AVANT-PROPOS
imiter quelqu'un ». On s'est appliqué à faire valoir ce qui est incontestablement, ce qui dure, ce qui constitue le lien du passé au présent et du présent au futur ; ce qui est, somme toute, la vie dans l'art et l'art dans la vie.
Ce livre est divisé en deux parties : la Déclamation Lyrique, qui est plus spécialement la part de l'élève, et la Mise en scène, qui est plus spécialement la part de l'artiste.
L'auteur n'attend de cet essai qu'une récompense : faire partager à ses lecteurs son zèle et son amour pour un art par lequel l'humanité est souvent parvenue à l'âge de sa conscience, à l'âge de sa majorité.
LA DECLAMATION m M X LYRIQUE'
I. — LA SCIENCE DU MÉCANISME EST LA FONDATION DE L'ÉDIFICE. L'ART DU CHANT EST L'ÉDIFICE LUI-MÊME.
Ceux qui ont fait une longue carrière lyrique, même médiocre, sont seuls détenteurs d'un petit secret : le secret de la voix. Seuls, ils peuvent être capables de livrer — fût-ce empiriquement — ce petit secret. Seul, un chanteur peut enseigner la voix : l'instrument ; car donner une leçon de chant, c'est substituer à l'oreille inexpérimentée de l'élève son oreille d'artiste, l'oreille vocale y si l'on peut dire, soit : l'entendement vocal, à côté de l'entendem^ent musical.
Le Chant associe l'élément chanté à l'élément parlé , la Musique à la Parole. Si par son mystère, sa grandeur, sa poésie, la Musique amplifie et élève la Parole, celle-ci a une action limpide sur notre esprit et sur notre cœur, et c'est elle qui donne sa véritable signification à une œuvre théâtrale.
( 1 ) Ce chapitre a été puisé en partie dans Le Cbaat théâtral, du même auteur.
^ LA DÉCLAMATION LYRIQUE
Tour à tour, chacun de ces Arts l'a emporté sur Tautre. Dans l'Antiquité, la Parole régnait en souveraine. L'ancien opéra - comique la plaçait au même plan que la Musique. Notre époque a pu voir celle-ci dominatrice.
Les Allemands l'ont enrichie. Mais Wagner lui a dit : « Nous ne t'avons faite si belle que pour te soumettre : tu ne seras jamais, tu ne dois jamais être que l'épouse, et le Verbe, ton seigneur éternel, éternellement régnera sur toi ! »
Charles Gounod a écrit : « On se méprend du tout au tout sur la fonction et sur le rôle de la voix ; on prend le moyen pour le but et le serviteur pour le maître. On oublie qu'au fond il n'y a qu'un art, la parole, et qu'une fonction : EXPRIMER ; que, par conséquent, un grand chanteur doit être, avant tout, un grand