‹ La déclaration de foi de 1872Chapitre 12 sur 27 · Ep. aux Galates, II · texte numérisé non relu

Ep. aux Galates, II

donne la certitude que son Sauveur et Maître vit éternellenient, et il faut soigneusement distinguer cette expérience de la constatation matérielle d’un fait du passé.

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Cela dit, et l’obligation imposée une fois écartée, reste cette question : Une collectivité a-t-elle le droit et, dans certains cas, le devoir d'interpréter l'Ecriture et de dire ce qu’elle y trouve? — Oui; ce droit et ce devoir sont certains. Il faut qu'il y ait des Confessions de foi, qui sont et restent le drapeau de l'Eglise, sans être imposées à personne. Et alors, au lieu de chercher, comme en 1872, par des éliminations énormes et la réduction à un minimum étriqué, à faire une Déclaration que tout le monde adopte, avec l’arrière-pensée que plus on retranchera et réduira, plus il y aura d'adhérents ; et, au lieu de chercher une Déclaration nouvelle plus étriquée encore, soit qu’on révise celle de 1872, soit qu'on se borne à quelques vagues déclamations, comme le voudraient aujourd’hui certains membres du centre et certains libéraux, il aurait fallu prendre un Symbole du passé, c’est la Confession de La Rochelle, pour les Eglises réformées de France (elles n’en ont pas d'autre), et dire: Voilà ce que nos pères ont cru. Ils interprétaient ainsi l’Ecriture ; et nous, nous interprétons leur interprétation dans le même esprit de foi et de

liberté qu’eux-mêmes. Si, au lendemain de la Séparation, un Synode général avait ainsi agi, nous aurions évité toutes nos divisions actuelles et notre stérile morcellement. On me dira : — C'était impossible. — Je réponds : Les Luthériens l’ont fait. Ils ont une Confession de foi, celle d’Augsbourg ; et, sans l’imposer à personne, ils vivent non seulement depuis la Séparation, mais depuis près de quarante ans, dans la paix et l’union. Voilà une réponse de fait à laquelle il n’y a rien à répliquer. L’exemple des Luthériens est un muet reproche pour les Réformés et donne quelque chose de vraiment piteux à leurs divisions et leurs querelles, en en montrant la profonde vanité.Que n’ont-ils fait ce que d’autres ont fait et dont ceux-ci se trouvent si bien? Ils seraient fort embarrassés de le dire. L’obstination deschefsdela droite ecclésiastique, qui avaient l'exemple des Luthériens sous les yeux, est aussi étrange que coupable. Il est difficile d’y voir autre chose que l’aveuglement de l'esprit sectaire, prenant très sincèrement pour un devoir de conscience ce qui n’en est certainement pas un. Ils me diront sans doute : — Tout dépend de la définition de l’Église. Elle est,pour nous, la société des croyants. — Je leur réponds : Pour moi aussi ; pour Vinet aussi. Ecoutez-le: « Une Eglise est une société de croyants. On ne peut pas sortir de là, sans entrer dans la contradiction !. » Mais Vinet

1. Viner, Essai sur la manifestalion des convictions religieuses, p. 431.

dit aussi: « Sous ce mot de Soctété qui blesse certaines personnes, voici la chose que nous avons mise : tout chrétien est enseigné de Dieu immédiatement. Personne ne domine sur sa foi. Il la puise lui-même dans la Parole de Dieu, et, pour l’interprétation de cette Parole, il ne relève que du Saint-Esprit!. » Je ne demande pas autre chose ; les Luthériens non plus ; eux et moi avons Vinet avec nous; sans parler de Samuel Vincent qui disait aussi : « L'Eglise est l’association de ceux qui ont la même foi. » Or, pour Samuel Vincent, chacun le sait, la foi n’était pas l’adhésion à un formulaire, mais l'abandon joyeux de l’âme à la volonté et à l’amour du Père céleste ?.

Un Luthérien, qui appartient par ses convictions au Luthéranisme le plus strict, mon excellent collègue et ami, M. le professeur Edouard Vaucher, a écrit ceci: « Ceux qui attendent la pureté de l'Église des mesures que la fidélité humaine pourra appliquer seront peut-être séduits par l'idée d’élHiminer eux-mêmes, par des moyens humains, ce que le monde à fait entrer dans la maison d’éléments souillés. Ceux qui croient la maison bâtie par Dieu et non pas par les hommes, ne seront pas exposés à cette tentation * ». Je ne discute pas ici cette théorie de l'Eglise. Je constate seulement

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