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V. aussi A. Cieszkowski, Le crédit et la circulation

(76) C'est ce que proposait M. Louis Blanc en 1848. Pour M. Louis Blanc, il doit en effet exister, au

moins à titre transitoire, une organisation de la production par l'État, et une organisation du crédit par l'État.

Et veut-on savoir en quelle conception politique ou sociale se résume finalement l'idéal de M. Louis Blanc, écoutons-le lui-même :

« Je voudrais une organisation sociale où TÉtat (M. Louis Blanc veut dire le gouvernement) jie serait qu'une réunion d'hommes dévoués et intelligents, librement choisis par leurs égaux pour jouer à l'égard de la société le rôle que, dans l'organisme humain, la tête joue à l'égard du corps. »

Mais moi, qui ne serai peut-être pas de la tête, je réclame.

(77) On sait notamment que la Convention avait enfermé dans les limites les plus strictes et placé sous la régie-

mentation la plus tyrannique, le droit pour le propriétaire de disposer à titre gratuit (L. du 17 nivôse an ii). C'est au droit romain et à ses légistes, imbus des pauvres «loctrines de Pothier, que la grande Assemblée fut redevable de telles erreurs.

Pour les développements, v. Manuel de Droit civil, tome II, pp. 32, 377, 415 et 731.

(78) V. d'ailleurs, notre exposé philosophique sur le Contrat de louage. {Manuel de Droit civil, tome III, o^ édit., pp. 343 et suivantes.)

(79) Voici quelques documents sur le nombre des esclaves à Athènes et à Rome, en particulier sur le nombre de ceux qui étaient attachés au service de la personne.

D'abord, en ce qui concerne Athènes, un des meilleurs documents est le recensement fait au temps de Démé- ♦riusde Phalère; or, M. Wallon, discutant les chiffres donnés par Athénée comme résultat de ce recensement, évalue le nombre des esclaves mâles employés au service intérieur à 40,000, et celui des femmes esclaves occupées aux mêmes travaux à 30,000. Dix mille autres étaient réclamés par les soins divers des fermes, des fabriques ou du petit commerce.

Voici le tableau général des évaluations de M. Wallon :

Esclaves domestiques 40 000

Esclaves agricoles 35 000

Esclaves des mines 10 000

Esclaves employés dans l'industrie,

le commerce et la navigation ... 90 000 Enfants au-dessous de 12 ans pour

40 000 femmes 20 000

Vieillards au-dessus de 70 ans . . . 6 000

Total 201 000

La population libre qui comprenait 30 000 familles se décomposait ainsi qu'il suit : Athéniens, 67 000 ; Mélèques (étrangers admis à la jouissance des droits civils), 40 000. (H. Wallon, Histoire de l'esclavage dans Vantiquité, V* partie, t. I, chap. viii, p. 245-263, 254-255.)

Quant à Rome, le même auteur (M. Wallon) estime, d!après le recensement des forces militaires de toute l'Italie puisé dans Polybe, qu'à l'époque de la seconde guerre punique, bien que le nombre des esclaves tendît déjà beaucoup à s'accroître, la population servile était encore loin d'égaler, à ce moment, la population libre.

En revanche, quand, vers le temps du premier consulat de Pompée, tous les alliés italiens ayant été admis à se faire inscrire dans la cité, la population libre fut descendue à 1 600 000 habitants, M. Wallon pense que le chiffre de la population esclave lui fit, pour le moins, équilibre (H. Wallon, Histoire de Uesclavage dans l'antiquité, t. II, ch. m. )

