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Mayeux, /a Composition décorative, p

que l'observation rigoureuse de l’augmentation progressive, prônée par les architectes, empêchait qu'on se rendît compte de la hauteur de la tour nord de Saint-Sulpice. C’est là une observation qu'il ne faut point oublier.

LXI. — AUTANT QUE POSSIBLE, LES DIVERSES PARTIES COMPOSANT UNE DÉCORATION INTÉRIEURE FIXE, DOIVENT ÊTRE EXÉCUTÉES À UNE SEULE ÉCHELLE. IL EN EST DE MÊME POUR LES DIFFÉRENTES PIÈCES COMPOSANT UN EN- SEMBLE IRRÉDUCTIBLE. |

Le principe d'unité, qui est une des règles de la beauté en art, exige que dans l'exécution d’une décoration intérieure lartiste adopte une seule et unique échelle. On comprend quelle cacophonie produirait une composition qui présenterait des personnages d’échelles différentes, ou des accessoires ne se rapportant pas à la taille des personnages. La même règle est à suivre quand il s’agit d'objets ayant entre eux un lien étroit et composant un ensemble. Il est clair, par exemple, qu'une tasse et sa soucoupe, si elles sont décorées d’un paysage, d’une allégorie, d’une scène champêtre, etc., ou encore de fleurs ou de fruits, doivent offrir des représentations conçues et exécutées à une échelle commune. Il en est de même pour un canapé, un fauteuil, une bergère, dont le dossier et le siège représentent une gerbe de fleurs, un groupe d’attributs, etc.

LXII. — TOUTEFOIS, LORSQUE LES PIÈCES COMPOSANT CET ENSEMBLE SONT DE TAILLE SUFFISAMMENT INÉGALE, ET NE SERVENT POINT AU MÊME USAGE, IL EST PERMIS D’AC- CENTUER ET DE PRÉCISER, PAR LA DIFFÉRENCE DE L’É- CHELLE DÉCORATIVE, LA DIVERSITÉ EXISTANT DANS LEURS DIMENSIONS ET LEUR EMPLOI.

On peut, cependant, tolérer certaines dérogations à l’observation précédente, c’est lorsque divers objets, bien que formant un ensemble, ne servent point au même usage et

présentent, par suite de cette diversité d'usage, une notable différence de dimensions. Ainsi, dans une garniture de cheminée, la pendule, sans produire un effet choquant, peut être décorée de personnages exécutés à une échelle sensiblement supérieure à celle admise pour les figures des candélabres. De même, dans un surtout de table en argenterie, les pièces principales, assiettes montées, candélabres, compotiers, réchauds, et les petites pièces, salières, raviers, porte-couteaux, ronds de carafe, etc., ne sauraient être décorés à une échelle identique.

LXIII. — cEs MÊMES DÉROGATIONS PEUVENT ÊTRE AD- MISES DANS UNE DÉCORATION MURALE, LORSQUE LE RÔLE DES DIVERSES PARTIES DÉCORÉES EST SUFFISAMMENT CA- RACTÉRISÉ, OU LORSQU'ELLES SONT EXÉCUTÉES PAR DES PROCÉDÉS DISSEMBLABLES OU A L'AIDE DE MATÉRIAUX DIFFÉRENTS.

L’inégalité d'échelle peut aussi trouver place sans inconvénient, dans une composition divisée en compartiments bien distincts. Une tapisserie, par exemple, quoique formant un tout irréductible, peut comporter deux échelles différentes, l’une s'appliquant à sa bordure et l’autre au motif principal. Les cartons dessinés par Le Brun pour les suites de l’AHistoire du roi, des Maisons royales, des Saisons, etc., en fournissent une preuve frappante. Les belles fresques de Fontainebleau nous montrent que des encadrements formés de figures en ronde bosse, ne produisent point un effet discordant, bien qu’elles soient hors de proportion avec celles des tableaux encadrés. On en peut dire autant du superbe plafond de la galerie des Glaces, à Versailles, où des cariatides. géantes sont associées à des personnages de moindres dimensions (voir fig. 83). C’est que dans ce magnifique plafond,comme dans les fresques de Fontainebleau, ces figures disproportionnées jouent un rôle bien déterminé,

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