‹ La décadence de l'EuropeChapitre 29 sur 49 · JUSTICE · texte numérisé non relu

JUSTICE

J'ai exposé plus haut le développement de la liberté^ le besoin du travail dans Thomme, l'origine de la propriété à la suite du travail libre et les limites naturelles des propriétés collectives particulières; j'ai expliqué la formation graduelle des nations dans la direction nalurçlle et les principaux signes de nationalité. J'ai prouvé qu'une portion de la société sentant et reconnaissant en elle des aspirations qui lui sont propres, obéit, (sans se laisser arrêter par la communauté de race, ni par le voisinage immédiat) au besoin de l'individualité, cherchant ainsi à remplir cette première condition du droit suprême de l'homme, qui est la liberté. J'ai dit que la condition de la liberté individuelle d'une nation est la liberté individuelle de chaque homme et vice versd. J'ai indiqué les limites naturelles de la liberté et la direction qui lui est imprimée par les lois naturelles et divines, ainsi que la chute de la liberté à la servitude par la violation de ces lois. J'ai établi que la propriété individuelle est une conséquence immédiate de la liberté individuelle, et dès lors que la condition d'assurer la propriété individuelle de chaque personne est la propriété individuelle collective de la nation. J'ai aussi défini la signification de cette propriété.

Je reviens sur les principes que j'ai exprimés dans les formules suivantes : La somme des libertés 'personnelles est la liberté de la nation, La somme des libertés nationales est la liberté de la société, La somme des propriétés particulières est la propriété de la nation. La somme des propiHétés nationales est la propriété de la société. Chacun peut disposer de sa propriété personnelle. Le pays appartient à la postérité.

De ces principes en découle un autre que j'ai aussi établi plus

haut dans cette formule : les devoirs cwers la patrie, remplis par chaque nation, donneront comme conséquence inévitable la somme des devoirs remplis envers toute la société*

J'ai dit encore : de même que la liberté, en général, est le principe et la source de toutes les lois, de même la liberté particulière, déterminée, pratique, en un mot, la liberté nationale est le principe et la source première de tous les droits de la nation.

J'ai fait voir qu'une nation, après avoir senti le besoin du progrès, reconnaît en elle-même le droit de réaliser les droits nationaux. F.e développement naturel des premiers droits fondamentaux de l'homme m'a conduit à prouver que la liberté nationale est une loi naturelle, donnée par Dieu, et que les droits nationaux qui en découlent, étant issus de la source suprême, peuvent aussi s'appeler droits naturels ou lois divines.

J'ai défini la nationalité comme une propriété inhérente à Khomme, à son esprit et à son corps et dont l'extension comprend tout ce qui a eu ou aura un rapport avec lui dans le passé, dans le présent et dans l'avenir, ce qui en fait une expression des lois naturelles de rhomme déjà réalisées.

J'ai énoncé que la patrie est le champ du développement des lois naturelles de la nation et leur personnification vivante, que l'amour de la patrie est la conscience de la nation, le sentiment et le besoin inné de son existence indépendante et que la nation est le représentant collectif individuelf exactement défini de la société organisée.

Enfin j'ai dit que la société est la somme des nations (1).

Tous les besoins des nations, pris ensemble, expriment les besoins de toute l'humanité, par conséquent, la somme des lois nationales est la loi de Vhumanité.

C'est ce qui constitue les liens de l'hwnanité. V alliance naturelle sociale, résulterait de TappJication des lois de l'humanité.

Le moyen de remplir cette tâche de l'humanité est l'engage-

(l) Voir plus haut : PropritHé. Qiiolle est l'origine de la proiété et au est-ce que la nationalité?

priete et qu est-ce que

metU réciproque de$ nations de recouvrer les lois nationales perdues et de conserver celles qui sout déjà reconquises (I).

C'est sur cette seule voie que peuvent se réaliser les rêves des socialistes et des humanistes, qui désirent sincèrement le bien de rhumanité.

L'union des nations conduira à Vunion sociale.

Tout le monde pour chacwi. Tel doit être le mot d'ordre inscrit sur l'un des côtés de l'étendard des nations tendant à la liberté universelle. De l'autre, on écrirait ces paroles : « Celui qui nest pas avec nous est contre nous, »

L'accomplissement des lois divines est la tâche et le devoir de l'homme. La liberté nationale est une instilution divine, et les lois nationales sont des lois naturelles données par Dieu. Celui qui a perdu la liberté nationale a non-seulement le droit mais encore le devoir de la recouvrer.

Le recouvrement de la liberté nationale doit entraîner le recouvrement de la propriété nationale ; car, comme je l'ai déjà dit ci-dessus, sans propriété la liberté ne serait qu'un vain mot; en d'autres termes : consolider l'indépendance individuelle nationale et les droits nationaux est la première tâche d'une nation.

Le besoin d'observer la justice pour jouir paisiblement des dons divins est une loi naturelle de l'homme libre dans son état nonnal. L'homme est le temple delà liberté. La nature ne nous a refusé aucun des moyens indispensables pour sauvegarder tout ce qui nous est nécessaire. Le centre principal de notre organisme, le cœur est entouré par de fortes côtes, le cerveau se cache sous un os épais, les yeux sont assurés dans la profondeur de l'orbite. Un enfant, en tombant par terre, tend ses petites mains et s'appuie sur elles. Cela s'appelle instinct de conservation. Nous avons donc un besoin matériel et moral de garder ce que nous a donné la nature.

(i) Pour étiter autant que possible la confusion qui règne dans la sigDÎflcation des mots : loi et droit, confusion qui existe môme dans la législation parce c^u'on a pris l'habitude ae nommer droit ce qui n'est que violeDce, je suis obligé de rappeler que j'envisage le droit comme Tapplication des lois suprêmes.

La patrie est le temple de la liberté et des droits nalionaux. Donc conserver sa patrie est un devoir que prescrit à la natiou la loi naturelle. La source de ce devoir est l'idée de justice gravée dans l'âme de l'homme.

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