Et les constatations de Mommsen corroborent et amplifient mê.me celles de M. Wallon. « Jamais grande ville autant que Rome, écrit Mommsen, ne fut pauvre en moyens d'alimentation : les importations réelles, les métiers exercés par la domesticité esclave, y rendaient d'abord l'industrie libre impossible. L'esclavage, lèpre mortelle de la cité antique, entraîne partout des suites funestes ; à Rome le mal dépassait tout ce qui s'était vu ailleurs. Nulle part dans le monde, pareilles bandes d'esclaves, remplissant les palais de ville des grandes familles ou des opulents parvenus^ Nulle part ailleurs, pareil assemblage de foules serviles, réceptacle des peuples des trois continents : Syriens, Phrygiens, et autres semi-Hellènes, se coudoyant avec les Lybiens et les Maures, Gètes et Ibères, mélangés avec les Gaulois et les Germains dont le flot allait grossissant. » (E. Mommsen, Histoire romaine, traduite par G. A. Alexandre t. VIII, liv. V, ch. XI, p. 110 et 111. V., au surplus, Bœckh, tr. Lalibant, Économie politique des Athéniens, et Bureau de la Malle, Economie politique des Romains.)

Pour le moyen âge, je me contenterai de citer les deux passages suivants, l'un puisé dans les prolégomènes du Polyptyque de l'abbé Irminon par le savant Guérard, l'autre extrait de l'Histoire d'Alexis Monteil.

Voici, d'abord, le passage de Guérard :

« Que les esclaves aient été fort nombreux chez le? Romains et que les personnes de condition servile ne raient pas été moins dans le moyen âge, c'est ce qui résulte des recherches de plusieurs écrivains, tels que Pignorius, Potgiesser, Gibbon, William Blair et M"« de Lézardière. Je ne rentrerai pas dans les détails qu'ils nous donnent et qui prouvent que les gens riches possédaient jusqu'à 2000, 4000 et 8000*esclaves ou serfs, et davantage ; je me bornerai, en renvoyant à leurs ouvrages, à présenter les renseignements nouveaux que fournit notre Polyptyque sur le nombre des serfs, » etc. (Polyptyque de l'abbé Irminon, tome I, p. 358.)

Monteil, de son côté, a écrit :

« Combien y avait-il de serfs sous Charles le Chauve ? J'étais encore clérichon comme toi quand je fis cette question à notre provincial, rempli de science et do bonté. Il me répondit : « Durant la décadence du grand empire de Charlemagne, tout ou à peu près était seri dans les villages, dominés par les châteaux qui appartenaient aux forts et puissants. Tu me fais aujourd'hui, à moi, devenu provincial, la même question pour notre temps présent. Je crois pouvoir te répondre qu'il y a maintenant en France les trois quarts d'hommes libres, et à peine un quart d'hommes serfs. Et pour que sur la terre, du moins en Europe, du moins en France, ce quart soit devenu libre, je ne donne pas au temps pour plus de trois ou quatre siècles. » (Alexis Monteil, Histoire des Français des divers états, t. I, p. 110-lll.j

Que l'on groupe maintenant toutes ces données et qu'on en compare les résultats avec le nombre de nos domestiques actuels qui ne forment pas plus de la 37« partie de la population générale, et Ton se convaincra sans peine de la diminution graduelle du nombre des Individus appelés à rendre des services personnels.'

(80) V. Manuel de Droit civil, tome I, p. 576 et 576 et note 1, p. 675.)

(81) « La valeur des dîmes perçues en France a été estimée officiellement en 1789 à la somme de cent trente-

trois millions et de cent vingt-trois millions de livres, si l'on en distingue dix millions de dîmes inféodées. Cela ferait aujourd*bui au moins deux cent cinquante millions de francs. Arthur Young dit qu'alors c$ n'était guère à plus, du douzième qu'il fallait porter le chiffre moyen de la perception des dîmes ;, il ajoute que les cultures nouvelles n'y étaient pas assujetties, par exemple, les pommes de terre, les grandes plantations de choux, les ensemencements de trèfle ; mais aussi le clergé s'opposait-il de toutes ses forces à ce que les cultures fussent changées et voulait-il faire condamner à l'immobilité le travail et les récoltes des champs. Là oix il avait droit de lever la dîme du seigle, il fallait faire du seigle indéfiniment ; là où il avait droit de la lever sur le blé, il fallait faire du blé, et en faire toujours, ou laisser le sol en jachère, sinon les assignations ne tardaient pas. Quelle agriculture que celle qui subissait de telles entraves ! » (Paul Bolteau, Dictionnaire général de la poliiiquey par Maurice Block, au mot dîme.)

