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posions de loger ces trois tableaux dans un même panneau. Supposons encore que notre premier tableau mesure 0",33 de hauteur, notre second tableau 0,66, et que notre troisième tableau compte 0%,99, — ce qui constitue une progression arithmétique. — Comment disposerons-nous ces trois tableaux ? Nous éviterons avec soin de les placer dans un ordre progressif : 1° parce que, de la sorte, la ligne brisée formée par les sommets de nos cadres pourrait se ré-

sumer dans une ligne droite, et qu’elle abdiquerait ainsi une grande partie de ses qualités vitales d'animation; 2° parce que, formant une sorte d'escalier, cette ligne brisée ferait perdre tout aplomb à notre décoration (voir fig. 45). Tandis que si nous employons une autre disposition (voir fig. 46), notre ligne reprend ses qualités expressives, et la décoration retrouve un équilibre qu’elle avait perdu.

Cette remarque s'applique également aux surfaces verticales qu'on peut avoir à décorer. On nous donne un panneau à diviser en trois parties, répondant comme largeur à la progression arithmétique 1, 2, 3. Respecterons-nous l’ordre de cette progression ? En aucune manière. Nous aurons, au contraire, grand soin de le rompre, pour que la décoration de notre panneau présente une sorte de symétrie relative (voir fig. 47 et 48). |

XLIT. — LA SYMÉTRIE JOUE UN RÔLE CONSIDÉRABLE DANS LA DÉCORATION. ELLE PARAÎT EN QUELQUE SORTE INDIS- PENSABLE DANS LA DÉCORATION FIXE. DANS LA DÉCORA- TION MOBILE, ELLE EST MOINS NÉCESSAIRE.

« La raison qui fait que la symétrie plaît à l’âme, écrit Montesquieu, c'est qu’elle lui épargne de la peine, qu'elle la soulage et qu’elle coupe, pour ainsi dire, l'ouvrage par la moitié !. » Elle ne peut, en outre, manquer de nous être précieuse, parce qu’elle comporte des idées d'ordre, de méthode, qui sont toujours agréables à l'esprit. Enfin, elle donne à tout ce qui est exécuté conformément à ses lois un caractère définitif, qu'on ne saurait trouver aux choses où elle n’a point de part. C’est pourquoi, dans l’exécution de toute décoration fixe, l’artiste a grand soin de tenir compte de ses exigences. C’est à elle qu’il demande l’équilibre de ses lignes, la logique ordonnance de ses masses principales, le régulier développement de son ornementation. Dans la mise en place d'une décoration mobile, son intervention est moins nécessaire, surtout si l’on veut conserver à cette décoration un caractère familier et provisoire.

XLIII. — LES RÈGLES PRESCRITES PAR LA SYMÉTRIE S'IM- POSENT UNIQUEMENT DANS LE SENS DE LA LARGEUR, ET NON DANS CELUI DE LA HAUTEUR.

Ainsi que le remarque Pascal?, notre œil, s'inspirant des exemples que lui fournit le corps humain, — lequel est sy-

1. Montesquieu, Essar sur le goût (Œuvres, tome VII, p. 140). — II est bien entendu que le mot symétrie est pris ici dans son sens moderne, et non dans le sens que lui donne Vitruve et que nous traduirions aujourd’hui par proportions : « Symmetria est ex ipsius operis membris conveniens consensus, ex partibusque separatis ad universæ figuræ speciem ratæ partis responsus. » Voir l'Architecture de Vitruve; Paris, 1847, tome I°, p. 44.

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