Geste du voile. — L'ampleur du manteau grec permet à
la femme d'en faire ii son gré un manteau, un voile, une écharpc
longue. Le geste du voile consiste à écarter de la tète ou du buste
l'enveloppe qui les couvrait. Au v® et au iv® siècles, Tintention de ce geste est avant tout pudique : le voile est un rempart mobile derrière lequel la femme se retranche. Le geste par lequel Tépouse éloigne de son visage le voile qui le cachait a été appelé le geste nuptial-, un exemple admirable s'en trouve sur une des métopes de Tlléraion, à Sélinonte (14). En face de Zeus, assis sur un rocher, sa divine épouse se tient debout « entr'ouvrant son
voile avec une exquise pudeur; c'est l'attitude recueillie, le geste
chaste de la jeune épousée qui se dévoile dans la chambre nuptiale »
(Collignon). Le geste d'une Latone ar-
chaïsante (18), au Louvre, bien qu'il
soit empreint d'une grande noblesse,
n'est plus qu'un motif de décoration
(fig-3).
L'Aphrodite genitrix de Myrina (17)»
qui appartient d'ailleurs ii un type du IV* siècle, conserve encore au geste du voile son acception primitive ; c'est une chaste déesse qui se défend contre l'indiscrétion des regards (fig. 4). Mais à partir du m* siècle le voile n'est plus une barrière toujours prête a se fermer. La draperie que l'Aphrodite sensuelle de la période hellénistique écarte en minaudant, n'est qu'un prétexte à faire saillir le nu; elle ne sert qu'à souligner certaines intentions de l'artiste qui en use comme d'un accessoire favorable aux sous-entendus.