‹ La débâcle des placements russesChapitre 27 sur 53 · RS PE · texte numérisé non relu

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Mais un autre acolyte est indispensable aux sociétés les plus puissantes. C’est le Politicien. Il fleurit aussi à l’Académie.

Le Parti des Ducs cède le pas au parti des Parlementaires (Barrès, Barthou, Denys Cochin, Deschanel, Freycinet, Raymond Poincaré, Ribot — et même Clemenceau ! — Dans les autres classes :

Charles Benoist, Jonnart, Millerand, Painlevé, de Selves).

Le « Parti des Politiciens » siège dans les « Conseils de la Finance » en attendant de siéger — ou après avoir siégé — ou avant de resiéger — dans les « Conseils du Gouvernement ».

Au Crédit Lyonnais, c'est M. René Brice, député d’Ille-et-Vilaine. Il n’appartient qu'à sept autres sociétés anonymes :

de la Banque hypothécaire Franco-Argentine au Crédit Foncier Franco-Canadien. Cela doit lui permettre de faire quelques économies sur son indemnité parlementaire. Et, par lui, le Crédit Lyonnais touche à plus puissant encore. L’an prochain,peut-être le siège du r9 Boulevard des Italiens sera-t-1l ’heau-filialement 55 rue du faubourg Saint-Honoré. Avantages réciproques : en abandonnant Eve, M. Paul Deschanel n’a pas perdu le Paradis Financier.

A la Société Générale de Crédit Industriel et Commercial, c’est M. Henri de

Monplanet, député de la Vienne, — même patronyme que le Président du Conseil d'Administration.

À la Banque Russo-Asiatique, c'est M. Charles Dumont, député du Jura.

Mais — et ce fait illustre d’éclatante façon la pénétration réciproque de toutes les affaires, et comment le seul groupe franco-russe suffit à les montrer se tendant une main fraternelle à travers Île monde entier, de l'Argentine ou du Canada à la Russie ou à la Chine en passant par le P.-L.-M. ou la Banque de France — M. Charles Dumont, qui n’est à la Banque Russo-Asiatique que simple administrateur, est Président à la « & ciété Centrale des Banques de Province».

Il tient toute la finance des 83 départements — rendement meilleur qu'une :

chaire de philosophie dans le Jura. Et sur la page 766 du « Tout-Paris » de 1919 sa Présidence s’énonce superbement : « Président, M. Charles Dumont, ancien Ministie des Finances, 21, Boulevard Delessert, Paris».

Ce n’est pas d’avoir été Ministre des Finances qui séduira l’actionnaire, c'est de pouvoir le redevenir.

Pourquoi les « Politiciens » se gèneraient-ils ? Ils ont un exemple plus haut encore. Muse, inspire nous des accents contenus. Nous allons monter au sommet

presque suprême, Craignons d’être précipité dans l’abime.

La grande ombre de Rouvier palpite encore sur la « Banque Française pour le Commerce et l'Industrie ». Des mains pieuses nent son héritage de civisme incorruptible. À côté du vice-président, Charles David de Gheest, des administrateurs S. Einhorn, Jacques de Gunzburg (baron), Jacques Kulp, Sébastien de

Neufville, Léon Odier — tous de vieille race gauloise — fulgure un nom redoutable :

OLIVIER SAINSÈRE.

. Si vous ouvrez le Chaix de 1918, vous croyez n'avoir devant vous qu’un financier. Sept conseils d'administration se le disputent, comme sept villes de la Grèce se disputaient le divin Homère. Mais on se disputait seulement l'honneur d’avoir vu naître l’aède, tandis qu’on se partage l'honneur d’appointer le financier. Et uelle éclectisme dans ses compétences !

Outre la Banque Rouvier, il co-administre la Banque Nationale de Crédit (présidée ar le député Siegfried), la Compagnie des Mines de la Grand’Combe (où se trouve le baron Edmond de Rothschild), la Comagnie Générale Transatlantique, l’Uraine et la Seine, l'Urbaine-incendié,

l’'Urbaine-Vie. Quel esprit ouvert, et curieux de tous les profits !

Mais rouvrez le Tout-Paris, qui montre bien que Paris contient de tout, et du plus imprévu. Page 520, colonne 2 :

« Sainsère (Olivier), C. Lég. d’'H., Conseiller d'Etat hre, secre gal civil de la Présidence de la République (et Mme), rue Miromesnil, 30 (VIIIe) T. Ely. 38.51 ».

Ainsi le Financier était le Sous-Préstdent de la République, plus réellement

ue le Président du Sénat ou le Président de la Chambre. Ainsi le Conseiller d'Etat était l’Administrateur «honoré »

de sept Sociétés Anonymes. Et la France, est-elle aussi une Société Anonyme, dont M. Olivier Sainsère se trouvait le Secrétaire Général d’après le dernier Tout- Paris ?

Jadis l'Empire, qui fut un « régime de corruption », gardait quelque mystère dans ses profits. M. de Morny achetait des terrains sur les nouvelles voies percées dans Paris et y construisait à beaux bénéfices. Mais il achetait sous des prêtenoms. M. Olivier Sainsère, à la Finance qu’il «honore » en la couvrant du Conseil d'Etat et de la Présidence de la République, cède son nom avec une tranquille assurance. Quand les décrets furent rédigés, ordonnant la déclaration des biens et intérêts français en Russie,

ui donc les soumit à la signature du Chef de l'Etat Français — le Secrétaire Général de l'Elysée ou l’Administrateur

de la Banque Rouvier, émetteuse d’emprunt russe ?

Que chacun envisage ces faits — appuyés sur de froids annuaires — selon ses conceptions ou ses passions. Ici, nous ne faisons que de la froide histoire.

Et nous tirons enfin de tous nos documents officiels deux grandes considérations — pour mettre en leur vraie lumièré les traits de la Finance, telle que la présente le groupement franco-russe.

La Finance n’a ni Religion, ni Patrie.

LÉ

La Banque Juive se dit la seule protectrice du Judaïsme. C’est faux.

Prenez les Rothschild.

Quelle est la légende larmoyante qu’ils ont su accréditer, l’auréole qui leur sert de tiare ? Rois des Juifs, « Protecteurs du Peuple Martyr ». Ils ont repoussé les sollicitations du Tzarisme pogromiseur.

Cette légende, on la retrouve même dans l’ouvrage de Kauffmann (p. 168).

« Depuis cette époque (1901) la maison se tient à l’écart des affaires russes, pour des raisons universellement connues, tout en ayant conservé les dépôts du

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trésor destinés à garantir le service des coupons et d'amortissement des anciens emprunts »,

On la retrouve même dans le rapport de M. Margaine (p. 13). « Au mois de mai de cette même année (1891) le groupe Rothschild, qui jusque-là avait eu le monopole des émissions russes, et qui avait presque accepté de lancer l'emprunt, rompit les négociations en cours, allé-.

poRsE les persécutions dirigées contre eurs coreligionnaires et en particulier les ordonnances sur l’expulsion des juifs de Moscou ». R

M. Margaine ajoute, il est vrai : « En réalité, ce qu’on est convenu d’appeler la haute finance se retirait du marché en raison de la diminution du mouvement commercial et de la liquidation des pertes faites sur les valeurs argentines ».

Mais ce qu'il n’ajoute pas { imor Domini, initium Sapientiæ) c'est que la maison Rothschild n’avait fait qu’une « fausse sortie ». Comment le prouver ?

Tout simplement en reprenant ie « Ma nuel du Porteur de Fonds Russes » que les Rothschild ne sauraient contester, et en relevant les emprunts tzaristes où leur nom figure :

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