‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 12 sur 166 · Suite des Vases à figures rouges. — Ces · texte numérisé non relu

Suite des Vases à figures rouges. — Ces

vases, une fois créés, subsistent avec la même technique jusqu'à la fin du iii« siècle, époque à laquelle parait cesser entièrement en Grèce la fabrication des vases peints. Mais il y a lieu de distinguer, par leur style, les œuvres céramiques du iv° siècle d'avec celles

du

IV* siècle, — L'habileté du peintre se complaît aux minuties; les mouvements sont interprétés avec une science parfaite ; les draperies flottent et se fouillent.

V* siècle.

IV« et IIP

siècles.

1. Par respect pour une sorte de tradition ritueUe, la technique à figures noires persistera sur les Amphores Panathénaîques ^ aux siècles suivants.

En même temps, les scènes représentées se compliquent : les personnages sont souvent disposés sur plusieurs plans. Le pinceau de Tartiste acquiert une surprenante virtuosité : les danseuses voltigeant, les danseuses tourbillonnant et gonflant au vent leurs longs voiles, le tentent et ne le déconcertent pas : quelques-unes de ces fantaisies orchestiques sont des chefs-d'œuvre.

Il est presque inutile de faire remarquer, si Ton songe à la perpétuité de la tradition chez les Grecs, que tous les sujets antérieurement traités, ou ii peu près, se retrouvent sur les vases du iv* siècle.

m* siècle. — Le dessin s'alourdit; le style se perd. Les retouches blanches se multiplient. La confusion s'introduit dans les scènes représentées, par la prodigalité des figures. La décoration florale envahit peu à peu le champ du vase dont l'aspect se fait à la fois lourd et riche.

Parmi les sujets traités, les scènes dionysiaques, les Bacchanales, sont prédominantes. C'est un véritable débordement de Satyres et de Ménades ; ils se livrent aux danses les plus mouvementées, les moins eurythmiques, à grand renfort de tympanons et de crotales. Souvent Éros Hermaphrodite voltige au milieu d'eux, marquant par sa présence la fusion qui s'est faite entre le cycle d'Aphrodite et le cycle de Dionysos *.

13. Pour plus de simplicité, on a négligé de suivre, dans cet aperçu trop sommaire, le développement de la peinture sur* fond blanc dont les vases du vu* siècle (9) sont le point de départ. Le VI* siècle et les suivants ne renoncèrent pas à cette technique ; elle se développa au contraire en série parallèle à celles qui ont été indiquées ci-dessus, et elle ne se confond pas avec elles.

Les lécythes funéraires (vases à parfums déposés auprès des

1. Les peintures ù fresque de Pompéi [fin du ii* siècle et commencement du i"] doivent être considérées comme des imitations industrielles de l'art g'rec alexandrin.

morts] du v* et du iv« siècles, dont les plus beaux sont attiques, appartiennent à cette catégorie. Les figures y sont peintes en profil, au simple trait et transparentes, avec une légèreté et une sûreté de main qui dénotent une habileté prodigieuse (fig. 547, 548).

14. Art archaïque. — La sculpture en Grèce VIPetVP s'est développée plus tardivement que la peinture, qui siècles, prend sur elle une avance considérable. Au vu® siècle, les arts plastiques en sont encore à d'informes essais, alors que les peintres céramistes — et sans aucun doute les peintres de fresques, leurs modèles, perdus pour nous — produisent des œuvres de très beau style. Le caractère commun à tous les monuments des premiers âges de la sculpture grecque est la raideur, souvent la gaucherie des mouvements figurés. Aux antiques statues de bois (les Çoava), sortes d'idoles rigides, tout d'une pièce, que l'on parait de riches étoffes, succèdent des dieux de marbre qui ne sont guère plus souples. Au vi® siècle, seulement, les bras se détachent du corps, les jambes s'espacent, la statue se met à marcher. Au commencement du v° siècle la technique est déjà savante, et si par leur caractère les œuvres sculpturales des premières années de ce siècle se rattachent encore à ce qu'on est convenu d'appeler YArchaîs^mey elles font pressentir les chefsd'œuvre de la période suivante.

Parmi les monuments auxquels on aura Foccasion de se reporter dans le cours de cette étude et qui appartiennent h la fin du vi® ou au commencement du V* siècle, citons :

Les statues viriles qui marchent toutes du pied gauche;

Les métopes de Sélinonte;

Les petits bronzes de Dodone ;

Les statues féminines polychromes de V Acropole ;

Le monument des Harpyes;

Les bas-reliefs de Thasos;

Les frontons d'Egine,

Les mouvements figurés sont généralement simples, mais les thèmes sont nombreux : types divers de la marche et de la course ; poses et gestes conventionnels (geste de la tunique, geste du voile, par exemple), qui deviendront de véritables formules et se perpétueront à travers tout l'art grec (43, 44) ; files de personnages ; scènes de combat, etc., sont les principaux motifs mis en honneur par Tart archaïque. S'ils n'ont pas trait directement h l'orchestique ils s'y rattachent par le mouifement, dont ils préparent les différentes formes.

A la fin du vi® et au commencement du v* siècle appartiennent des plaques estampées déterre cuite^ qui sont de véritables reliefs et ne peuvent se confondre avec les plaques peintes de la même époque. Des scènes de mimique funèbre, des danses exécutées par des courtisanes agitant des crotales, témoignent de l'avance que peuvent prendre sur les sculpteurs les artisans de l'argile, en raison de la plasticité de la matière employée. Mais les figurines de terre cuite proprement dites, en haut-relief, restent encore très grossières.

V^ siècle. 15. Kalamis; Myron; Polyclète; Paeonlos;

Phidias. — Le v* siècle, épris d'un idéal très élevé, va créer des œuvres sévères, tout imprégnées du sentiment religieux qui domine cette époque.

Principaux monuments :

Frontons y métopes^ frises du Parthénon;

Frontons y métopes d^O/ympie;

Frise de Phigalie;

Frise de la Victoire Aptère (Athènes) ;

Niké de Paeonios;

Héroon de Trysa (Ghieul-Baschi) ;

Les danseuses d*Herculanum (bronzes).

La technique a atteint toute sa perfection,, et les mouvements les plus hardis entrent dans Tart; ils conservent toutefois un caractère de noblesse, qui n'ôte rien à leur ampleur en excluant toute exagération. La marche lente des cortèges qui défilent, les danses plastiques exécutées par de belles jeunes filles ne sont pas les seuls mouvements orchestiques inter* prêtés par les sculpteurs du v° siècle. Ils ont fait parfois tourbillonner des danseuses et gonfler les tuniques en gracieux coups de {>ent (268) ; Paeonios a lancé sa Victoire dans les airs avec une maîtrise qui ne sera pas dépassée.

Les figurines de terre cuite du v* siècle reflètent le style sévère de la grande sculpture.

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