(82) L'idée de Timpôt unique sur le revenu a été présentée pour la première fois, comme chacun sait et comme je le rappelle à là page suivante, par le maréchal de Vauban, « le plus honnête homme du royaume», a dit Saint-Simon ; il eût pu ajouter, Vun des plus éclairés, quoi qu'en ait pensé Voltaire.

Le fond du livre de Vauban est d'une simplicité si grande et d'une vérité si lumineuse, que, si Ton ne savait combien le moindre progrès est lent à accomplir, dès le moment qu'il touche à des préjugés et à des intérêts multiples, on ne saurait assez s'étonner qu'à un intervalle de plus d'un siècle et demi, on en soit encore à discuter la question de la base légitime de l'impôt*.

* A l'époque où parut le livre de Vauban (1707), Za diome royale, le règne du Roi- Soleil touchait à sa fin, la misère avait gagné toutes les classer, et dans le tnenu peuple, comme Ton s'exprimait alors, elle avait atteint le comble.

Vauban écrivait : « Par toutes les recherches que j'ai pu faire, depuis plusieurs années que je m'y applique, j'ai fort bien

Cette base est depuis longtemps trouvée. *

remarqué que, dans ces derniers temps, près de la dixième partie du peuple est réduite à la mendicité et mendie effectivement ; que des neuf autres parties, il y en cinq qui ne sont pas en état de ftùre Taumône à celle-là, parce qu'eux-mêmes sont réduits à très peu peu de chose près, à cette malheureuse condition ; que des quatre autres parties qui restent, les trois sont fort malaisées et embarrassées de dettes et de procès ; et que dans la dixième, où je mets tous les gens d*épée, de robes, ecclésiastiques ou laïques, toute la noblesse haute, la noblesse distinguée, et les gens en charge militaire et civile, les bons marchands, les bourgeois rentes et les plus accommodés, on ne peut pas compter sur .cent mille fainilles, et je ne croirais pas mentir quand je dirais qu'il n^y a pas dix mille petites ou grandes qu'on puisse dire être fort à leur aise, et qui ôterait les gens d'affaires, leurs alliés et adhérents couverts et découverts, et ceux que le roi soutient par ses bienfaits, quelques marchands, etc., je m*assure que le reste serait en petit nombre. » {Dixme royale^ p. 86 et 37, édit. Guillaumin.)

8i Ton veut être édifié complètement pour le fond sur Tétat des populations, au temps du grand roi, qu'on se reporte à l'excellent livre malheureusement devenu presque introuvable, qui porte le titre de : Une promnoe sous Louis XIV, situation politique et administrative de la Bourgogne, de 1661 à 1716, par Alexandre Thomas. Paris, Joubert, 1844.

* C'est la seule qui soit en rapport avec l'idée du juste et avec le principe d'autonomie de la personne humaine.

De nos jours, un publiscite des plus ingénieux, un grand industriel éclairé et un écrivain de talent, MM. Emile de Girardin» Ménier et Yves Guyot, se sont faits avec ardeur les antagonistes de l'impôt sur le revenu et les champions de ce qu'ils ont appelé Vimpât sur le capital.

Mais, dans leur définition du capital (je parle de celle de MM. Ménier et Tves Guyot, car M. de Girardin garde le silence sur la sienne), ils laissent de côté le talent, le capital intellectuel, et ne font porter l'impôt que sur le capital matériel. Or, cela est illogique et inique : quiconque jouit actuellement des avantages sociaux dans une mesure plus ou moins large, doit aussi contribuer actuellement dans la même mesure aux dépenses sociales.

De plus, au point de vue du principe d'autonomie de la personne humaine, qui n'est que la traduction ou plutôt la détermi-

En vain a-t-on objecté, dans Tordre théorique, qu'il n'est pas équitable d'imposer également les revenus du travail et ceux qui proviennent du capital.

