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La decoration

EPUIS une trentaine d'années, une heureuse révolution s’est opérée dans le goût, et non seulement en France, mais encore à l'étranger, tout ce qui se rapporte directement ou indi-

rectement à l'ameublement a pris une importance inattendue dans les préoccupations des gens du monde aussi bien que des artistes. Ces mille et un objets, compagnons fidèles de tous nos instants, trop longtemps dédaignés, injustement méconnus, ont reconquis dans l'estime générale la place à laquelle ils avaient droit. On commence même à s’apercevoir que les arts de l'ameublement ne sont point aussi inférieurs qu'on veut bien le prétendre à ce qu'on nomme communément les Beaux-Arts. En tout cas, les satisfactions qu'ils procurent à ceux qui savent les apprécier, les problèmes variés qu'ils soulèvent, les beautés spéciales qu'ils présentent, justifient amplement l'intérêt qu'on leur témoigne. :

Une autre raison doit encore nous faire souhaiter de voir leur étude se généraliser en France. Le soin de conserver notre suprématie artistique, quelque peu menacée, nous impose le devoir de familiariser nos jeunes gens avec les innombrables applications de procédés toujours ingénieux, souvent très savants, qu'exige l'exercice de ces différentes professions. Il importe, en effet, à tous ceux qui se destinent à la pratique des arts industriels d'apprendre de bonne heure que chacun d’eux possède son esthétique particulière et que, suivant les matières qu’il met en œuvre, il se trouve soumis à des lois spéciales qu’il ne

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