‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 136 sur 166 · MIMIQUE · texte numérisé non relu

MIMIQUE

transforme-t-elle pas le couple en un personnage hybride qui ne peut plus rien exprimer par ses mouvements et à qui tout geste devient impossible? Dans nos danses de société l'homme et la femme s'enlacent étroitement : chacun des danseurs conserve uniquement l'usage de ses jambes; le haut du corps et les bras sont presque immobilisés. Même les mouvements des jambes se trouvent limités à tel point qu'ils se réduisent à la répétition monotone des mêmes formules.

L'indépendance est si chère au danseur grec que l'homme et la femme, en formant un couple orchestique, paraissent craindre de se toucher. Ils s'agitent en face l'un de l'autre, sans souci de la simultanéité de leurs mouvements, ni de leur symétrie. Au milieu des Bacchanales on peut fréquemment reconnaître des groupes de deux — ou de trois — danseurs qui, tout en exécutant des Pas, miment une scène erotique. C'est dans cette mimique qu'il faut chercher la raison d'être du groupe, — dans cette comédie amoureuse qui se joue en même temps qu'elle se danse.

Toujours, partout, le danseur grec « imite ».

425. Ne lui soyons pas trop sévères s'il met peu de soins à régler ses Temps et ses Pas.

Nous en conviendrons de bonne grâce : sa science est modeste, son habileté médiocre. Il ne peut pas lutter avec notre danseur qui met quinze ou vingt ans à s'instruire de son art. Mais si Torchestique grecque dans sa technique, — dans son mouvement, — est inférieure à la nôtre, il ne serait pas impossible de montrer qu'elle prend sa revanche sur un autre terrain.

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