‹ La débâcle des placements russesChapitre 32 sur 53 · EXTRAIT DU DOSSIER HAVAS · texte numérisé non relu

EXTRAIT DU DOSSIER HAVAS

«Nous donnons cette notice, quoiqu’elle contienne diverses redites, mais parce qu’elle apporte d'autres détails).

La Société Générale des Annonces a augmenté son capital en 1912, l'Agence Havas souscrivant 175 parts nouvelles de 5.000 francs échangées contre 4.530 actions de 500 fr. lors de la transformation en Société Anonyme de la Société Générale des Annonces le 14 janvier 1914.

Cette société est au capital de 20 millions de francs divisé en 40.000 actions de 500 francs.

La liquidation a été opérée par MM. Rénier et Laffite Charles qui, ayant fictivement racheté toutes les parts de l'ancienne Société, ont procédé à la répartition des actions de la nouvelle société anonyme. :

Le 11 décembre 1912 a été fondé par M. Sapène Jean la Compagnie Générale de Publicité parisienne, Société Anonyme ayant pour objet l’exploitation de toute la publicité commerciale et financiere du Matin avec la réserve qu'il pourra être être étendu à l'exploitation de la publicité de trois journaux qui seraient : Le Journal, Le Petit Parisien, Le Petit Jour-nal. Cette clause est devenue sans objet depuis la fondation du Syndicat Central de Publicité.

Le Capital Social de la Compagnie

Générale de Publicité Parisienne a été fixé à 1.000.000 de francs divisé en 1.000 actions de 1.000 francs. Ici les 500 actions d’apport représentant la moitié du capital social ont été attribuées à M. Sapène en rémunération de ses

ae es autres souscripteurs sont :

Sté Gale des Annonces 300 actions Léon Rénier 50 — Sapène Jean 100 — Denoyel Camille 10 — Depierre de Courcelles 10 — Legrand Georges 10 — Planson Victor 10 — Poire Daniel 10 —

Les Services de la Compagnie Générale de Publicité Parisienne sont installés concurremment avec ceux de la Société Immobilière du Matin dans son immeuble du no 10 Boulevard Poissonnicre.

Le Conseil d'Administration est ainsi composé :

Sapène Jean, Administrateur délégué.

Poire Daniel.

Planson Victor.

Denovel Camille.

Le Directeur appointé est M. Barbarin Paul, avocat, administrateur de la Société Immobilière du Matin dont le Président est M. Madeline et le troisième

administrateur M. Charles Laffite de l'Agence Havas.

M. Poire, né à Paris le 18 novembre 1887, est le fils de l’Ingénieur en chef de la raffinerie Say. Il s’est marié le 4 février 111 à Mile Rénier, fille de M. Léon Renier, Dr. de la Société Générale des Annonces. 5

M. Planson Victor est marié à Mile Renier.

A la suite de notre correspondant, nous pourrions donner nous-même bien d’autres détails — sur bien d’autres personnes. Nous pourrions montrer, avec l’ancien ouvrage de Chirac (L’Agiotage .

sous la Troisième République, tome I,

. 123) la jeunesse statisticienne de

. Neymarck, s'intéressant aux finances du Honduras avec tant d’ardeur qu'une décision judiciaire dut (très civilement) s’y intéresser à son tour. C'était vers 1881. Aujourd’hui, M. Neymarck est Commandeur de la Légion d'Honneur. Nous pourrions, avec l’ancien ouvrage de M. Delaysi (La Démocratie et les Financiers, p. 148) — M. Delaysi maintenant démobilisé de la Guerre Sociale, mais qui aurait repris du service dans l’Agence Radio — montrer M. Edmond Théry, non seulement économiste de l’Europe, mais fermier de l'Humanité, à laquelle il aurait naguère assuré l’agréable annuité de 30.000 fr.

pour écraser la vile Bourgeoisie. C'était vers 1908. Aujourd’hui M. Edmond Théry estGrand-Officier de la Légion d'Honneur.

Nous pourrions indiquer le chiffre de l’affermage du Matin : 6 millions par an, où le bulletin financier ne rentre, théoriquement, que pour 600.000 francs. Nous pourrions préciser la pâtée que l’Havas, et l’omnipotent M. Rénier, offre en moyenne aux « canards » de petite ville:

250 francs par an. Nous entrerions dans les commérages, les ragots, les citations d'ouvrages suspects. Et notre règle est de nous appuyer uniquement sur les documents adverses, depuis l'Annuaire des Agents de Change, depuis l'Annuaire Chaix, jusqu’au Manuel Officiel de la Russie emprunteuse, ou sur les déclarations faites pour les Sociétés anonymes dans les grefles légaux.

Pour cet essai, contentons-nous de cette esquisse. Aussi bien n’est-elle point parfaite avec les deux noms qui symbolisent, dans le résumé de notre Correspondant, le système actuel de la Publicité Financière ? Nous n’aimons guère à jouer sur les noms. Esprit trop facile.

Cependant celui-ci s'impose, quand on voit le maître de l'Havas, et son gendre.

Devise de la Finance par la Presse :

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