‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 32 sur 166 · Représentation de la marche sur la fMse du Par · texte numérisé non relu

Représentation de la marche sur la fMse du Par

thénon (15i, — Autant que l'état des bas-reliefs permette d'en juger, presque tous les personnages de la frise marchent sur la double plante, qu'ils soient isolés {fig. 21) ou groupés deux à deux (fig. 22). On peut rapprocher dos figures de la pompe panathé-

naïque certains groupes peints au vi" siècle sur les vases et faire

d'utiles comparaisons.

Un assez grand nombre de vases n figures noires (10) sont ornes de cortège smenés pfir Hermès ou par Apollon. Le dieu conducteur est suivi de femmes groupées de différentes manières. Les gestes sont presque toujours symétriques ; les profils des figures.

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de la tète aux pieds, sont parallèles. Les pieds débordent les uns sur les autres, par devant (fig, 23) ou par derrière (fig. 24), sans que le peintre se soucie d'en indiquer le pj^ j, p^^ „

nombre utile.

11 est certain qu'à chaque époque les décorations céramiques sont le reflet de la grande peinture; il peut donc être intéressant de constater

que, dans l'œuvre de Phidias, la perspective n'est pas sensiblement dilTérente de celle que pratiquaient les peintres du vi° siècle. Même parallélisme des profils, même symétrie dans les gestes, même disposition des pieds qui débordent les uns sur les autres, même marche sur la double plant*. Seulement, au Parthénon, la raideur archaïque a fait place â une merveilleuse souplesse. Le poids du corps porte sur une seule jambe; l'autre s'infléchit légèrement au genou pour montrer qu'elle est agissante.

On croirait, h première vue, que ce cortège est arrêté. A ne considérer en efl'et que leur attitude et leur aplomb, ces beaux personnages paraissent être immobiles. Rien dans leur aspect n'exprime la marche, dont le caractère est, suivant l'expression de Marey, une perpétuelle instabilité. Et cependant il n'est pas douteux

que ces jeunes filles porteuses des phiales et des œnochoés (les vases a libation), ces hydriophores, ces joueurs de flûtes, ces citharistes, ne s^avancent lentement, dans la paix recueillie d*un cortège sacré. La preuve en est dans la présence, à côté du cortège, d'un certain nombre de personnages, visiblement immobiles ceux-là, et qui semblent s'être arrêtés pour voir défiler la pompe. Sur la frise, l'absence d'avant ou d'arrière-plan peut faire supposer que ces spectateurs ou ces ordonnateurs s'interposent entre les rangs de la procession ; mais il faut les en faire sortir, en. rétablissant la perspective que le bas-relief n'indique pas. Fait remarquable : les positions des jambes de ces personnages arrêtés sont plus variées et, si l'on peut dire, plus mouvementées que chez les miircheurs du cortège. Témoin ces deux hommes qui, sur le fragment du Louvre, font face à des couples de femmes se dirigeant vers la gauche. L'un d'eux tient une corbeille; l'autre, un ordonnateur de la Pompe sans doute, paraît en surveiller le déploiement. Tous deux, vus de trois quarts, sont appuyés sur la jambe gauche; leur jambe droite est assez fortement pliée au genou pour que la pointe du pied seule puisse toucher le sol. Le talon droit, que la perspective nous masque, est nécessairement soulevé. Mêmes observations relatives il la seconde porteuse de sièges (diphrophore) de la frise nord. Cette femme, qui se présente tout à fait de profil, vient de s'arrêter pour se décharger de son fardeau, aidée par une compagne qui lui fait face. Ce qui reste de sa jambe droite permet de voir le genou fléchir et le talon se soulever.

C'est donc un parti pris : les marcheurs du cortège ont les talons à terre; les personnages immobiles s'appuient sur une jambe, et, de l'autre pied, ne touchent le sol que par la Pointe. Il ne saurait être question d'inexpérience dans une telle œuvre : l'artiste a voulu traduire la lenteur rituelle d'une procession athénienne. L'antique convention de la marche sur la double plante lui a paru plus capable que le mouvement vrai d'exprimer le caractère hiératique de la cérémonie. Avec cette convention il en adopte une autre, celle de la perspective particulière à la marche dans les bas-reliefs archaïques (29), montrant ainsi qu'il entend bien faire avancer ses personnages, à la même allure et du même pas.

Sans doute il ne faut pas prétendre interpréter avec précision les détails d'un ensemble conçu dans un style essentiellement décoratif : ce serait s'exposer à y voir plus clair que Fauteur, qui s'est soucié plus de la beauté plastique de son ouvrage et de sa convenance religieuse que de la réalité des mouvements. Il faut au contraire dégager les formules générales, et pour ainsi dire abstraites, auxquelles il s'en est tenu, par tradition.

68. Pour montrer la persistance de la marche sur la double plante nous citerons encore :

Du IV* siècle, un bas-relief ii sept personnages, dans lesquels Beulé voit des choreutes divisés en deux demi chœurs. Ils sont précédés d'un coryphée ou du chorège lui-même. Ils marchent h petits pas, le bras dans le manteau (fig. 52(3) ;

Une peinture sur enduit d'un tombeau grec de Ruvo, qui n'est pas antérieure au m* siècle, et représente une danse exécutée par vingt-sept figures distribuées en deux groupes (fig. 530). En dépit du mouvement qui paraît entraîner les personnages, vingt-six d'entre eux courent plutôt qu'ils ne marchent, sur la double plante. Seul, un des deux conducteurs relève gauchement la jambe droite;

Du I*' siècle enfin quelques monuments archaïsants, entre autres ce médiocre bas-relief dit les Kharites de Socrate i^Vatican)x

LA COURSE

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