‹ La débâcle des placements russesChapitre 5 sur 53 · RE (ER · texte numérisé non relu

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- plus compliqué. Tout l'argent français a-t-il même été prêté sous dés noms français? Telle entreprise aujourd’hui bruyamment patriotique n’agissait-elle pas alors en Russie sous des prête-noms germaniques, le tsarisme n’étant francophile que de façade, et réservant ses faveurs réelles aux Allemands ?

Ceux de nos lecteurs qui possèderaient des clartés sur la question voudraient-ils nous faire profiter de leurs documents, imprimés ou manuscrits ? Nous mettrons les nôtres à leur disposition.

L’Activité fr. el étr. Nos:

Fevrier 10710:

Notre enquête (voir notre numéro 5) se poursuit. Deux grands Etablissements français sont considérés comme ayant le plus contribué à placer en France du papier russe : le Crédit Lyonnais et la Banque de Paris et des Pays-Bas. Nous pensons être bientôt en mesure de fournir des précisions à leur égard, et, s’il y -a lieu, de rectifier les erreurs qui peuvent exister au sujet de leur rôle dans cette grave question.

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Grave en effet, si l’on songe, non plus aux fonds placés, mais à ceux chez qui on les a placés. C’est avant tout la petite épargne qui a été gavée de valeurs russes. Sait-on combien une entreprise plus ou moins officielle visant à la protection des porteurs de fonds russes, et qui fonctionne près de l'Opéra, aurait reçu, dès les quatre premiers mois de sa:

récente fondation, de lettres des souscripteurs échaudés par l'Alliance? 1.800.000.

Nous connaissonsune puissante banque de la rue Laffitte où les encaissements de coupons russes se font, en moyenne, par sept ou huit au plus. C’est donc bien la petite épargne qui fut gavée, de Ribot jusqu'à Caillaux (tous les gouvernements du régime se sont légué l’amour pour la Russie) et sous l’excitation de la presse asservie à la finance — l'épargne qui va des 500 fr. du concierge aux 5.000 fr. du bistrot.

Il faudra crever cet abcès, ou la République en crèvera. Et là, on ne pourra pas ameuter la foule ruinée en criant toujours au bolchévisme. C'était un bien bon homme que Nicolas IF, et son inoubliable père Alexandre III, inoubliable pour nos concierges et nos bistrots.

Les Etablissements qui appellent à eux l'épargne de la Nation doivent comprendre que l’échéance se précipite où la Nation, cette France qui serrait naguère ses sous avec tant de prudence, finira bien ‘par exiger un autre bilan que celui

de leurs bénéfices à eux — celui de ses pertes à elle, provoquées par leurs agissements à eux. Telle Banque semble avoir compris les droits du contrôle public, et sait être accueillante avec dignité. Mais d’autres étendent au journalisme qui persiste à parler les arrogances que seule explique la servilité du journalisme qui gagne plus à se taire. Il reste des langues sur lesquelles on ne met pas de bœuf, des paroles qu’on ne traite pas en toucheur de bœufs. Ainsi la Société Générale, ou ses sous-verges, se fait de la courtoisie une conception particulière.

Pourtant elle avait appris ailleurs qu’en.

France les formes onctueuses. Sauvée de l'effondrement par le moratorium, qu’elle a été la première à nous valoir au début .

de la guerre, n’aurait-elle pu, en se libérant (dit-elle) de toutes attaches fâcheusement extérieures, et puisqu'elle gardait moratoirement l'argent francais, garder durablement la courtoisie française ? Si on regardait un peu les pieds de ces puissants, peut-être les trouverait-on d’argile. Pour la plus générale des sociétés parfois change la fortune. La vie procède — comment dirai-je ? — pa rate et par bas.

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