OBSERVATION
Mlle V.. A, 35 ans, entre le 16 septembre à l’hôpital. Ayant subi il y a deux ans une Hysterectomie totale, la malade a, en outre, été assez longtemps morphinomane et étheromane.
Le 25 septembre, la malade a avalé 2 grammes d’oxycyanure de mercure. Ensuite, effrayée, elle prend un vomitif, de l’Ipiéca en l’occurence ; malgré les vomissements abondants ainsi déterminés immédiatement, la malade souffrant de la bouche, ayant une sialorrhée abondante, des selles diarrhéiques sanglantes, et n’ayant pas uriné depuis la veille, entre le 16 à l’hôpital
À l’examen d’entrée, l’état est grave : aux symptômes précédents viennent s'ajouter en effet des vomissements incohercibles et de vives douleurs abdominales.
28 septembre : La malade a souffert violemment toute la nuit « de la tête.et du ventre» ; toujours pas une goutte d'urine, même après cathétérisme vésical. Myosis très net. Huit ventouses scarifiées à la région lombaire ne donnent aucune amélioration. D’heure en heure, la situation s’aggrave et on décide le soir même de pratiquer la décapsulation d’un rein.
On opère à droite. Rein énorme, congestif, ne pouvant presque pas être extériorisé au travers de l’incision lombaire classique. Décapsulation facile. Hémorragie de faible importance. |
29 septembre : Malade à peu près dans le même état. L’intervention a été bien supportée. Le cathétérisme vésical ramène 6 emc. d’urine le matin et 10 cmc. le soir, Urine de 24 heures : 16 emc.
30 septembre : La malade semble plus mal. Le cathétérisme ramène le matin 20 cmc. Urine de 24 heures : 40 cmc.
1e octobre : Détente. La malade a uriné seule plusieurs fois en allant à la selle et cependant un cathétérisme pratiqué le soir ramène 120 cmc.
3 octobre : La malade urine seule à chaque selle. Et deux cathétérismes donnent encore 300 cmc. Malgré cette réapparition de la sécrétion urine, l’état général s’aggrave. Hémorragie intestinale, vomissements sanglants, agitation extrême, hoquet, le pouls file et la malade meurt à minuit.