Il suffit de répondre que si les lois qui régissent la propriété et le capital ont pour résultat d'en faire ce qu'ils doivent être, à savoir le fruit du travail, l'assimilation est parfaitement équitable et logique.

Mais j'admets la distinction faite par l'auteur d'un livre sur l'impôt du revenu en Angleterre : « Le revenu qui résulte du placement d'un capital, dit-il, est presque toujours destiné tout entier à la consommation ; le revenu qui résulte des profits du commerce, des honoraires, etc., est en grande partie capitalisé ; or, c'est sur la consommation que l'impôt devrait porter plus encore que sur le revenu, et il conviendrait à ce titre d'imposer inégalement les revenus du propriétaire, du rentier ou du capitaliste, et ceux de l'entrepreneur d'industrie, Si ces derniers payent six schellings, par exemple, il est juste que les premiers en payent au moins neuf. » (Hubbard, Vtmpôt du revenu en Angleterre,)

Je suis, du reste, partisan de la progressivité, avec Montesquieu, Adam Smith, J.-B. Say, Jérémie Bentham, John Stuart Mill, Ambroise Clément (V. p. 283 et 284 et note 91), et je professe, en particulier, comme John Stuart Mill, tout aussi bien au point de vue de la science pure qu'à celui de la science appliquée, que, tant qu'il y aura des hommes qui n'auront pour vivre que le strict revenu nécessaire ou qui n'attendront même pas à ce strict revenu, ceux-là doivent être exemptés de l'impôt.

Quant aux objections tirées de l'ordre pratique, elles ont été résolues, sur le terrain où elles devaient l'être,

nation de l'idée du juste, Timpôt ne peut apparaître que comme une partie de la dépense de l'individu ; or, c'est d'après son revenu, non d'après son capital que l'individu doit régler son propre budget et que tous les individus réunis doivent, par conséquent, régler celui de l'État.

Je laisse de côté ici le côté économique de la question, ne voulant insister que sur celui du droit.

celui des faits, par l'Angleterre, par l'État de Zurich, par celui de Genève, et Vauban avait déjà répondu à la plus grosse*. (V., au surplus, Courcelle-Seneuil, article de rimpôt sur le revenu, Dictionnaire de l'économie politique.)

(83) C'est là, en effet, ce qu'il ne faut jamais faire perdre de vue, étant donné que la science politique a pour premier principe et pour fin la réalisation successive et progressive la plus complète possible de l'autonomie de l'individu.

Nous sommes loin de l'époque où, sous l'influence des idées saint-simoniennes, l'on pouvait penser et dire que: « l'Impôt est le meilleur des placements, » (M. de Rémusat, Discussion du budget de 1832.) C'est à l'individu, et non pas, pour lui, à l'État, de régler lui-même ses placements.

Quant à la progfressiuifé de l'impôt « d'invention assez récente», dit étourdiment M. Hippolyte Passy (au mot

♦ « Je ne pense pas, disait Vauban, qu'on trouve de la difficulté à constater les revenus, si on veut bien s'y appliquer, et que le roi veuille bien s'en expUquer par une ordonnance sévère qui soit rigidement observée, portant confiscation des revenus recelés et cachés, et la peine d'être imposé au double pour ne les avoir pas fidèlement rapportés. Moyennant quoi, et le châtimeat exemplaire sur quiconque osera éluder l'ordonnance et ne pas s'y conformer^ on viendra à bout de tout. Il n'y aura qu'à nommer des gens de bien et capables, bien instruits des intentions du Bol. bien payés, et suffisamment autorisés pour examiner tous les différents revenus, en se transportant partout où besoin sera» (Dixme royale^ p. 71-72, édit. Guillaumin), et M. CourceUe-Seneuil ajoute fort bien : ce On a soutenu récemment que l'impôt du revenu ne pouvait être établi et perçu sur une grande échelle . A cela, il n'y a qu'une réponse à faire, c'est de citer l'histoire de l'Angleterre et d'indiquer la procédure simple et directe par laquelle se fait €n ce pays la perception de ces impôts. »

