Mes correspondants croyaient encore alors à H. Ollivier
Pour M. Maquan, qui, paraît-il, habite Paris, je suis bien forcé de dire à M. le préfet d'Indre-et-Loire que l'écrivain légitimiste n'a jusqu'à présent nullement « protesté contre l'interprétation donnée à son écrit. » Il peut, il est vrai, le faire d'un jour à l'autre. Attendons.
Mais pourquoi attendre? Pourquoi M. Pastoureau, aussi intéressé que nous — .comment! cent fois plus intéressé que nousl — à savoir la vérité sur cette affaire, n'a-t-il pas déjà provoqué une enquête que tons réclameut ? Pourquoi non content d'avoir dit : « J'étais absent, je n'ai rien su, » n'a-t-il pas ajouté : « Voilà comment tout cela s'est passé! » Vous étiez absent, c'est fort bien ; mais vous étiez le préfet, et, au lendemain de cette exécution qui avait eu lieu sans votre ordre, vous pouviez, vous deviez vous enquérir par quel ordre elle avait eu lieu; car M. le préfet, même en mettant l'exécution de Martin au conditionnel, ne nie point que ce sang ait été versé.
Au reste M. Pastoureau pourrait très-bien avoir oublié certains menus détails de cette histoire de décembre, car je trouve, çà et là, dans sa lettre à la IW» bune plus d'une petite erreur que je puis, j'espère, relever, le Moniteur en main.
Dans cette lettre, cher monsieur Pelletan, l'ex-préfet du Var déclare qu'il eût été « impossible que l'insurgé & Martin fût conduit devant lui et fusillé par son ordre, « par cette raison qu'au moment où avait lieu le fait, * lui, le préfet, n'avait pas encore quitté Draguignan. »
Assurément, Martin D'à pas été conduit, quoi qu'on
en ait dit, devaDt le préfet; ma:s cependant je crois que la chose eût pu se faire. Dans sa proclamation aux habitants du Yar1, datée de Draguignan, — 11 décembre 1851, — M. Pastoureau dit en effet :
« J'ai mis le département en état de siège. Je suis « parti à la tête de nos braves soldats, et je ne pren- <r drai de repos que lorsque j'aurai éteint la dernière a étincelle de l'incendie qui semblait devoir embraser « le pays tout entier.
« A Cuers, à Pignans, à Gonfaron, à Luc, à Lor- « gués, à Salernes, l'anarchie a été réprimée, les hom- « mes de désordre, et de violence châtiés, saisis, li- « vrés à la justice des conseils de guerre.
« A Aups, le 10 décembre, le rassemblement insur- « rectionnd a été anéanti sous mes yeux par nos énerve giques soldats. Ceux de ces hommes si co îpables « qui n'ont pas payé leur crime de leur vie sont toma bés dans nos mains ou n'échapperont pas long- « temps.
« La justice, une justice prompte et sévère, aura « son cours.
« L'insuneciion qui désolait le département a cessé « d'exister.
« Mus vous vous l'êtes déjà demandé : que seraient «« devenus le pays, la société tout entière, si la coura- « geuse initiative du président de la République n'a- « vu.it forcé les passions anar chiques à faire explosion « avant ï heure? »