomime.

« Il existe d'ailleurs, dit encore NL Humbert, des danses nationales que l'on cultive au sein de la .société bourgeoise et qui trouvent naturellement leur place dans les divertissements des parties champêtres. Ordinairement les dames dan.sent .seules. Elles forment un quadrille dont chaque figurante reste en place, en se bornant à se balancer sur les hanches, .'i tourner ou à pencher la tête, à étendre les bras et les mains, tantôt à droite, tantôt à gauche, non sans grâce mais avec une grande monotonie d'action. «

D.VNSE DE nAflM-nOlZOlKS

D'.iprùs le lahlcau Je (iiin'inio. (.-li'iv juloriS3li«n Je J. IloiissnJ, Mjtizi, Jnyjiil cl t'k; c.tilciir.s-f'rcl'ncl.iircs.j

vvfviv »I iii: icv s, vjiutijui

txpiUJiuMi ùi CCS imnivtimiiiN

u'ii pK-cisc et une l()f;iquc.

.:: i{uc pour le pUiïiir J'ex^-cuter, dans un

K...J-...VJUC, ordinairement inspiri-e par les fumi-es

^ du Mki, ou pour faia* sa partie dans les

j rondes qui animent souvent la fin des

I Ivinquets de famille. '

La danse du Ri{ est connue h Madagascar comme au Japon : c'est une véritable pantomime exécutée par un homme. Ix danseur imite d'alxjrd le défrichement, les coups de hache, la cliute des arbres. C'est ensuite l'incendie de la forêt abattue : l'homme court de tous côté-s, stimulant de Il s<iuffle r.iction du feu et, toujours observant la cadence et la mesure, il fait entendre le pétillement de la flamme, les crépitements des branches. Puis ce sont les semailles, et, après que le grain est enfoui dans la terre, l'invocation suppliante aux esprits.

.\1. Désiré Charnay, auquel nous de- MiMs ces détails, nous décrit en phrases colorées la danse des Oiseaux chez les Malgaches.

« Le corjis penché en avant, les bras étendus comme une .sybille antique, la danseu.sc frappe lentement le sol de ses pieds nus; .ses bras avancent, reculent, s'abaissent et s'élèvent ; elle tient à la terre •H'ut s'envoler. L'accompagnement va crtsrtndo, les voix grossissent, les mains b.' :, la Malgache précipite ses coups; le buste reste à peu pré-s immobile

pcndat . bras, semblables à deux ailes, semblent vouloir la transporter dans

l'espace; vains efforts! L'impatience gagne alors la danseuse, une sorte de rage s'empare de tout son être; elle parcourt haletante le cercle qui l'enfemie; le sol devient sonore

iin|'« vie ki>i-iii>ti>>u. {l'nHetHom V<rtr.)

LES n.\\sr:s m a. y ni: tri: s.

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sous le frémissement de ses pieds, et ses bras, ses mains, ses doigts semblent se tordre en convulsions désespé-rées. \'aincuc, elle s'arrête; nous l'applaudissons. »

Les indigènes des Nouvelles- Hébrides se livrent à des danses à l'occasion de la récolte des bananes. « Tous les âges y participent, dit le docteur Hagen, depuis l'enfluit à la mamelle, qui est porté à califourchon sur les hanches de sa mère, jusqu'à la vieille édentéc.... Ces danseuse^ sont artiiblées d'oripeaux de toutes couleurs et forment un cercle duquel chacune se détache à son tour; elle entonne un couplet et les autres danseuses lui répondent en s' avançant vers elle et reculant ensuite. »

Ainsi la danse, reflet des passions humaines, à toutes les époques mêla sa cadence lente ou rapide aux scènes de la vie. On la trouve aussi bien sous le ciel froid du nord que sous le soleil brillant de l'équateur et dans les iles les plus lointaines du Pacifique, car elle est également pour tous les peuples un véritable langage.

En Danemark, dans les cabarets champêtres, les "pères, sous l'archet des violoneux, exercent les enfants; les familles d'Espagne, aux sons de la guitare, regardent avec orgueil les petits s'y livrer, et quelle joie de découvrir chez la fillette une vocation !

Les bachi-bouzoucks exécutent leur danse guerrière devant les leux du bivouac; tziganes et gitanes rassemblent encore la foule, comme au moyen âge lorsqu'elles allaient de ville en ville, portant à travers l'Europe le charme voluptueux des danses orientales.

Il est .\ remarquer en même temps que la danse subit l'influence du climat. Elle n'est

DANSE JAPONAISK (ll\ Kf XVIM* Slfc<r.I-.) Daprès une ;est.impe de Kiyiinair.n. {l'nlk-clinn IVivr.)

t Tn wrn^ t.r.ft xnr.s

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w:.iquc peuple se peint

Jtent une cadence frt-né-

. w, >.^vjn. de leurs mœurs. Elle

:....:. Je paix ou donné le signal de la

: >n, à la J.msf Ju CnJunui toute 1j s.dnir J'inupar la loi.

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LN bAL À I.A ( MAI SSr.i: I) ANTIN : I.1-; lASINU CAUtr U'aprcs la litho^rraphii; de Gavarni.

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