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fig. 50, — Exemple de symétrie obtenue par l'analogic des masses décoratives,

prétexte d’assurer à l’'ornementation une symétrie dont elle n’a que faire, atténuent la commodité de l’objet au point de rendre parfois son usage impossible.

XLVI. — LA BEAUTÉ D'UN OBJET, D'UNE PIÈCE, D'UN ÉDI- FICE, RÉSULTANT EN GRANDE PARTIE DE L'HARMONIE DE SES PROPORTIONS, IL IMPORTE, AVANT TOUTES CHOSES, DE RÉGLER LE RAPPORT EXISTANT ENTRE SES DIMENSIONS, PARCE QUE C’EST DANS CE RAPPORT QUE RÉSIDENT, IN- DÉPENDAMMENT DE L'ÉLÉGANCE, L'EXPRESSION ET SUR- TOUT LE CARACTÈRE.

Les décorateurs, les dessinateurs et les architectes ne sauraient trop apporter d'attention à la juste observation de cette règle. Consiruit-on un édifice, trace-t-on le plan d’un hôtel ou d’un appartement, fixe-t-on la disposition que doit affecter l’ornementation d’un panneau, cherche-t-on, le crayon à la main, le galbe d’un vase, il importe avant tout de bien savoir à quelle destination ce vase, ce panneau, cet appartement, cet édifice, sont réservés. Chaque objet, en effet, doit comme dimensions et aussi comme proportions, répondre à l'emploi qui lui est assigné.

Il est clair, par exemple, qu’un salon, une salle, une galerie, appelés à contenir une société nombreuse, comportent plus d’étendue qu’une chambre à coucher, dont la mission est de n’abriter qu'un ou deux dormeurs. Il n’est pas moins évident qu’un cabinet de toilette, où nous demeurons seuls et où nous ne passons que de rapides instants, n’a pas besoin d’affecter les mêmes dimensions que la salle à manger, où deux fois par jour toute la famille se trouve réunie. Il est également indiscutable que la forme générale de ces pièces est réglée par des raisons de convenance et qu’elle doit s’harmoniser, elle aussi, avec leur destination.

Personne ne songera à contester qu’une galerie appelée à contenir une suite de tableaux ou d’objets d’art qui deman-

dent à être contemplés successivement, ne puisse être, sans inconvénient, beaucoup plus allongée qu’un salon, dont l'œil doit d’un seul coup pouvoir embrasser l’ensemble. De même, certaines pièces sont tenues de se modeler, autant que possible, sur le meuble principal qui fixe leur utilité. C’est ainsi que les proportions de la salle à manger doivent dériver de celles de la table, et que le lit doit régler celles de la chambre à coucher.

Ce que nous disons des différentes pièces d’un appartement s'applique également aux divers membres d’un édifice, d’un meuble, d’un objet d'art. La destination finale doit décider des proportions, et, par une juste réciprocité, les proportions assignent à l’objet, au meuble, à l'édifice, son caractère. C’est grâce à la parfaite observation de cette règle si logique; c’est grâce à cette eurythmie, à cet accord, à ce conveniens consensus, pour nous servir du terme si heureusement employé par Vitruvet, que Flachat put réaliser, dans sa conception des halles centrales de Paris, cette expression typique du marché, qui a fait de ces belles constructions le modèle de toutes celles qui ont été bâties depuis lors. C’est en s'inspirant de ces mêmes principes que les architectes Gilbert et Lecointe parvinrent à donner à la prison de Mazas cette expression rébarbative et cet aspect terrible qui laissent dans le souvenir une ineffaçable impression. De même on comprend qu’un objet mobilier, un vase, par exemple, s’il est d'un usage courant et par conséquent appelé à être manié journellement, doit présenter d’autres proportions que s’il est destiné à occuper un poste immuable, et, par une juste réciprocité, ces proportions doivent nous fixer à leur tour sur le rôle assigné à ce vase et sur sa destination.

+ 1. L'Architecture de Vitruve, tome [°, p. 44.

XLVITI. —— 1L EST A REMARQUER QUE CHACUNE DES TROIS DIMENSIONS RÉPOND A DES SENTIMENTS PARTICULIERS LA LARGEUR EXPRIME L'IDÉE DE STABILITÉ ; LA HAUTEUR, CELLE D'ÉLÉVATION ; LA PROFONDEUR, CELLE DE MYSTÈRE.

Les dimensions se traduisant graphiquement par des lignes, il n’est pas surprenant qu’elles aient, comme les lignes elles-mêmes, une signification précise (voir propositions XXV et suiv.). Selon qu’une des dimensions prime les autres, les lignes chargées d'exprimer cette dimension prennent, en effet, un développement plus considérable et, par suite, leur expression particulière augmente d'intensité. Un exemple rendra la démonstration plus saisissante. Supposons que nous ayons à édifier un monument religieux, une église ogivale, la Sainte - Chapelle, si l’on veut. Nous voici à l’œuvre. À mesure que notre construction s'élève, les lignes verticales, intérieurement aussi bien qu’extérieurement, prennent une importance de plus en plus marquée ; par conséquent l'impression qu’elles produisent s’accroît progressivement, jusqu'à prédominer complètement, et à assigner à notre édifice ce caractère de majesté, de poésie, d'élévation, qui est le propre des lignes verticales et qui, du reste, convient merveilleusement à une construction religieuse. Supposons, au contraire, que nous soyons chargés de bâtir un édifice civil, la Monnaie, par exemple. C’est en largeur que le développement de notre construction se manifestera. Les lignes horizontales deviendront de plus en plus expressives, et alors les idées de solidité, de stabilité, prendront le dessus, répondant aux sentiments de durée et de confiance que doit inspirer un monument de ce genre. Enfin la profondeur intérieure s’accentue-t-elle d’une façon particulière à mesure que les surfaces limitant l'horizon s’éloignent, elles deviennent moins visibles, plus incertaines, par conséquent plus mystérieuses. Une

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relative obscurité vient rendre plus intenses encore les sensations qu'on éprouve. « La nuit, écrit Diderot*, dérobe les formes, donne de l'horreur aux bruits; ne füt-ce que celui d’une feuille au fond d’une forêt, il met l'imagination en Jeu, et l’imagination secoue les entrailles. »

Cette dernière impression, dont les Égyptiens ont tiré un si prodigieux parti dans la disposition de leurs hypo-

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