‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 96 sur 166 · Fig · texte numérisé non relu

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19e RECONSTITDTION DES TEMPS ET DES PAS.

308- Danses Cambrées. — Elles sont très nombreuses (157, 165). La Cambrure (156) s'applique dans l'orchestique grecque à toutes sortes de Pas. Elle s'exagère au fur et à mesure que l'on descend dans la série des monuments figurés. Ce sont les basreliefs alexandrins (17) et gréco-romains, les plaques de terre cuite du i" siècle (18), les camées de l'époque impériale, qui fournissent les types de cambrure les plus accentués. Dans l'origine, ces Positions excessives qui supposent des mouvements violents, n'étaient pas l'apanage exclusif des Bacchants, mais, à partir du iii° siècle, on ne les voit plus attribués qu'aux suivants de Dionysos.

La Cambrure du torse est le plus souvent accompagnée du renversement de la Tête en arrière. Quelquefois cependant, par un contraste voulu, ta Tète est penchée en avant (158) sur un Corps cambré (fig. 199, C).

Dans les Danses Cambrées, il faut distinguer le cas où la Cambrure est permanente et celui où elle ne se produit que par intermittences.

308. Cambrure permanente. — On en a signalé déjà deux exemples caractéristiques (266). Les danseuses représentées par les figures 199, C, et 352 tournoient par piétinement sur la demi Pointe, en tenant le Corps Cambré pendant toute la durée du tournoiement. La Cambrure ne peut alors être très accentuée : au delii d'une certaine limite, elle deviendrait un obstacle insurmontable à la production de tout mouvement.

A la condition de faire de petits pas, le danseur peut marcher ou courir en conservant la Position Cambrée, pourvu qu'elle ne s'exagère pas.

310. Cambrure par intermittences. — Si la Cambrure est très forte, ou si elle est accompagnée de mouvements de jambes très rapides ou très amples, elle devient nécessairement intermittente : le danseur est obligé de se redresser Fig. *în.

pour se mouvoir.

Tel est le cas de la danseuse que la ligure 420 montre au moment carnctérislique de son Pas. Le Jeté Cambré qu'elle exécute est

RECONSTITUTION DBS PAS.

nécessairement, ea raison de son mécanisme, précédé et suivi de mouvements exempts de Cambrure. La série chronophotographique ci-contre (fig. 421 à 426) est une reconstitution plausible de

l'ensemble du Pas. La danseuse s'avance rapidement à petits Pas courus — ou sautés — sur la demi Pointe. Au bout de 3 ou 4 petits pas (fig. 421, 422, 423), elle prend, en pliant légèrement sur la jambe droite (&g. 424), un élan plus vigoureux et Jette (222) sur la jambe gauche en retirant fortement la jambe droite, pendant que le corps se cambre violemment, comme si le pied et le dos allaient

simultanément à la rencontre l'un de l'autre (fig. 425). Sur la figure suivante, on voit la jambe droite retomber et la Cambrure s'effacer par le redressement du torse. La danseuse va recommencer une série de petits Pas bientôt interrompue par un nouveau Jeté Cambré.

[L'équivalence de la figure 420 et de la figure 425 ne saurait être infirmée par ce fait que le Jeté se fait à droite dans la première et à gauche dans la seconde.

Entre la figure 424 et la figure 425 se place la période de suspension du Jeté (222).]

Par un mécanisme analogue on expliquera le Pas du charmant danseur reproduit par la figure 579. Ici la Cambrure s'accompagne du renversement de la Tête : c'est la crise bachique, dont la figure 427, A, va nous fournir un exemple encore plus frappant.

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