AUX PEUPLES ET AUX SOLDATS D'EUROPE
Cest pour vous que fai écrit ces pages, pour vous, malheureuses victimes de roppression, de la misère et de Vignorance, Elles ne vous parviendront point, parce que votre labeur quotidien exclut de vos occupations la lecture ; elles ne seront pas à la portée de chacun de vous, parce gue vos oppresseurs veillent à ce que vous n*ayez pas connaissaJice des libres pensées de ceux qui travaillent pour vous; elles ne Stront pas compiHses de quelques-uns I d^entre votis, parce que les gouvet^nements ne vottë ont pas donné
une instruction suffisante. Mais Use trouvera, au milieu de vous, des hommes éclairés, des gens de bonne volonté, qui vous expliqueront ce que je dis dans cet ouvrage.
En écrivant fai songé to\t jours à vous; ma pensée embrassait en même temps ceux qui, quoique pauvres, ont plus de liberté et d'instruction que vous n*en avez, ceiuc aussi qui sont ves égaux dans l'oppression, mais qui ontlsur vous la supériorité des ressources et de Vinstruction, enfin ceux qui, tout en jouissant d'une liberté plus grunde que les autres, persistent dans V erreur malgré leur civilisation apparente,
J*a% beaucoup vu, lu et senti. Le présent livre m'a été dicté par ma conscience et ma conviction» Mes déînonstrations ne s'appuient pas exclusivement sur mon propre raisonnement; les faits historiques ont servi de base à mon ouvrage, f essaye d'éveiller Vattention des gens sérieux en leur indiquant ce que j'aperçois et ce qui devrait sauter aux yeux de tout le monde. Si tous neV aperçoivent pas comme moi, ce n'est pas ma faute. Plus tard on ira sans doute dans la voie que je trace plus loin que je n'ai été moi-même. En attendant j'ai rempli ma tâche dans la limite de mes forces. Je suis siir que les gens qui aiment la liberté, que tous les hommes de cœur, tous ceux qui sont opprimés, mcUheiLreuiB, qui respectent les lois divines et la dignité de Vhomme seront de mon avis. Et ceux-là sont en majorité.
« Seigneur mon Dieu, c'est eri vous que j'ai mis mon espé^
m rance Si mes mains sont coupables d'iniquité, si j'ai rendu
« le mal à ceux qui m'en avaient fait, je consens à succomber insovsmes ejmemis, frustré de mes espérances; que l'ennemi « poursuive mon âme et s'en rende maître, quHt me foule aux « pieds sur la terre en m'ôtant la vie, et qu'il réduise toute ma « gloire en poussière. » {Psaume vu.)
1860* L^AUTEOR*