‹ La danseChapitre 65 sur 78 · I.A i»A.\si · texte numérisé non relu

I.A i»A.\si

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tiennent exclusivement à M. Hansen, m.iitre de ballet, lorsqu'il s'agit des répétitions ou des représentations. Le rôle des professeurs se borne .'i les préparer.

II V a peu d'années encore, le b.illet, qui s'intercale dans presque tous nos opéras, était pour l'abonné la première des joies; aujourd'hui on semble y attacher moins d'importance. Il semble qu'il y ait une tendance à en restreindre de plus en plus la place sur notre première scène lyrique.

Cependant l'école classique de la danse française conserve à l'Opéra ses traditions de brio, de grâce et de nobles.se. Ailleurs, sur des .scènes plus fantaisistes, elle disparait pour faire place .'i des danses singulières, charmantes quelquefois, entre autres celles

qui furent exécutées récemment aux Folies- Bergère par les sœurs Barrisson, les Martyn s, combien d'autres encore!... /De ces manifestations chorégraphiques, nous n'en retiendrons qu'une, la danse serpentine, ondoy.uite, lumineu.se, toute de grâce et d'étrangeté, qui fut, pour les Parisiens, une véritable révélation. Par un artifice nouveau, les étoffes chatoyantes et légères dont s'enveloppait la Loïe Fuller s'agitaient autour d'elle, se développant en immenses ailes, se déroulant comme de grands nuages d'or, d'azur ou de feu, sous des jets colorés de rayons électriques. Et, sous les flots de lumière ardente ou pâle, le corps de la danseuse subitement devenait incande.scent, ou lentement .se mourait, spectral et doux, en des colorations diaphanes et changeantes. Et l'on ne se la.s.sait de .suivre les transformations de ces nappes lumineuses et les .succcs.sives apparitions de renchanteres.se, à travers le chaos des étoffes fleuries, dans l'arc-en-ciel ou dans la flamme. La Loïe Fuller, après nous avoir longtemps quittés, est revenue aux Folies-Bergère

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Dans Va dansr du Ffii elle aj>j-..i.iii, ^ .ij;i- ;.int et se tordant dans un torrent de lave incandescente; sa lon(;uc ■ tunique jaillit en jets de flamme, enroule ses spirales brûlantes, i iidoie et tourbillonne, éclate soudain et s'6inouit lentement en un rouge brasier.

«' Modelée dans de la braise ardente, txTit Jean Lorrain dans un article du JiMirml, la I.»)ïi; 1-uller ne brûle pas; elle filtre et suinte Je la clarté, elle est la flamme elle-même. Debtnit dans un brasier, elle sourit, et son sourire a l'air d'un rictus de masque sous le voile rouge dont elle s'enveloppe, ce voile qu'elle agite et lait onduler comme une fumée d'incendie le long de sa nudité de lave. C'est Merculanum ensevelie sous la cendre, c'est aussi le Styx et les rives infernales, et c'est le Vésuve aussi et sa gueule entr'ouvcrte crachant le feu de la terre, que cette nudité immobile et pourtant souriante au milieu d'un brasier avec le feu du ciel et de l'enfer pour voile.

Après le drame teirili.mt du teu, voici la danseuse qui se dresse en une p.ileur et en une pureté de lis. La fleur de rèvc s'élève et s'élève encore, s'épanouit démesurément grandie, atteignant presque les frises. Et les spectateurs, devant ces visions ignées, saisissantes ou sereines, l'.icclament et l'applaudissent avec enthousiasme.

a Dans une mer de ténèbres, écrit encore Jean Lorrain au sujet de cette danse du Lis, une forme grise, indécise, flotte ainsi qu'un fmtôme, et puis, soudain sous un jet de lumière, une blancheur spectrale, une terrifiante apparition. »

Sur cette même scène des Folies-Bergère où s'est produite la Loïe Fuller, un grand nombre de ballets ont été donnés, qui n'ont manqué ni de charme, ni d'éclat, mais qui n'ont pas marqué de date dans l'histoire même du genre et qu'il n'y a pas lieu par conséquent de signaler ici d'une manière particulière.

Je ferai pourtant exception en faveur d'un auteur plein de talent, Michel Cirré, qui, en dehors de la pantomime-ballet de rEnfant prodigue, le modèle du genre, dont

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le succès fut ccl.it.uu, a croc Ruitoii d\'r et R'hiùlin. Rokiii-tlin, dont l.i iiuisique .w.iit ctc écrite par Alkrt Renaud, lut le dernier j^rand ballet joué à l'Iùlcn -Théâtre. L'action dramatique mimée se développait dans une mise en scène remarquable. La d.mse s'y mêlait très intimement .'i l'action, faisant pour ainsi dire corps avec le drame luimême. Pour 1.1- première fois, des rôles de b.dlet, c'est-.'i-dire de mimes, furent teiuis |\.r de véritables comédiens.

R'Klon d'or, musique de Gabriel Fiernè, est une fantaisie lyrique en quatre actes qui fut représentée en i8i).> au Nouveau -Tliè.'itre. L'action du ballet avait été conçue en vue de favoriser des effets de lumière. Le roi des ténèbres, amoureux de l'aurore, était vaincu par les rayons et ses ailes s'évanouissaient dans les clartés célestes après ime lutte oii Rossi fut admirable. Le jeu des couleurs du prisme se mariant avec un arc-en-ciel éblouissant, créé par la Loïe FuUer, y fut appliqué en grand. Les clartés étaient lii^urées par six danseuses aux longues

jupes flottantes sur lesquelles [

couraient mille serpents de feu.

Comme dans les créations de la Loïe Fuller, la danse se résumait plus dans les mouvements des bras que dans ceux des jambes.

C'est aussi dans Bouton i/'i)r qu'eut lieu une répétition au « Foyer de la danse » où se révéla l'acteur Barrai dans le rôle de maître de ballet.

Quant aux bals publics, à nos vieux bals si amusants jadis, la plupart ont disparu; ceux qui restent sont dégénérés. Au sommet de la butte Montmartre, de la « grande butte » , au Moulin de la Galette, s'est préparée l'éclosion d'une nouvelle école, l'école de la danse excentrique et du quadrille naturaliste. Elle a depuis rempli de ses succès vul-

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