M. BARK. — QUELQUES PRÉCI- SIONS INITIALES SUR LES GRANDES BANQUES
Notre tentative prend corps. Nous commençons d’apercevoir les principales lignes de notre important sujet, malgré l'ombre dont le couvre la Presse, périodique et technique, aussi bien que politique et quotidienne.
Voici la lettre que nous avons adressée à près de cent personnes d’une compétence reconnue, et dont la moitié font partie des comités que l'Office des Valeurs Mobilières a constitués pour la sauvegarde des placements français en Russie. Le nombre exactde ces membres atteint le chiffre de 47 (1). Il ne représente d’ailleurs point l'intégralité de ces comités. Nous avons laissé de côté ceux
.(1) On trouvera tous ces noms, et autant que possible les adresses, à l’appendice.
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qui n’y figurent qu’à titre juridique, avocats, avoués, notaires. Leur abondante cohorte manque encore d’un huissier. Il est vrai que toute « signification » au gouvernement bolchéviste serait pour le moment malaisée.
Les gens de Palais n’ont pas de savoir !
financier, 11 ne nous apprendraient rien:
Paris, cé 15 avril rato.
Monsieur,
Ma Revue, dont je joins ici le dernier numéro, engage des recherches sur l’importance des placements français en Russie, emprunts publics et entreprises privées. Si vous voulez bien lire le court article intitulé : « Débâcle des placements russes », vous y verrez l'esprit général de mon enquête.
Je me suis adressé tout d’abord à lOffice National des Valeurs Mobilières (5, rue Gaillon), qui a constitué divers comités pour la défense des porteurs français de titres russes. J’y ai été recu très obligeamment ; mais l’on m'a déclaré que l’on ne possédait pas de données absolues sur les chiffres essentiels de cette grave question. Cependant les quelques circulaires qu’on m’a remises apportent
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déja des approximations, puisqu'elles fixent, sur un ensemble d’affaires privées, le capital français engagé de ce chef en Russie à 2.282.800.000 francs (circulaire du 35 avril 1919) et qu’elles évaluent par ailleurs à 15.268.000.000 francs le capital nominal représentant au rer janvier 1917 la totalité des cinquante-deux emprunts russes émis en France (circulaire du 28 septembre 1918).
Mais ces chiffres (qui semblent au reste contredits par d’autres statistiques portées dans la même circulaire du 28 septembre 1918) demeurent absolument insuffisants. Il est pourtant indispensable de connaître enfin, avec quelque certitude, la fortune que la France a confiée à la Russie, la République au Tzarisme, sous l’impulsion de la Finance française appuyée sur la Presse française, cette quadruple force unie pendant vingt-cinq ans pour exciter la petite épargne de France à prendre des valeurs russes que les Grands Etablissements se gardaient bien d'acquérir eux-mêmes.
L’imprécision en ce domaine, imprécision qu'il est surprenant de voir persister même dans les milieux intéressés, offre les plus graves dangers, économiques et Dee Elle permet d’exagérer peut-être la perte qui menace la richesse@iraneaise. Elle ‘éempêche.\de fixer dès maintenant les réclamations qui s'imposent pour le remboursement d’une créance à laquelle le régime répu-
blicain a formellement attaché sa garantie. Elle empêche aussi (et c’est peutêtre bien là ce que l’on veut) de fixer nettement les responsabilités des administrations gouvernementales — et financières — qui ont « inspiré » la Presse aux temps où la Russie drainait l’argent français.
Sans parti-pris, sans idée réconçue, Je puis comme publiciste me livrer à ces recherches. Et puisque vous-même, Monsieur, Vous figurez parmi les hautes personnalités qui se sont constituées les protectrices des porteurs français ainsi lésés, je sollicite votre réponse aux questions suivantes, qui me semblent résumer pour le moment le problème :
19 À combien se monte la dette du gouvernement russe envers les porteurs français ? Dette nominale ? Dette réelle ?
Versements cffectivement opérés lors des emprunts ? Rémboursements par la Russie
20 À combien se montent les placements privés de l'épargne française en Russie ? |
Les 2.282.800.000 francs recensés par la circulaire du 5 avril ror3 représententils Pensemble de ces placements, ou seulement la majeure partie, ou seulement une partié qu'on puisse évaluer par un.
pourcentage ? ne
30 Les emprunts russes ontils été bien affectés à leur destination. officielle, avant tout à la construction des chemins
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de fer en Russie ? Ou l’opinion courante, qui veut que le Tzarisme les ait dissipés pour sa cour et pour sa BOHDE est-elle inexacte, et même fausse ? Comment le prouver ?
4° Enfin la partie de la Russie tzariste que constituait la Pologne aujourd’hui hbérée rentre-elle dans les calculs et les chiffres des circulaires ici visées? La Pologne y est-elle encore considérée comme une province russe, et semblable à la Bretagne pour la France, comme le fait M. Yves Guvot, dans une lettre que publiera le prochain numéro de ma Revue ? (1).
Au cas contraire, quelle somme peut représenter en Pologne l’application des emprunts russes à la construction des chemins de fer dont la Pologne profite, et doit à la France la contre-partie financière ? Quelles sommes représentent les placements des entreprises privées, sur lesquelles la Russie également ne peut plus avoir la main, mais qui ne doivent plus intervenir dans l’évaluation générale de la débâcle des placements russes ?
Je serai reconnaissant, Monsieur, si je puis bientôt joindre votre avis à l’ensemble des informations que j'ai déja recueillies en ce domaine, et vous prie d’agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués,
JACQUES Bonzo.