PAS DE TROIS
340. Trois Femmes. — Plusieurs coupes du Louvre (salle E) présentent des groupes de trois femmes nues qui dansent dans un désordre parfait. Leurs mouvements sont grossiers, rudimentaires. Ils se rattachent à ces sauteries sur place qui ont été décrites antérieurement (299 à 305).
« LA CHOREGRAPHIE.
L'interprétation de la figure 502 est très difficile. Un semblant de
perspective parait indiquer que la danseuse B est plus éloignée du
spectateur que ses deux compagnes. Peut-être fuut-il disposer les
g trois , femmes sur une piste circulaire
j-'—Pr-'.^ (''S- 503), à égale distance les unes des
ç^>^x — ''^^^^ autres, ouvrir les bras des danseuses A
et C autant que ceux de la danseuse 6,
Vh et construire de la sorte une ronde à Jl chaînons brisés , — que l'allure des /^ / jambes, il faut l'avouer, n'exprime ^' Ue.
^S^ 341- Un Homme entre deux
Fig. 503. Femmes.
Fig. 504 : un Satyre sautille sur place (300) entre deux Ménades. Celles-ci dansent avec leurs bras, et leur gesticulation, sans être rigoureusement symétrique, sert néanmoins à encadrer les mouvements sautés du personnage central.
342. Une Femme entre deux Hommes. Fig 505 : une Ménade entre deux Satyres. Celui de gauche saute sur place d'une jambe sur l'autre ; sou pendant de droite exécute peut-être les Glissés simultanés des deux pieds (226), bien que la pointe de son pied droit n'effleure pas le sol. La Ménade renverse
PAS DE TDOtS. 243
la tète dans un mouvemeat orginstique. Les Positions des bras
Vie- 505.
de ces trois danseurs rappellent le type fondamental de la figure
LA. CHOREGRAI>HIlI.
mais nitéré par des angles brusques, aux articulations du poignet et du coude.
Fig. 506 : les trois Bacchants courent du même pas (78) ; la jambe d'appui marque par son fort fléchissement (73, 300), que
les sauts successifs, dont se compose leur allure, sont plus accentués que les sauts constitutifs de la course normale (69). Ce Pas rudimentaire, exécuté par trois danseurs dont le groupement est nettement indiqué, est remarquable par la simultanéité et la similitude des mouvements des jambes : les trois personnages bondissent et retombent au même moment (282), avec un ensemble qu'il est rare de pouvoir constater. La gesticulation de leurs bras, grotesque et facile à imaginer, est toute bachique (142).
TROIS DANSEUSES ET UN CONDUCTEUR
343. On trouve, h toutes les époques de l'art grec, un groupement caractéristique de trois danseuses qui se suivent h la file ou qui s'avancent de front et sont précédées le plus souvent d'un Conducteur. Les trois femmes sont des Kharites, ou des Nymphes, ou des
TROIS DANSEUSES ET UN CONDUCTEUR
Heures. Le personnage qui les accompagne est Hermès, Pan ou Dionysos; quelquefois il est impossible de lui assigner un nom. Ce thème a de nombreuses variantes. Ses trois types principaux * sont les suivants :
344. Le dieu Conducteur précède les trois femmes sans leur donner la main. — Un bas-relief votif trouvé sur
TAcropoIe et qu'on peut dater de la fin du vi^ siècle, nous fournit une des plus anciennes représentations de ce genre. Hermès, enveloppé dans un ample manteau, précède les trois femmes (trois Kharites?). Il joue de la double flûte et rythme leur pas. Vêtues du costume ionien, les danseuses s'avancent à une allure bien lourde; les pieds s'appuient sur le sol par toute la plante. C'est à peine si le sculpteur a osé soulever le talon gauche de l'une d'elles (fig. 19). La figure 507 montre de quelle manière ces femmes se tiennent au poignet (èitl xaoTîw). Leur danse se réduit à une marche rythmée, sans caractère. Un ex-voto d'Eleusis substitue h Hermès son fils Pan, aux pieds fourchus; celui-ci, qui joue de la syrinx, précède trois Nymphes. Le petit cortège se dirige vers une tête de fleuve barbu sculptée à gauche, dont la présence permet d'attribuer aux trois femmes leur
véritable nom. Elles se suivent en file en se tenant par l'extrémité d'une draperie qui flotte derrière leurs épaules et qui est le rabat d'un large manteau dans lequel elles sont tout entières enveloppées (fig. 508). Leur marchecadencée est souple mais d'allure calme : la présence de Pan n'enlève pas a cette orchestique si simple son caractère religieux.
Fig. 508.