La Danse proprement dite. Les Classes. — Nous
dirons en quelques mots quelle méthode est employée dans notre Ecole de danse pour former un danseur.
Il est nécessaire que le corps soit rompu aux premiers exercices pendant l'enfance. Les élèves, garçons et filles, commencent leurs (( classes » entre six et huit ans. Lorsque, après un très minutieux examen médical, ils sont reconnus aptes à la danse et inscrits sur le registre officiel de V Ecole, ils sont tenus à l'assiduité la plus rigoureuse. Les leçons ont lieu chaque jour dans la matinée, et durent une heure et demie.
Un seul maître préside aux études des garçons. Mais les filles passent sous la direction successis^e de quatre professeurs.
La première classe est celle des jeunes filles externes^ divisées en Petites et en Demi Grandes, La durée des études y est d'au moins deux ans. Les examens d'entrée dans la classe suivante, celle des Quadrilles, prennent l'importance de vrais concours, le nombre des places étant limité; cette classe comprend deux sections; on es.t admis d'abord dans le deuxième Quadrille et il faut subir avec succès de nouvelles épreuves pour faire partie du premier. L'accès de la classe des Coryphées, qui suit, est déjà difficile. L'entrée dans celle des Sujets est un concours redoutable qui élimine un grand nombre d'aspirantes; dans cette classe supérieure on distingue les Petits et les Premiers Sujets. Il faut quinze ou vingt. ans pour parcourir ces nombreuses étapes. La danseuse est prête alors à jouer son rôle dans les ensembles chorégraphiques sous la haute direction du Maître de Ballets, qui en est l'ordonnateur.
Lorsque le danseur est formé il doit, pour entretenir et développer
ses aptitudes musculaires, se livrer à des exercices quotidiens açec une persévérante régularité. Les artistes les plus brillants, hommes et femmes, sont tenus d'exécuter chaque jour, dans les foyers d'études, des mouvements de toute espèce, indispensable préparation aux représentations du soir. Le public ne sait pas avec quelle patience et au prix de quelle fatigue ils soumettent leurs membres, leur corps tout entier^ à une gymnastique sévèrement disciplinée. Le danseur y en effets na pas seulement à acquérir un mécanisme irré" prochable : il doit arriver à manquer son effort. Dans nos danses modernes, cet effort est bien plus grand que l'artiste ne le laisse paraître : de là vient la nécessité d'un travail persistant et tel que les divers muscles soient toujours capables d^agir avec vigueur et de réagir avec souplesse; de là aussi sans doute V attachement passionné des danseurs pour leur art, qui leur a coûté tant de peine et dont la possession ne leur est assurée que par un continuel labeur.
325. Les classes et les foyers d* études sont de grandes salles carrées dont le plancher est incliné sensiblement. Le long des murs sont disposées des barres d^ appui employées dans les <c exercices à la Barre » par lesquels toute leçon de danse doit commencer. Ils sont faits pour donner au corps l'élasticité voulue et occupent en durée un tiers de la leçon, La Barre est fixée à une hauteur telle que les mains en s'y appuyant se trouvent au niveau de la poitrine. Pour poser le talon sur la Barre, la jambe qui se soulève forme, avec la jambe d'appui, un angle obtus très prononcé, La Barre soutient le haut du corps, mais elle n'est quun adjuvant temporaire et tous les mouvements quelle favorise doivent être répétés ensuite sans son secours.
Elle sert d'abord à assurer la stabilité de Vélève dans les exercices élémentaires qui ont pour objet la pratique des Positions fondamentaies : la tenue des pieds tout à fait en dehors (97) est une grande difficulté pour les débutants, La Barre leur vient en aide et peu à peu ils apprennent à s'en passer.
Les Exercices Préparatoires {Plies, Dégagés, Battements^ Ronds de Jambes, premiers Temps de Pointes, etc) s'exécutent à la Barre tant que le novice n'a pas acquis l'aisance et l'aplomb nécessaires. Lorsqu'il sera maître de son équilibre, il n'en continuera pas moins