‹ La decorationChapitre 20 sur 51 · Levêque, Science du beau, tome II, p · texte numérisé non relu

Levêque, Science du beau, tome II, p

de faïence de tonalité claire peut être considérée comme symétrique d’une aquarelle de même taille, parce qu'il ya entre leurs masses analogie de grandeur et de coloration (voir fig. 50). Ainsi de suite. Si de la décoration des surfaces murales nous passons à celle des objets mobiliers, nous trouvons à ces mêmes petits problèmes des solutions identiques. Supposons qu'un artiste soit chargé de composer, de dessiner un modèle de cafetière; pour que la symétrie soit irréprochable il faudrait qu'il gratifiât sa cafetière de deux anses et de deux becs. Cependant il n’a garde de le faire, et il se borne à équilibrer, dans la mesure du possible, ces deux membres différents, de façon à créer entre eux une analogie suffisante, constituant une sorte de symétrie.

XLV. — QUEL QUE SOIT LE PLAISIR QUE PROCURE LA SYMÉTRIE, SES EXIGENCES NE DOIVENT EN AUCUN CAS AT- TÉNUER LA COMMODITÉ D'UN OBJET ET EN RENDRE L USAGE MOINS FACILE.

C'est là une vérité à laquelle ne prennent point assez garde les décorateurs inexpérimentés. Sous prétexte qu'un salon a quatre portes, ils en simulent quatre autres par amour de la symétrie, et de la sorte une pièce qui était relativement commode devient inhabitable, à moins qu’on ne commette ce contresens de placer des meubles devant les portes qu’ils ont simulées. Ce que nous venons de dire à propos des portes a lieu également pour les glaces; et si deux ouvertures, deux trumeaux, deux panneaux, se faisant vis-à-vis ou pendant, n’offrent pas des dimensions identiques, il n’est pas d'artifices compliqués auxquels ces décorateurs novices ne recourent pour masquer cette inégalité, résultant quelquefois d’une nécessité de construction. Mais c’est surtout dans la création des objets de service courant qu’il faut se méfier de ces adjonctions savantes, qui, sous

Se OM PUBLIC}

Page 1