Du reste, avec la décentralisation que commande la science politique, il n'est pas plus difficile de percevoir l'impôt dans un grand que dans un petit État, et c'est ce que, outre le cas des État^ républicains de Zurich et de Genève, prouve l'exemple de l'Angle" terre,

lÎGUJRGISSBMENTS ET NOTES 287

Impôt, Dictionnaire de V économie politique) y l'idée en remonte à la démocratie athénienne, et, comme je Tai marqué plus haut, elle a été adoptée par les esprits les plus considérables.

Cela n'empêche pas qu'aucune thèse économique n'ait donné lieu à des réfutations plus passionnées, je devrais dire à des objurgations plus violentes ; je me bornerai à relever ici l'objection tirée du caractère arbitraire qu'il est de mode d'attribuer à ce système.

D'abord, ne serait-il pas vraiment bien étrange, ne serait-ce pas chose à déconcerter toute logrque que, d'une part, le principe de l'impôt progressif reposât, de l'aveu même de ses adversaires les plus sérieux, sur la raison et sur la justice ; et que, d'autre part, l'application n'en pût être que déraisonnable et inique ?

Ce qui, dans cette matière, a porté nombre d'économistes à résister, sur le terrain des faits, à l'évidence scientifique, c'est la crainte qu'ils ont éprouvée qu'on ne se servît, à l'instar des Athéniens, de l'impôt progressif pour enlever aux riches leur superflu ; c'est, en outre, l'aperception confuse des éléments complexes, je le répète, dont il y a lieu de tenir compte pour arriver à une bonne solution pratique du problème.

Cette solution, on l'obtiendra en se dirigeant d'après les trois règles suivantes combinées :

lo Abaisser les budgets d'État à la somme la moin» élevée possible ;

2o Diviser les dépenses en catégories d'après leur objet et mettre la plus grande partie d'une dépense donnée à la charge de ceux qui en profitent le plus;

30 Distinguer, à un autre point de vue, les citoyens en trois groupes :

Ceux qui n'ont que le nécessaire ;

Ceux qui n'ont que l'utile ;

Ceux qui ont le superflu.

Les premiers doivent être exonérés de toute taxe ;

Les seconds ne doivent être soumis qu'à une taxe légère;

C'est sur les troisièmes, et d'une manière progressive, que doit porter le gros du budget.

Dans ces termes, la fixation du chiffre de la progression ne devient plus qu'une affaire de circonstances et est, en définitive, d'une importance fort secondaire ; si c'est Tesprit de raison et d'équité, comme on doit scientifiquement le supposer, qui y préside, cette progression auratoute la légitimité que comportent les solutions pratiques.

Pour s'édifier complètement sur la thèse de l'impôt progressif, on n'a, d'ailleurs, qu'à se reporter aux auteurs suivants :

En faveur dé l'impôt progressif, Montesquieu, Esprit des lois, livre Xlll, titre V; J.-B. Say, Cours complet d'Économie politiquCy 2« édit., tome II, p. 395 et suiv. ; Ambroise Clément, Dictionnaire de la polilique, au mot Impôt (article excellent). .

Contre l'impôt progressif, J.-B. Moyse Jollivet, 1792, in-8. De V impôt progressif et du morcellement des patrimoines ; G. Termes, Lettres au nombre de trois au Courrier de Lyon sur Vimpôt progressif, Lyon, Rossary, 1832, in-8; Hippolyte Passy, Dictionnaire de V économie politique, au mot Impôt ; Maurice Block, Notes sur l'article de M, Ambroise Clément.

