Représentation de la marche sur les monuments
figurés. — Sur les monuments les plus anciens, vases et reliefs, les jambes des marcheurs se présentent sous un aspect particulier, qui est une simplification en usage chez les artistes primitifs : elles sont vues de profil, plus ou moins raidies et les pieds s'appliquent au sol par toute la plante. Cette convention, qu'on retrouve dans Tart égyptien, et qui paraîtrait devoir être une gaucherie propre à Tarchaïsme, est cependant restée jusqu'à un certain point traditionnelle dans l'art grec ; elle revit sur quelques monuments de la plus belle époque. La frise du Parthénon l'a consacrée (67). Après les observations qui ont été présentées plus haut sur la marche normale (62, III), nous n'avons plus à faire ressortir l'impossibilité de la marche sur la double piante.
Quelques artistes archaïques semblent l'avoir intentionnellemeut rejetée : ils lui ont substitué une autre convention par laquelle ils ont cru traduire mieux l'allure des marcheurs. C'est ainsi que, sur le célèbre vase signé d'Aristonophos * (commencement du vii° siècle, d'après Pottier), Ulysse et ses compagnons paraissent esquisser un pas de danse. Dressés sur la pointe des pieds, ils s'avancent en file, soulevant l'énorme pieu qu'ils enfoncent dans l'œil du Cyclope. On conviendra que la scène n'a rien d'orchestique : il ne saurait être question, sur un vase de cette époque, de la figuration d'une scène comique empruntée h une sorte de drame satyrique. Les captifs de Polyphème ne dansent donc pas. Ce qui peut le prouver, du reste,