‹ La déclaration de foi de 1872Chapitre 11 sur 27 · Voir sur ce sujet A. Sapatier, Esquisse, pp · texte numérisé non relu

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ne peut s'agir, pour une mentalité vraiment protestante, d'édicter pour les autres son interprétation. Elle n’est obligatoire que pour celui qui interprète ; elle n’est vraie que pour lui, car elle est subjective.

On me dira: — Vous tombez dans l’individualisme absolu, dans le pur subjectivisme. — J’en conviens; mais, en matière d'expérience religieuse, il ne peut en être autrement, car une doctrine ne peut être autre chose que lexpression formulée d’une expérience subjective préalable, et, comme on l’a dit, le langage que parle la foi.

— Cependant, me dira-t-on, les faits historiques ne sont pas des sentiments subjectifs, mais des réalités objectives, qu’en faites-vous ? Est-ce que, par exemple, la Résurrection de Jésus-Christ n’est pas un objet de foi? — Je réponds : En tant que fait du passé à constater par des preuves historiques, non, elle n’est pas un objet de foi, mais un objet de science.

Faisons une distinction capitale. S'il s’agit du retour à la vie organique du cadavre de Jésus, c’est une question de science historique, et cela ne peut être rien d'autre. Mais s'il s’agit de dire : « Z4 a plu à Dieu de révéler son Fils en moi »', ou: « Ce n’est plus mot qui vis, c'est le Christ qui vit en mot »?, c’est une expérience de l’âme croyante, et le plus humble chrétien peut la faire ; elle lui

4, Ep. aux Galates, I, 16.

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