(84) Je ne sais si M. Louis Blanc a attesté quelque part que cette idée n'était pas, en somme, issue de son cerveau ; il est sûr, en tous cas, qu'il la puisée dans notre article 21. ♦

(85) Comment cela s'accomplira-t-il? Par l'effet de bonnes lois de propriété, par le développement du crédit, de l'assurance et de l'association. (V. Manuel de droit civil, t. I, pp. 572 et suiv., 16, 544 note 3, 554-555; t, II, pp. 1, 11, 27 29, 371 ; t. III, 3* édit., pp. 471-472, 694-596, 612 et suiv., 472, 490-491, 607, 633-634, 603 note 1, 613 note 3, 437 et suiv.) *.

Mais je n'imagine pas^ pour mon compte, que la pro-

♦ y. aussi mes développements sur les devoirs imposés par la

priété individuelle doive jamais disparaître, et je déclare qu'à mon point de vue, quelle que soit l'extension que puisse être appelée à prendre, par l'effet du principe d'association, la propriété collective^ il suffirait toujours qu'un seul homme voulût être laissé en dehors de cette propriété pour qu'il en eût le droit.

(86) L'individu incapable de travailler est retombé mineur en ce point; il doit, en ce point, être traité comme un mineur. (V. dans mon Droit de Venfant, Venrfaut né hors mariage j le projet de loi formulé et développé, p. 105 et suiv.).

(87) V. mon écrit sur la Liberté d* enseignement,

(88) V. dans ma Philosophie de la. science politique, chap. IV, p. 95. Formule de la science politique, l'autonomie de la personne humaine,

(89) Avec sa pensée profonde, son style si expressif et si plein de traits, Michelet a écrit sur Diderot:

« Lui-même (Diderot) s'est dépeint à merveille. Né à Langres, lieu haut et de vents éternels, qui d'heure en heure va du calme à l'orage,* il dit : « Ma tête est le coq « du clocher qui va, vient et tourne toujours. » Un coq, disons-le, d'un œil d'aigle, qui plane et voit au loin, pressent de tous côtés les vents de l'avenir. » (Michelet, Histoire de France, t. XVI, chap. dernier, Credo du XVIII^ siècle, ^.UA.)

« Démocratie immense !... Plus la compression monarchique du Dieu de fer du moyen âge fut exagérée jusqu'ici, plus aussi elles brûlent, ces forces délivrées, d'avoir tous leurs ressorts, de se détendre enfin, de vivre de la vie républicaine. Diderot, leur organe, a un respect si tendre des moindres libertés, des petites activités, qu'il craint de les gêner par un cadre trop fort. Il les relie sans les serrer, les laisse vigoureusement s'épandre

propriété, Manuel de droit civil, t. I, pp. 570 texte et note 1, 575 note 1,666 texte et note 1 ; [t. II, pp. 11^ 29, 372, 387. 389, note 1, 513^ 665 note 2 et dans ma Bibliothèque du droit mis à la portée de tout le monde, le petit volume sur la Propriété et ses principaux démembrements,

290 éCLÀIRClSSEMENTS BT NOTES

en ses systèmes. » (Mîchelet, au même lieu, p. 442, 443.)

(90) V. Introduction à Vétude du Droit, p. 3, sect. II. Détermination de lldéal du Droit, et p. 20 texte et note.

(91) Voici en quels termes John Stuart Mill expose ce point de doctrine: « Dans une démocratie réellement égalitaire, tout parti, quel qu*il soit, serait représenté dans une proportion non pas supérieure, mais identique à ce qu'il est. Une majorité d'électeurs devrait toujours avoir une majorité de représentants ; mais une minorité d'électeurs devrait toujours avoir une minorité de représentants. Homme pour homme, la minorité devrait être représentée aussi complètement que la majorité.

« Sans cela, il n*y a pas d'égalité dans le gouvernement, mais bien inégalité et privilège; une partie du peuple gouverne le reste : il y a une portion à qui Ton refuse la part d'influence qui lui revient de droit dans la représentation, et cela contre toute justice sociale et contre le principe de la démocratie qui proclame l'égalité comme étant sa racine même et son fondement. » (John Stuart Mill, trad. Dupont-White, Gouvernement représentatif.)

