‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 9 sur 166 · SOURCES · texte numérisé non relu

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en révèle, est une source d'information directe et féconde à laquelle doit puiser Thistorien de la danse.

4. Les Textes des auteurs, qui sont nombreux, viennent coordonner les indications fournies par les monuments figurés et par la Rythmique. Non pas que la conciliation soit toujours facile, ni simplement possible. Mais à défaut d'un traité méthodique — qui semble n'avoir jamais été composé, — ils permettent de connaître les idées des Grecs sur l'orchestique et de délimiter le domaine de cet art. Ils nous le montrent singulièrement vaste et beau, et s'ils nous renseignent mal sur les procédés gymnastiques de la danse, ils nous apprennent qu'elle est un art divin, et qu'elle joue dans l'éducation de l'homme un rôle considérable. Ils permettent aussi de dresser une longue liste des danses pratiquées en Grèce en divers temps, mais c'est là leur moindre avantage. De ces danses, en effet, ils ne nous font guère connaître que le nom, et si l'on s'en tient à de telles indications, on ne peut obtenir que des catalogues mal ordonnés.

C'est à ce fastidieux et inutile travail que se sont bornés jusqu'ici les chercheurs. La compilation de J. Meursius, parue en 1618, n'est qu'une laborieuse énumération, par ordre alphabétique, de tous les mots qui ont paru au philologue hollandais désigner une danse. Il serait inutile de chercher dans cet ouvrage, non plus que dans celui de Krause {Gymnastik und Agonis tik der Hellenen^ Leipzig, 1841), les éléments d'une restauration de la danse grecque antique, même approchée. Les opuscules de Buchholtz, deKirchhoff, de Flach, ne sont pas plus explicites. S'en tenir aux textes en effet, c'est se vouer à l'incertitude et à la confusion. Le Dialogue de la danse, de Lucien, n'est qu'une boutade, pleine de gaîté, dont la pantomime romaine fait tous les frais. Le discours de Libanius sur les danseurs (Oîîsp Ttov opyTiorûv) est de plus basse époque encore : du IV* siècle après J.-C. Les compilateurs et les lexicographes, Athénée, Pollux, Proclus, Héphestion, Ilézéchius, Suidas, etc., tous postérieurs a l'époque classique, accueillent sans discernement les informations les plus contradictoires. Quant aux Scoliastes, ils sont le fléau de la philologie naissante : chercher avec eux la clef de l'orchestique grecque, c'est se condamner à ne la trouver

jam^iis. Ils ignorent ce dont ils parlent; ils donnent du même mot les interprétations les plus diverses et se garderaient bien de faire un choix.

Faut-il demander à Platon, à Xénophon, à Aristote, qui dissertent volontiers sur la dignité de la danse, sur ses bienfaits, de nous apprendre ce qu'elle est? Mieux vaudrait s'adresser aux comiques, aux tragiques même, dont les personnages dansent et parfois, en scène, disent comment ils dansent.

Toutes ces indications fournies par les textes ont, à coup sûr, une valeur et un intérêt. On en peut tirer des vues d'ensemble et y découvrir toute une philosophie de la danse bien faite pour nous surprendre ; on y trouve aussi d'utiles commentaires des monuments figurés. Mais à elles seules elles restent stériles.

5. La méthode qui s'impose pour étudier la danse grecque antique est donc toute différente de celle qu'on a suivie jusqu'ici : c'est aux images orchestiques relevées sur les vases et les reliefs que nous demanderons nos premières leçons de danse.

Ces Images nous apprendront comment les Grecs dansaient dans V espaces — la Rythmique nous aidera ensuite à découvrir comment ils dansaient dans le temps \ — les Textes nous diront pourquoi ils dansaient et quelle valeur morale était attribuée à la danse. En dernier lieu il faudra, par un effort de synthèse, chercher h concilier des témoignages si nombreux et d'ordres si divers, montrer que les mouvements, les rythmes, l'esthétique de cet art s'unissaient dans un harmonieux ensemble. On n'a d'autre ambition, dans cet Essai, que d'indiquer une méthode rigoureuse applicable à l'étude de l'orchestique grecque. Afin de parvenir à ce but, on divisera les difficultés « pour les mieux résoudre ».

Nous supposerons d'abord que seuls les monuments figurés nous parlent de la danse grecque, et nous éliminerons provisoirement toutes les autres sources.

Quels sont ces monuments? Comment doit-on les interpréter? Quelle est la valeur des indications qu'ils fournissent? Quelles conventions comportent-ils?

6. Les monuments figurés, auxquels sont empruntées les représentations orchestiques qui sont la base de cette étude, s'échelon-

VASES PEINTS

nent sur une longue série de siècles. Depuis les vases du Dipylon jusqu'aux objets d'art gallo-romains, dont la provenante ou le modèle sont encore helléniques, il s'écoule plus de douze cents ans. Les transformations de la technique, bien plus que les transformations des sujets représentés, permettent d'assigner une date approchée aux vases et aux reliefs. Quelques-uns, mais c'est le petit nombre, ont pris leur rang définitif dans la chronologie. Tous les autres appartiennent à des séries dont la durée est variable et dont les limites mêmes ne sont pas toujours nettement fixées. I-es archéologues, par une interprétation méthodique qui a, depuis peu d'années, établi une chronologie, trouvent à chaque instant, dans de nouvelles découvertes, l'occasion de la modifier. Mais les résultats acquis fournissent dès maintenant des points de repère assez sûrs, et le tableau suivant peut être considéré comme un cadre vraiment utile :

VASES PEINTS

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