Vases de style orientalisé. — On les VIP siècle
trouve dans les Iles de TArchipely en lonie et dans la Grèce propre. Les principaux centres de fabrication sont Rhodes, Milo et Corinthe. L'influence orientale est évidente dans le choix des motifs d'ornementation. Les personnages sont encadrés par un décor végétal et animal emprunté sans doute aux industries textiles des pays orientaux. Une couverte blanchâtre, étendue •sur toute la surface du vase, sert de fond aux ornements et aux figures ; ceux-ci sont souvent répartis en zones parallèles superposées.
Vers le milieu du vu* siècle, un nouveau procédé de dessin apparaît sur les vases, celui de Y incision. Il consiste à dessiner à la pointe les contours des figures ; la pointe enlève la peinture et le fond clair de l'argile reparaît. Les rapports de cette technique avec la métallurgie sont évidents. La présence de traits incisés sur les vases a une grande importance dans l'établissement de la chronologie céramique.
La polychromie, toute conventionnelle, se réduit au blanc, au noir et au rouge. Le coloris, dans son ensemble, a pour caractère la clarté, la gaîté.
Les mouvements orchestiques représentés se font plus souples et plus hardis. La marche sur la demi Pointe (102), la course agenouillée (77), le saut, marque par la flexion des genoux (300), deviennent autant de formules souvent répétées. Les danses burlesques du kômos (415) sont un des thèmes 'préférés des peintres céramistes du vu* siècle. Les files de guerriers en armes, de la série précédente, si elles ne disparaissent pas entièrement, font souvent place a des combats singuliers : deux héros casqués, affrontés, qui doivent être parfois de simples pyrrichistes (358),
se menacent de la lance. Tous ces personnages sont encore d^assez vilains bonshommes; mais» par leur individualité déjà marquée^ ils sont en très grand progrès sur les types uniformes du style géométrique.
VP siècle. 10. Vases & fig^ures peintes en noir sur fond
d'argile rouge. — La fabrication et le style attiques deviennent prédominants : le décor végétal et animal disparaît. Le goût sévère et peut-être trop exclusif des peintres de vases attiques élimine tout élément pittoresque; ils ne s'intéressent plus qu'à la figure humaine et lui sacrifient entièrement la faune et la fleur. Les per.<«onnages se détachent sur le champ* que les ornements de toute sorte ne remplissent plus. La couverte blanche est abandonnée : la pute de Fargile, rougie avec de Toxyde de fer, donne un fond fauve et doux sur lequel tranchent vivement les figures peintes en noir. Le procédé de Tincision (9) est tout à fait généralisé. Les peintres se servent souvent d^engobes ou retouches blanches pour les chairs des femmes; les chairs des hommes restent noires (fig. 504, 505).
La technique s'affine, et bien que le dessin soit encore d'une raideur archaïque, les mouvements se font libres; mais ils sont rarement très amples et ils ne s'écartent pas des formules compatibles avec la simplicité de la représentation, — simplicité vers laquelle les peintres céramistes tendent de plus en plus.
Les danses funèbres, les danses militaires, les danses du kômos continuent à jouir de la mémo faveur, mais des scènes orchestiques nouvelles apparaissent : cortèges de dieux précédés d'un joueur de lyre ou d'un joueur de flûte qui rythme le pas des Immortels; Satyres et Ménades du cycle de Dionysos, dansant en l'honneur de leur maître, qui parfois figure au milieu d'eux; choreutes du théâtre, en rangs et en files, etc. Il faut mentionner aussi, sur les
VASES PEINTS
Amphores Panathénaîques * (données en prix aux vainqueurs des jeux gymniques), des scènes de palestre (course, saut, jet du disque ou du javelot, etc.), qui ont, avec les danses proprement dites, plus d'un trait commun (372).
1 1 . Vases & figures rouges sur fond noir. —
A partir de 470 environ la technique des peintres céramistes se transforme entièrement : ils appliquent en sens inverse les procédés du vi° siècle. C'est la figure qui est réservée sur le fond rouge de Fargile et encadrée dcins un fond noir. L'incision ne tarde pas à disparaître. Dans l'intérieur des figures les détails sont obtenus par des traits noirs, dus a la touche légère du pinceau. Le dessin s'assouplit ; la raideur archaïque fait place à une parfaite élégance (planche I, fig. 481,552). Les scènes restent simples.
Toutes les représentations orchestiques signalées plus haut se retrouvent sur les vases du v" siècle. La mimique funèbre prend une importance capitale sur les grands vases funéraires, dits foutrop/iores, et sur les lécyihes à fond blanc (13), qui sont des objets rituels du culte des morts.
Les danses de caractère ne sont pas rares sur les peintures céramiques du v° siècle.