^ Quant aux systèmes d'application, v. en particulier Emile de Girardin, Unité de collège. Abolition des zones électorales^ Bulletin uninominaL Paris, Michel Lévy, 1874 et Borély, Représentation des majorités et des minorités.

Des systèmes de représentation des minorités ont aussi été proposés par MM. Auguste Laugel et Henri Fawcett (v., au surplus, Maurice Block, Dictionnaire de la politique, au mot Représentation) .

Vains expédients ! La question, je le répète, n'est pas là, et la représentation des minorités, quelque système que l'on adoptât pour l'application, ne changerait pas sensiblement l'état actuel des choses.

(92) A preuve leur définition de la liberté (art.6), toutes les dispositions qui, dans leur Déclaration des droits et dans leur Constitution, s'y rapportent, toute la partie de leur projet de Code civil qui concerne le droit de la famille.

(93) Je tiens en géologie pour Lyell * contre Cuvier et Élie de Beaumont; pour Lyell qui a pensé que le processus général de la nature se fait par gradation, et que notre globe en particulier s'est formé lentement et successivement; je tiens pour cette doctrinq contre celle des cataclysmes de Cuvier et d'Elie de Beaumont ; j'admets, en outre, que la nature ne suit pas des voies différentes dans le mondé moral et dans le monde physique, car ces deux mondes n'en forment qu'un, et, sur le processus général, il ne saurait y avoir de différences entre eux.

Mais ce que le Lyell appelle une gradation successive, une évolution, s'il exclut les cataclysmes et même, en général, les mouvements violents, c'est-à-dire les révolutions dans l'ordre plus spécialement appelé physique, cette loi, dans l'ordre plus particulièrement nommé moraly ordre où la liberté ou son semblant a une carrière plus large, cette loi souveraine, dis-je, non-seulement n'empêche pas, mais même peut commander que Ja force que les uns mettent au service de leur pensée dans un sens rencontre comme obstacle la force que d'autres, dans un sens opposé, mettent au service de la leur.

En d'autres termes, la révolution, à un instant donné, dans les choses sociales, peut être un mode d'évolution tout aussi naturel, tout aussi nécessaire que l'évolution proprement dite, l'évolution sans le secours de la force.

Et qui me dira, d'ailleurs, ce qu'est la force ?

La Révolution française, pour prendre l'exemple le plus éclatant, a été l'œuvre des choses, elle a été dans leur cours naturel, et, sans prétendre que tels ou tels

* A oôté de Pillustre Lyell il faut placer Kûserling, et avant lui, dans Tordre des temps, le mineur L*heman et Timmortel potier Bernard- Palissy, dont on sait le mot : « Je n'ai pas eu d'autre livre que le ciel et la terre. »

Notre Buffon, dans ses Éjfoqties de la nature, a également préparé les voies à Lyell.

excès n'eussent pas pu y être évités, sans prétendre même que cette Révolution, dans son ensemble, n'eût pas pu l'être, si les hommes, de part et d'autre, se fussent trouvés plus sages et meilleurs, je répète que cette Révolution est le produit fatal des lois qui mènent le monde, de l'objectivité des choses, et que si les hommes qui y ont contribué doivent en être réputés, en une certaine mesure, les auteurs, c'est en tant qu'agents conscients ou inconscients de ces lois et de cette objectivité.

Qu'on cesse donc de déclamer contre les révolutions ; qu'on cesse aussi de réclamer contre elles au nom de la science moderne ; cette science, bien loin de nous contredire, nous appuie, nous qui prétendons que le monde marche en avant et qu'il y marchera même par la force des hommes, toutes les fois qu'une force opposée, venant d'autres hommes, tentera d'entraver son progrès.

J'ai dit ailleurs à quelles conditions la Révolution me paraît légitime et opportune. (V. La République et la Contre-Révolution, pp. 8 et 9.)

TABLE AWALYTIQÏÏE

lEIA DÉCLAMTION DES DBOITS DE rHOMMB

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